Une histoire du Monde Global

30 Mai

image

« Aucune société n’a jamais vécu durablement dans l’isolement, et il n’existe pas de « civilisation » au sens identitaire de ce terme. L’Histoire de France n’a qu’un sens limité si l’on refuse de voir que notre société est fondamentalement façonnée par de multiples interactions avec d’autres. Et la supposée supériorité de civilisation se dévoile comme une argutie idéologique sitôt que l’on réalise combien l’Europe doit de techniques à l’Asie orientale ou au monde musulman, de plantes aux Amériques ou à l’Inde, d’idées à la Chine…
Nombreuses sont les preuves attestant de l’importance des connexions entre les hommes; de tout temps, à travers les échanges, les transferts de techniques et d’idées, la circulation des religions, les migrations, l’acclimatation des plantes et des graines, comme encore avec les conquêtes impériales, leurs crimes et leurs apports…Sommes-nous surs par ailleurs que nos supposés idéaux de rationalité ou de démocratie nous appartiennent en propre? Qu’ils ne sont pas le résultat de rencontres anciennes et particulièrement complexes?
Le présent a dramatiquement besoin, aujourd’hui et plus que jamais, d’une connaissance de ces interactions de longue date, d’une véritable histoire globale, ou plutôt d’histoires globales au pluriel. Puisqu’il est désormais clair que personne ne pourra prétendre exercer le monopole du grand récit mondial, il s’agit de réconcilier les points de vue, les ressentis, les émotions de tant d’individus et de groupes sociaux différents. Nous ne pouvons faire l’impasse sur cette nécessité, aussi vitale pour nos sociétés que l’impératif écologique. Il faut comprendre ce qui s’est réellement passé entre nous tous, sur de nombreux siècles, au moins quatre ou cinq millénaires, peut-être même davantage. »

Une histoire du monde global / sous la direction de Philippe Norel et Laurent Testot
Sciences humaines éditions, 2012

Pour aller plus loin:

%d blogueurs aiment cette page :