Je me base sur les images que j’ai vues

18 Mai

Les violences qui ont fait suite à la célébration de la victoire du PSG ont encore une fois permis à certaines langues de se délier et d’abreuver médias et réseaux sociaux de leurs analyses racialistes. Ainsi les violences perpétrées par certains supporters du PSG ne sont le fait que  de « jeunes » de banlieues issus de l’immigration, « mal assimilés »  et « venus faire la razzia » comme l’assène Marine Le Pen. Les fameuses « bandes ethniques » qui sont la cause de tous les malheurs de la douce France sont de retour dans les médias.

Il est utile de rappeler que les victoires de l’Olympique de Marseille et de Montpellier ou de Saint Etienne n’ont pas généré de telles violences. Pourtant ces clubs sont des clubs populaires soutenus par une part importante de « mal assimilés » ou « descendants d’esclaves » pointés du doigt par les élus UMP et FN.

En ces autres occasions, ces tribuns de la haine ne manquent pas de se faire discrets, voire muets.

La question qui se pose n’est pas celle de la violence chez les supporters de foot issus de milieu prolétaires.

Le hooliganisme n’est pas nouveau, et encore moins une invention de noirs et d’arabes. L’histoire des tribunes en Europe et en France est la preuve.

La question qui mérite d’être posée est la suivante : pourquoi y-a-t-il une différence de comportement entre populations aux origines et conditions communes (cités HLM, vies précaires, immigration) quand de telles manifestations ont lieu à Paris?

Si on regarde les faits, et pas uniquement la couleur de peau des gens ou leur statut « d’esclaves affranchis », on trouve des réponses qui n’ont pas un caractère racial ou culturel.

Premier fait à relever: la relation entre les supporters et leur club.

L’exclusion des ultras du Parc des Princes et auparavant toute la gestion des tribunes par le PSG a créé un climat de tension propice à générer des explosions de violence.

La guerre entre les deux tribunes est toujours d’actualité, les deux franges de supporters (Boulogne d’extrême droite contre Auteuil, populaire et cosmopolite) sur une même place est un mélange hautement explosif.

La colère de certains supporters, la tribune Boulogne principalement, tient en partie au fait que ces derniers ne supportent pas que le club soit devenu propriété de riches arabes du Qatar.

Second fait, et non des moindres : les premières condamnations suite aux violences révèlent surtout un portrait différent de l’image attendue.

On trouve des hommes issus du centre-ville parisien et sans casiers judiciaire. Pas de multirécidivistes déjà connu des services de police et non des « multirécidivistes avec un avec un casier long comme le bras ». Les faits donnent tort aux déclarations racistes de Le Pen et Vialatte.

Pour ces gens-là, le pillage de l’Afrique se fait au nom du progrès, nul besoin de repentance.

Quand une vitrine de magasin tombe, y compris lorsqu’elle se brise sous les coups d’autres que nous, c’est encore et toujours la faute au taux élevé de mélanine et à notre culture.

Une fois de plus les propagandistes du racialisme escamotent la réalité.

Pour eux, ce qui compte, c’est la couleur de peau.

2 Réponses vers “Je me base sur les images que j’ai vues”

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