Nous exigeons l’abandon des poursuites contre Almamy Kanouté, Franco et Jessy

23 Mai

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Nous exigeons l’abandon des poursuites contre Almamy Kanouté, Franco et Jessy

Le 10 mai 2013 était censé être une journée solennelle, où nos plus sombres souvenirs s’indignaient face á la lumière Républicaine. La commémoration des 165 ans de l’abolition de l’esclavage s’est déroulée dans les Jardins du Luxembourg à Paris, dans un climat « noir ». Trois militants de la Brigade anti-négrophobie, Almamy Kanouté (porte-parole du mouvement Émergence), Franco Lollia (porte-parole de la Brigade anti-négrophobie) et Jessy officiellement invités, n’ont toutefois pas pu se rendre à la cérémonie. Ils ont été durement malmenés par la police et placés en garde à vue.

Que leur reprochait-on ?

Les forces de police refusèrent l’entrée aux Jardins du Luxembourg à trois membres de la brigade anti-négrophobie, dont un élu de la république. En effet, deux des militants (Franco et Jessy) vêtus d’un tee-shirt portant les lettres de l’organisation ont été interpellés devant le cordon de sécurité.

Almamy Kanouté, élu fresnois arrivé peu après (sans ledit tee-shirt), est autorisé à entrer dans un premier temps avant de se voir opposé un refus.

Malgré des invitations nominatives délivrées par le ministère de l’outre-mer, les trois militants ont été interdit d’entrer. Accusés de rébellion, Jessy et Franco sont convoqués pour un jugement le 28 mai prochain.

Almamy Kanouté est accusé d’avoir résisté avec violence à l’arrestation policière occasionnant 4 jours d’ITT, procès le 5 juillet 2013 au tribunal de grande instance de Paris. (A noter qu’Almany Kanouté a été blessé à la jambe lors de son interpellation).

Une intimidation politico-policière ?

Le mouvement Emergence s’interroge sur le sort réservé à ceux qui luttent contre les discriminations. De toute évidence, lorsqu’Almamy Kanouté participe à la lutte contre la négrophobie, il s’inscrit dans une perspective plus globale de lutte, que mène Emergence, contre toutes les formes de discriminations.

Quel message délivre le ministère de l’intérieur (responsable de la police nationale), le ministère de l’outre-mer (ayant délivré les invitations nominatives) et plus généralement le gouvernement, lorsqu’il permet l’agression policière violente de personnes au service de luttes contre les discriminations ?

Quel message donne-t-on en France, lorsque les autorités censées nous protéger n’ont pas le comportement exemplaire inhérent à leurs fonctions de « gardien de la paix » ?

Le mouvement Emergence se sent attaqué politiquement lorsque son porte-parole (Almamy kanouté) qui n’est pas seulement un militant, un élu, un médiateur social et un éducateur spécialisé, mais aussi un leader et un exemple. Un politique, au sens noble du terme, qui lutte pour faire du vivre ensemble une réalité dans les quartiers.

Quel message donne-t-on en France, lorsque des personnes qui luttent pour l’effectivité du droit au logement ; pour la préservation des droits aux plus démunis (sans-papiers) ; contre les violences policières ; pour en finir avec les discriminations ; et bien d’autres luttes encore, se voient agressés par les forces de polices, pour finir inculpés par la justice en raison de leur refus de se résigner face aux injustices.

C’est en termes d’intimidation politique qu’Emergence traduit les agressions à l’égard du porte-parole du mouvement (Almamy Kanouté).

Comment accepter qu’une personne qui mène de tels combats, soit discréditée à la fois par une atteinte à son intégrité physique et à son image ?

Pour ces atteintes Emergence demande des excuses et des explications de la part des ministères concernées. En effet, alors que François Hollande discourait lors de la commémoration officielle de l’abolition de l’esclavage, les forces policières de la république portaient des coups de matraques sur des défenseurs de droits et libertés fondamentales, à l’entrée de cette même commémoration.

Ce faisant, le gouvernement donne un mauvais signal à la population française quant à son exigence de changement.

Nous, Emergence, attendons un signe fort de la part des autorités afin de lever toute ambiguïté concernant la possible intimidation politique que subissent les membres de la brigade anti-négrophobie, dont Almamy Kanouté, porte parole du mouvement Emergence. Nous Emergence, exigeons des explications sur les raisons qui ont menés la police à interpeller violemment des militants pacifiques.

A travers ce communiqué Emergence tient à marquer son indignation, lorsqu’un gouvernement qui se dit de gauche permette que de telles procédures autoritaires soient envisagées à l’égard des invités.

D’ailleurs, est-il pertinent de maintenir une commémoration de l’esclavage et de son abolition lorsque celle-ci ne se fait qu’en comité restreint, auquel le grand public ne peut être convié?

« Tous les hommes ont mêmes droits… Mais du commun lot, il en est qui ont plus de pouvoirs que d’autres. Là est l’inégalité.»  Aimé Césaire.

Emergence, le 21 mai 2013

Une Réponse vers “Nous exigeons l’abandon des poursuites contre Almamy Kanouté, Franco et Jessy”

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  1. Où est Jessy? | quartierslibres - 7 avril 2014

    […] est un militant de la Brigade Anti Négrophobie (BAN) qui s’est fait arrêter de manière inexplicable et injustifiable lors de la commémoration de l’abolition de l’esclavage. À […]

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