Archive | septembre, 2013

Immigration (post)coloniales : introduction

30 Sep

POUR UNE HISTOIRE POLITIQUE DE L’IMMIGRATION POSTCOLONIALE

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La mission est clairement énoncée : contribuer à la reconnaissance des parcours d’intégration pour servir la cohésion sociale et républicaine de la France. Le projet apparaît tout aussi transparent : faire de l’histoire des populations immigrées une partie intégrante de l’histoire de France. Et par la grâce d’une seule formule enfin – « leur histoire est notre histoire » – la Cité Nationale de l’Histoire de l’Immigration semble rendre justice aux cohortes de bras ramasseurs de poubelles, chair à canon, damnés de la terre ou de l’usine et autres métèques oubliés du grand roman national. Qui viendrait s’en plaindre sans encourir le soupçon de cultiver la nostalgie de quelque généalogie blanche aux relents xénophobes ? Et pourtant, malgré des ambitions louables, une pierre d’achoppement guette la muséification de l’histoire de l’immigration :le patrimoine de luttes sociales et politiques qui fait l’objet de cet ouvrage. Cet héritage des oubliés de l’histoire, au cœur même des contradictions de notre sacro-saint modèle d’intégration, comment lui accorder place sans remettre en cause la gloire sans éclipse du creuset républicain, l’universalité d’un paradigme de la citoyenneté fondée sur la seule nationalité ? Lire la suite

Culture de quartiers

29 Sep

Mieux vaut habiter dans un quartier « sensible » que dans un secteur insensible.

Les accords d’Oslo avaient pour fonctionnalité de gérer la nouvelle phase de l’occupation

28 Sep

Une analyse de Nahla Chahal sur les accords d’Oslo publiée sur le site Médiapart.

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Il n’est plus intéressant de continuer à disséquer la supercherie qui a accompagné les accords d’Oslo. C’est désormais une tâche qui incombe aux historiens. Il existe un assez large consensus autour de l’idée que ces accords n’ont pas été formatés pour créer un « compromis historique » qui résoudrait durablement et à la fois la question de la spoliation des Palestiniens, et celle de l’existence effective d’Israël. Oslo a certes fait bouger les lignes de la perception réciproque (du moins telles que déclaréespubliquement !) des deux parties, en établissant un échange de reconnaissance de leur existence mutuelle. Mais cette lucidité réaliste elle-même s’inscrit dans la fonction principale de ces accords : comment gérer la nouvelle phase de l’occupation ? Celle d’après 1967 et de l’existence d’une masse palestinienne conséquente, qu’il était impossible à Israël d’intégrer et impossible d’expulser. La politique israélienne a toutefois continué à œuvrer à la périphérie de ces deux directions, mais là n’était point son objectif majeur. Oslo a repris en quelque sorte les plans de Yigal Allon (1968), et ceux du projet de l’autogestion de Ariel Sharon (1982). Lire la suite

Le Danmyé, l’art martial martiniquais

27 Sep

Premier art martial martiniquais, le Danmyé, ou Ladja, est né du choc, de la rencontre de deux mondes. Les esclaves venus du Sénégal et d’ailleurs, transitant par l’île de Gorée, ont créé un art de combat inspiré de la cérémonie initiatique, le « n’golo », cérémonie qui symbolisait le passage du monde de l’adolescence au monde adulte et qui consistait en un affrontement sous forme de lutte.

Ces combats de « majors » continuèrent cependant au cours des fêtes patronales ou au cours de combats « arrêtés ». Cependant, après la départementalisation en 1948, des décrets municipaux interdisent la pratique du Danmyé.

La montée en puissance des groupes folkloriques durant les années 60, avec notamment le ballet martiniquais, remet au goût du jour ce sport de combat, au cours de joutes « chorégraphiées ».
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Jean-Pierre Garnier, « Après les ‘Zones de Sécurité Prioritaires’, l’enfumage participatif »

26 Sep

Qu’on se le dise: la « politique de la ville » va connaître un tournant. Ce n’est pas le premier. Depuis la fin des années 1970, elle en a connu d’autres, sous cette appellation ou non, avec les résultats que l’on sait. Mais celui-ci serait une fois de plus décisif si l’on en croit l’orchestration médiatique dont il bénéficie. Lire la suite

14 septembre 2013: Paris reste antifasciste

26 Sep

Nous relayons ici une vidéo de l’Action Antifasciste Paris Banlieue tournée le 14 septembre 2013.

Dans le réel ou sur le net, il faut occuper et baliser le terrain.

Le Peuple veut

24 Sep

Une exploration radicale du soulèvement arabe

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Loin des interprétations simplistes des soulèvements qui ont ébranlé le monde arabe depuis décembre 2010 (interprétations culturelles, générationnelles, confessionnelles ou vulgairement policières), Gilbert Achcar analyse ici en premier lieu les modalités particulières du développement du capitalisme dans cette région du monde.
Modalités qui produisent un blocage de la croissance dont les conséquences sociales dramatiques (pauvreté, inégalité, précarité – chômage surtout) se sont aggravées durant les dernières décennies sous l’effet du despotisme politique ambiant et du népotisme qu’il entretient comme mode de gouvernement. Lire la suite

Les générations politiques de l’immigration postoloniale

23 Sep

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Dans l’histoire des luttes de l’immigration postcoloniale, la référence aux luttes passées et la question de l’héritage politique ont souvent été problématiques. D’un côté, certains mouvements ont toujours revendiqué l’héritage de luttes passées. Par exemple, lors de l’affaire Djellali Ben Ali (1971), le MTA revendique l’héritage de la révolution algérienne, alors même qu’ils étaient en opposition avec l’Amicale des Algériens en Europe. Dans les années 1990 et2000, une des principales revendications des différents mouvements autonomes de l’immigration est la réappropriation d’une histoire souvent occultée ou méconnue. De l’autre côté, certains militants, conformément à une stratégie d’avant-garde, occultent complètement ou minimisent l’importance des luttes passées, comme certaines associations des années 1980 et associations de quartier créées à la suite des révoltes de 2005. Alors que la « continuité » n’est pas évidente pour tous les acteurs, pourquoi avons-nous pris le parti de mettre en relation toutes ces histoires de luttes ? Le choix a été fait de s’intéresser particulièrement à une population, dont l’histoire politique reste marquée par beaucoup de zones d’ombres, ce qui n’empêche pas de poser le problème de l’héritage et des ruptures entre générations militantes. Au lieu de juxtaposer les figures politiques de l’immigration artificiellement, on voudrait conclure en rendant compte des périodes charnières, de transition d’une figure à l’autre. Lire la suite

La séance du dimanche: All Power to the People

22 Sep

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Ce documentaire de Lee Lew Lewis retrace l’histoire du Black Panther Party et de ses militant-e-s.
Suite aux émeutes de 1992, l’auteur décide de donner un éclairage sur les luttes des afro américains. Lire la suite

Minguettes 1983 – Paix sociale ou pacification ?

21 Sep

« Minguettes 1983 – Paix sociale ou pacification ? » a été tourné au cœur des événements du printemps et de l’été 1983 à la Zup de Vénissieux, dans la banlieue lyonnaise. Des événements à l’origine de la Marche pour l’égalité et contre le racisme, qui traversera la France profonde du 15 octobre au 3 décembre.

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Réalisé dans le cadre d’un stage média organisé à Bron / Lyon II – qui donnera naissance à l’agence IM’média-, ce film est un « objet filmique non identifié ». Un « OFNI », entre journal de bord, reportage vidéo « embedded », contre-information, décryptage des mass media et film d’atelier. Il a été diffusé en boucle lors de l’exposition « Les Enfants de l’immigration » au centre culturel G. Pompidou (Beaubourg – janvier/avril 1984).

Pour les 30 ans de la Marche, IM’média a procédé à la restauration de ce film et en propose une nouvelle version remastérisée. Tout en restituant son écriture documentaire initiale, il donne à (re)voir la contre-offensive « pacifique » des habitant-e-s de la Zup suite à un cycle infernal d’affrontements avec la police, de la bataille rangée du 21 mars 1983 jusqu’à cette soirée du 19 au 20 juin où un policier tire et blesse Toumi Djaïdja, le jeune président de l’association SOS Avenir Minguettes.

Des images d'époque inédites présentent une Zup loin des clichés sur le "ghetto maghrébin" et sur une "zone interdite" livrée aux "loubards". A l'occasion du dynamitage spectaculaire de tours, les habitant-e-s de toutes origines, jeunes et vieux, donnent leur avis sur les "erreurs d'urbanisme" et sur une autre politique du logement possible. "On s'appelle tous Toumi Djaidja", clament-ils aussi, aux côtés de Christian Delorme et de Jean Costil (Cimade), pour manifester leur solidarité avec Toumi qui, sur son lit d'hôpital, a l'idée de lancer la Marche comme une "main tendue". Une idée présentée lors de "Forums Justice" conjointement avec celle d'un rassemblement national des familles des victimes des crimes racistes et des violences policières devant le ministère de la justice place Vendôme, à l'instar des Folles de la place de mai en Argentine. Face à l'acharnement policier ou judiciaire, face au racisme, au délire sécuritaire et à la complaisance de la plupart des médias, l'objectif est alors de se mobiliser pour rétablir la vérité des faits, d'obtenir justice, de pouvoir vivre, tout simplement.

Le 3 décembre 1983 à Paris, 100 000 personnes se rassemblent pour l'arrivée de la Marche. L'instant est à l'euphorie, collective, fusionnelle. Et l'espoir d'aller vers l'égalité sociale et raciale dans une société plurielle immense ...

Un film de 24 mn, produit et réalisé en 1983 par l'agence IM'média remastérisé en 2013 avec des images inédites.

Contact pour obtenir le film.