Le jour où j’ai eu envie de tirer sur une ambulance

23 Mai

Celui qui jetait à tout vent de bons mots dignes de l’almanach Wehrmacht, le borgne de l’Algérie Française aux mains propres et à la tête haute, celui qui disait tout haut ce que le peuple pensait tout bas, celui-là sait que ce sera bientôt pour lui, le rendez-vous avec la faucheuse.

Capture d’écran 2014-05-21 à 22.55.58

Alors, genoux tremblants, il tente une dernière éructation, avant de faire un numéro de claquettes pour sa fille chérie.

Meeting du FN à Marseille, 20 mai 2014.

Trois minutes de mer (avec amoureux hétéros blancs qui s’embrassent), de vagues, de ports, de mouettes, de phares dans la nuit, de champs de blé (avec ou sans enfants qui dansent), de tournesols, de clochers (au loin, plus près, sous la lune), de pins sous la neige, de rivières, de palmiers, de Mont Saint-Michel (loin, près), de biches, de bottes de foin, de grappes de raisin, de Notre-Dame et de Tour Eiffel, de jardins de Versailles…

Jean-Marie arrive, première phrase : « Pour l’instant encore c’est vrai. »…

Et… Et rien… Ah, si, une poésie. Ça commence par une poésie.

Et puis on part sur les vieux dadas, les rengaines.

Mais il est fatigué, Jean-Marie : s’empêtre dans les chiffres, comme les vieux dans les anciens francs : « une pensée pour tous les patriotes {…} pour ne parler que de ceux qui sont relativement proches, ceux de 1914 : 1500 morts… »

Et Diên Biên Phu (novembre 1953 – mai 1954) , les Thermopyles ( 480 av. J.-C.), le Traité de Rome (1957)…

On va y arriver, Jean-Marie, encore un effort ! Mais non, Giscard, le président Giscard (1974 – 1981) est la dernière référence historique… ça fait loin…

On pourra toujours penser que ça sert de retour aux fondamentaux avant la prise de parole de Marine, on pourra toujours.

Mais juste avant le meeting, le vieillard a été surpris à laisser suinter sa peur de la mort qui approche.

Capture d’écran 2014-05-21 à 22.17.58

Et, voulant se convaincre de son invincibilité, a lancé, devant un auditoire acquis, qu’en matière de démographie « Monseigneur Ebola peut régler ça en trois mois ».

Pas faux.

Mais alors, le rétablissement des frontières, ça servirait, comme pour le nuage radioactif de Tchernobyl, à arrêter l’épidémie à nos portes ?

Marine a patiné dans la trainée de bave de son géniteur le reste du meeting.

 

%d blogueurs aiment cette page :