Kery James : Les miens

14 Avr

 

Et tous les gens des cités lèvent leurs mains,
Et tous les enfants d’immigrés lèvent leurs mains,
Et tous les gens des quartiers lèvent leurs mains,
Et tous les gens des ghettos lèvent leurs mains.

Les miens, arabes et noirs pour la plupart d’entre eux,
J’ai grandi parmi eux, je connais leur histoire.
Dans l’oubli de moi-même, j’ai écrit leurs mémoires.
J’les aime, j’te prie d’y croire.
J’ai tant chanté leurs souffrances,
Eux ces

français pourtant étrangers en France.
Je n’ignore pas que profonde est leur déchirure,
La mienne je tente de soigner par l’écriture,
Bien sûr que j’ai en moi une part d’eux.
Bien que j’étouffe cette rage qu’ils cultivent en banlieue.
Et c’est toujours de la tristesse que tu peux lire dans mes yeux,
Et tant de tendresse qui se manifeste de mes vœux, envers ces habitants du quartier, banlieues, cités,
Trop cités, qu’on a souhaité lier a l’insécurité.
Leur différence naît dans le regard des autres,
Parfois conséquence : la violence c’est autre.
J’viens de la banlieue, une France à part,
Et y a pas que la distance qui nous sépare. La cité a ses codes, son langage, son silence ses modes
Ses méthodes et sa lecture du monde.

REFRAIN :

Et tous les gens des cités lèvent leurs mains,
Et tous les enfants d’immigrés lèvent leurs mains,
Et tous les gens des quartiers lèvent leurs mains,
Et tous les gens des ghettos lèvent leurs mains.

C’est vrai que parmi les miens y a des dealers,
des tueurs et des braqueurs,
Des crapules mais aussi des durs au grand cœur,
Des étudiants des patrons des sportifs.
Y a des innocents et des fautifs,
Nos rues sont pleines de talents cachés, transformés en talents gâchés.
Sous-estimant la valeur du temps
Je me pose une question :
« Les miens sont-ils naïfs ou inconscients ? » Lorsque l’envie domine la raison,
Je vois les miens en vie mais en prison.
De toute façon, même libres ils se sentent comme prisonniers,
Rejettent le bon sens comment un fou que t’essaies de raisonner.
Torturés par les regrets,
Je crois que les miens pleurent mais en secret.
Ils sont si loin, qu’ils n’arrivent plus à revenir,
Ce qu’ils voudraient être ils n’arrivent plus à l’devenir.
Ils refusent un avenir sans oseille,
Souvent victimes d’une adolescence sans modèles.
En bas des tours le temps leur échappe
Leurs vies se consument,
Splifs au bec, regards noirs, avenir confus.
Et certains tapent dans la coke,
Mais la plupart t’diront que c’est jamais eux mais les autres.
Combien des miens ne sont pas ce qu’ils voulaient être,
Ne font pas ce qu’ils voulaient faire,
Ne vivent pas ce qu’ils voulaient vivre,
Ils se croient condamnés a l’échec, inégalités sociales comme prétextes.
En faite, la délinquance un héritage maudit,
Que les plus vieux leur lèguent depuis leur plus jeune âge.
Alors combien peuvent s’en sortir, Construire, partir,
Ou alors partir pour construire
Pour revenir, pour reconstruire, et instruire les nôtres.

REFRAIN :

Et tous les gens des cités lèvent leurs mains,
Et tous les enfants d’immigrés lèvent leurs mains,
Et tous les gens des quartiers lèvent leurs mains,
Et tous les gens des ghettos lèvent leurs mains.
Et tous les fils de prolétaires lèvent leurs mains,
Tous ceux qui se sentent solidaires lèvent leurs mains,
Tous ceux de la France d’en bas lèvent leurs mains,
Lèvent leurs mains.

Ça me tue de voir les miens s’entretuer, Tirer, tuer, trop s’y sont habitués.
Pourtant nos histoires sont les mêmes,
Et quand on s’ fait face,
On est comme face à face à nous-même.
On a la rage pour les même raisons,
On a subit les mêmes exclusions,
Reclus dans les mêmes quartiers,
Enfermés dans les mêmes prisons.
Nos parents ont fait preuve du même courage, Nous aiment du même amour,
Alors pourquoi tu m’ dévisages ?
Tandis que les médias nous salissent,
Que certains nous trahissent,
Complotent, rêvent en secret que la France nous bannisse.
Dans leur bouche, avant, on était tous des voleurs,
Maintenant dans leurs reportages on est tous des violeurs,
On violerait nos sœurs a plusieurs,
On y verrait une justice, une fierté, un honneur,
Tu sais ce qu’ils se disent, normal pour des extrémistes en puissance,
La haine succède à la peur et eux veulent faire flipper la France.
Frangin, lève ta main, si t’as une sœur et qu’ tu la respectes,
Lève ta main si t’as un frère et qu’il te respecte,
Lève ta main si t’es conscient que la cité peut être un drame,
Que tu sois un homme ou une femme !!!

REFRAIN :

Et tous les gens des cités lèvent leurs mains,
Et tous les enfants d’immigrés lèvent leurs mains,
Et tous les gens des quartiers lèvent leurs mains,
Et tous les gens des ghettos lèvent leurs mains.
Et tous les fils de prolétaires lèvent leurs mains,
Tous ceux qui se sentent solidaires lèvent leurs mains,
Tous ceux de la France d’en bas lèvent leurs mains,
Lèvent leurs mains.

Celle-ci, c’est pour tous les gens des quartiers, banlieues ou cités qu’on a souhaité lié à l’insécurité.
Afrique du nord, du sud, Antilles, Europe, Espagnols, Portugais.
La misère n’a pas d’couleurs,
Au royaume des rêves brisés, des cœurs brisés,
Des sentiments maîtrisés,
Quand ils ne sont pas méprisés,
Ton sens de la survie doit y être aiguisé,
C’est en rage que les faiblesses sont déguisées,
Les miens n’en ont pas l’air mais ils sont épuisés,
Les miens je les représenterait jusqu’au dernier

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