Amilcar Cabral !

20 Jan

Amilcar Cabral
(12 septembre 1924 – 20 janvier 1973)

acabral

Extraits du discours à la 2e Conférence des Organisations Nationalistes des Colonies Portugaises, réunies à Dar-Es-Salaam en 1965.

[…] Oui, nous sommes des Noirs. Mais nous sommes des hommes comme tous les autres. Nos pays sont des pays économiquement arriérés. Nos peuples se trouvent dans une étape historique précise caractérisée par cette condition arriérée de notre économie.
Nous devons être conscients de cela. Nous sommes des peuples d’Afrique, nous n’avons pas inventé beaucoup de choses, nous n’avons pas aujourd’hui les armes spéciales que les autres possèdent, nous n’avons pas les grandes usines, nous n’avons pas même pour nos enfants, les jouets que les autres enfants possèdent, mais nous avons notre cœur, nos têtes, notre histoire.

C’est cette histoire que les colonialistes nous ont enlevée, les colonialistes ont l’habitude de dire que eux, ils nous ont fait rentrer dans l’histoire. Nous démontrerons aujourd’hui que non : ils nous ont fait sortir de l’histoire, de notre propre histoire, pour les suivre dans leur
train, à la dernière place, dans le train de leur histoire.

Aujourd’hui en prenant les armes pour nous libérer, en suivant l’exemple d’autres peuples qui ont pris les armes pour se libérer, nous voulons par nos propres pieds, nos propres moyens et nos propres sacrifices retourner à notre histoire.
Nous, peuples d’Afrique, qui luttons contre le colonialisme portugais, nous avons subi des conditions très spéciales, parce qu’au cours des quarante dernières années, nous subissons la domination d’un régime fasciste […]

[…] nos cœurs battent à l’unisson avec les cœurs des frères du Vietnam qui donnent un exemple singulier faisant face à la plus honteuse, à la plus injustifiable agression des impérialistes des États-Unis d’Amérique contre le peuple pacifique du Vietnam.

Nos cœurs battent également avec ceux de nos frères du Congo qui dans le brousse de ce vaste et riche pays africain cherchent à résoudre leurs propres problèmes face à l’agression des impérialistes et aux manœuvres des impérialistes à travers leurs jouets.

C’est pour cela que nous, de la CONCP (Conférence des Organisations Nationalistes des Colonies Portugaises) nous crions haut et fort que nous sommes contre Tshombé, contre tous les Tshombé de l’Afrique.

Nos coeurs battent également avec nos frères de Cuba qui ont aussi montré qu’un peuple, même quand il est encerclé par la mer, est capable de défendre, les armes à la main, et victorieusement, ses intérêts fondamentaux et de décider lui-même de sa destinée.

Nous sommes avec les Noirs des Etats-Unis d’Amérique, nous sommes avec eux dans les rues de Los Angeles, et quand ils sont écartés de toute possibilité de vie, nous souffrons avec eux.

Nous sommes avec les réfugiés, les réfugiés martyrisés de la Palestine, qui ont été bafoués, expulsés de leur patrie par les manœuvres de l’impérialisme.

Nous sommes à côté des réfugiés de la Palestine et nous soutenons de toute la force de nos cœurs tout ce que les fils de la Palestine font pour libérer leur pays et nous soutenons de toutes nos forces les pays arabes et les pays africains en général pour aider le peuple palestinien à récupérer sa dignité, son indépendance et son droit à la vie.

Nous sommes également avec les peuples de l’Arabie du Sud, de la Somalie dite française (Côte des Somalies), de la Guinée dite espagnole, et nous sommes d’une façon très raisonnable et très douloureuse, avec nos frères de l’Afrique du Sud qui affrontent la plus barbare des discriminations raciales.

Nous sommes absolument sûrs que le développement de la lutte dans les colonies portugaises, et la victoire que nous sommes en train de remporter chaque jour contre le colonialisme portugais est une contribution efficace à la liquidation du honteux, du vil régime de discrimination raciale, de l’apartheid en Afrique du Sud.

l’Angola et du Mozambique, et nous-mêmes en Guinée et Cap-Vert, loin de l’Afrique du Sud, pourront jouer, demain, un demain qui, nous l’espérons, ne sera pas éloigné, un rôle très important pour la liquidation finale du dernier bastion du colonialisme, de l’impérialisme et du racisme en Afrique qui se trouve en Afrique du Sud.

Nous sommes solidaires de toute cause juste dans le monde, mais nous sommes aussi renforcés par la solidarité des autres […]

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