Deux issues

29 Juil

Dans le contexte actuel ou la radicalité et les extrêmes sont renvoyés dos à dos, et où l’extrême-droite fait croire qu’elle tend la main aux musulmans, il est bon de remettre les faits dans une perspective historique.

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Dans les colonies, l’extrême droite a été le fer de lance contre les mouvements de libération nationale comme en Algérie. En France, elle a été de tous les combats pour détruire les avancées sociales au nom de la lutte contre le « communisme ».

Pour les nationalistes français, l’essentiel est que les usines tournent et produisent à bas prix de quoi faire alimenter la machine de guerre : leur économie est basée sur le conflit armé.

Les coups les plus durs ont été porté en direction de l’immigration avec armes à feu et explosifs: le Front National et l’extrême droite ont le sang des nôtres sur les mains. C’est le cas du terroriste nationaliste Michel Lajoye qui a voulu faire exploser un café fréquenté par des travailleurs immigrés. Son objectif était de faire des morts dans la communauté maghrébine et de dresser les maghrébins contre la communauté juive à qui il voulait faire porter le chapeau. Il n’est pas étonnant de trouver parmi ceux qui l’ont soutenu pendant qu’il purgeait sa peine, des personnes comme Alain Soral, adepte lui aussi de la tension communautaire.

Il serait judicieux de faire une liste des morts et des agressions commises par des patriotes encartés dans la mouvance nationaliste et dont la responsabilité est rejetée sur le dos du « système », d’une manipulation étrangère, du sionisme ou d’un pouvoir occulte quelconque. Quand ce n’est pas mis sur le dos de la victime, qui se transforme en menace pour la France ou les agresseurs.
Ils se transforment toujours en victimes, les mains pleines de sang. Ils se présentent en incompris, sans toutefois tolérer eux-mêmes ce qui ne ressemble pas à leur pays de cocagne. Mais ce n’est pas de leur faute, c’est le « système » qui les oblige à agresser les « non-français ».

Au service du pouvoir en place

Si ces agressions sont aujourd’hui relativisées ou acceptées par bon nombre de leaders d’opinion, c’est que le Front National a rempli son rôle politique. En servant de point d’ancrage à tout le reste de la classe politique pour désigner les immigrés comme responsables de la crise économique, il a rendu acceptable la démission de la gauche au pouvoir et livré en pâture les populations des quartiers au reste de la société.
Les seconds couteaux nationalistes du pouvoir économique nous ont porté des coups, afin de garantir l’ordre économique et social et détourner la colère sur une cible : l’immigration et l’Islam.
Quand ils affirment nous connaître et respecter notre culture, c’est une manière de rappeler à tout le monde qu’ils ont été à notre contact pour nous réprimer : à nous de nous en rappeler.

L’Histoire montre que les nationalistes ne font pas qu’obéir au pouvoir en place. Qu’ils soient au service de l’État (policiers, militaires, hauts fonctionnaires) ou militants au service des intérêts d’une entreprise, ils n’ont jamais pris fait et cause pour les classes populaires.
Ils ont systématiquement outrepassé les ordres en tapant sur les mêmes : les militants anticoloniaux, les mouvements de gauche, les militants de quartiers, quand ce n’est pas en frappant au hasard d’une rencontre.

Du bourreau à la victime

Lorsqu’ils disent ne pas être les agents propagateurs du développement du racisme, de l’islamophobie, de la colonisation, ils mentent. Ils n’assument pas et veulent se faire passer pour respectables aux yeux de toute la société.
Mais ils souhaitent désormais faire accepter aux habitants des quartiers populaires leur attitude agressive et leurs exactions. Ils veulent nous soumettre, physiquement et mentalement.
C’est toujours ainsi, le tortionnaire cherche à se faire comprendre du résistant, il explique qu’il est désolé de lui faire mal. Il rappelle sans cesse que les ordres viennent d’en haut. Le bourreau rejette la responsabilité de ses actes sur la victime, lui reprochant d’avoir fait de lui le méchant.
Que vaut la défense de l’islam par Alain Soral quand il défend le vote Front National et les positions de Marine Le Pen qui compare la présence de l’Islam à l’occupation nazie ?
Que vaut le discours d’Alain Soral quand il parle de « Hordes d’immigrés« , comparant une partie des habitants du pays à des envahisseurs quand il s’adresse à Abdelaziz Chaambi?
Les seconds couteaux de l’extrême droite sont le plan B d’un système économique qui bat de l’aile. Contrairement à ce qu’affirment les Alain Soral, Marine Le Pen, Serge « batskin » Ayoub, leur ligne politique ne nous laisse que deux issues : la terreur ou l’exil.
En d’autres termes, pour ceux qui les combattent, la liberté ou la mort.

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