Le Danmyé, l’art martial martiniquais

27 Sep

Premier art martial martiniquais, le Danmyé, ou Ladja, est né du choc, de la rencontre de deux mondes. Les esclaves venus du Sénégal et d’ailleurs, transitant par l’île de Gorée, ont créé un art de combat inspiré de la cérémonie initiatique, le « n’golo », cérémonie qui symbolisait le passage du monde de l’adolescence au monde adulte et qui consistait en un affrontement sous forme de lutte.

Ces combats de « majors » continuèrent cependant au cours des fêtes patronales ou au cours de combats « arrêtés ». Cependant, après la départementalisation en 1948, des décrets municipaux interdisent la pratique du Danmyé.

La montée en puissance des groupes folkloriques durant les années 60, avec notamment le ballet martiniquais, remet au goût du jour ce sport de combat, au cours de joutes « chorégraphiées ».


Avec les années 70 et l’émergence des mouvements indépendantistes, le phénomène prend de l’ampleur, au point de devenir de plus en plus concret 30 ans après.
De nos jours, des associations culturelles travaillent pour réactualiser les connaissances autour de cette activité.

Mais le Danmyé est avant tout une ambiance à vivre !
Le chant, les percussions et le public encouragent ce challenge. Soit on s’adapte, soit on ne s’adapte pas. Les spectateurs passionnés choisissent leur favori. Celui qui se trouve dans le rond va désigner son adversaire au sein de la foule pour un rituel devant les tambours

En fait, on se connaît et on sait à qui l’on s’adresse. Hommes, femmes et enfants crient, applaudissent. Aux projections, tout le monde est debout.
C’est un public guerrier, il agit comme s’il était dans le rond. D’ailleurs, il forme le rond, et quels que soit la tenue, le lieu (un restaurant, un coin de quartier, une cours etc), on peut s’adonner à une rencontre.
Une seule condition, que cet art soit accompagné du tambour et du batteur de p’tit bois.

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