L’honneur perdu de la police anglaise

29 Juin

Le soir du 22 avril 1993 dans le sud-est de Londres, Stephen Lawrence, un jeune Anglais de couleur de peau noire, attend le bus pour rentrer chez lui.

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Sur le trottoir d’en face, un groupe de plusieurs personnes entonne des chants racistes, l’interpelle, s’approche de lui et commence à le bousculer.

L’un d’entre eux sort un couteau et le poignarde. Stephen aura encore le courage de parcourir quelques mètres avant de s’écrouler, mort.

Quelques jours après la police identifie les tueurs, mais elle fait preuve d’une telle lenteur et d’une telle mauvaise volonté pour mener l’enquête que la famille doit trouver des fonds afin d’engager une nouvelle procédure. Une campagne nationale de soutien est lancée pointant le racisme de la police et de la justice. Cette campagne prend une si grande ampleur qu’elle inquiète le gouvernement, qui tente alors de la discréditer. Au cours d’un entretien vidéo, un ancien agent, Peter Francis, vient de réveler au quotidien britannique The Guardian qu’il a été chargé d’infiltrer le groupe de militants et proches de Stephen, afin de trouver des éléments permettant de « salir » la famille et d’affaiblir la campagne. L’absence d’éléments compromettants l’amènera même à subir de fortes pressions de la part de sa hiérarchie. La police anglaise à piétiné une nouvelle fois son code de l’honneur en tentant d’atteindre celui de la famille Lawrence

Par la suite, une procédure menée par le juge William Macpherson pointera le racisme institutionnel dont la police et le procureur ont fait preuve.

En janvier 2012, soit 18 ans après les faits, Gary Dobson et David Norris ont été condamnés pour le crime raciste de Stephen Lawrence à la prison à vie. Leur condamnation à été confirmée en appel.

Lorsqu’un gouvernement est pris en flagrant délit (ici de racisme institutionnel), il tente de salir son adversaire, c’est une vieille tactique politique.

Si l’on ne peut  nier la parole d’un ennemi au motif qu’elle expose la vérité, on peu en revanche essayer de salir son adversaire et espérer qu’ainsi, la vérité qu’il énonce en sera diminuée.

Peine perdue dans l’affaire Stephen Lawrence, le courage et la détermination de ses parents ainsi que de celles et ceux qui les ont soutenus ont permis de rendre justice.

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