Expulsion à Calais : la guerre aux pauvres, c’est maintenant

3 Juil

Douze ans après la fermeture du camp de Sangatte, le gouvernement français s’est une fois de plus illustré par la violence de la répression déployée à l’encontre des plus démuni.e.s. Au lieu de lutter contre la pauvreté, le gouvernement s’acharne avec méthode sur celles et ceux qui ont déjà tout perdu, sans leur offrir aucune perspective sinon celle d’attendre, encore, ailleurs, dans des conditions indignes et toujours plus dramatiques.

Depuis les années 80 et, plus tard, dans les années 90, avec la guerre en Yougoslavie, de nombreuses personnes sans ressources fuyant la guerre et la misère ont tout quitté pour rejoindre la France et Calais, d’où certain.e.s tentent, au risque de leur vie, de passer en Angleterre.

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Aujourd’hui ce sont des centaines d’hommes, de femmes et d’enfants venus d’Afghanistan, de Syrie, d’Égypte, d’Érythrée ou d’Éthiopie qui ont dû faire face aux violences policières et à une énième expulsion qui s’est déroulée à l’abri du regard des journalistes et des bénévoles, tenus à l’écart de la procédure.

Après l’expulsion de la fin du mois de mai, dont la raison officielle était d’empêcher la propagation d’une épidémie de gale, ce sont près de 600 réfugié.e.s qui n’ont eu d’autre choix que de se construire des abris de fortune pour attendre, dans le plus grand dénuement, le prétendu volet « humanité » qui était censé accompagner la répression annoncée. À la suite de ces événements, les expulsé.e.s avaient réagi en occupant un lieu de distribution des repas et en entamant, pour certains, une grève de la faim, afin d’obtenir des conditions d’accueil dignes.

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Après avoir pris quelques mesures cosmétiques concernant une minorité infime de personnes, la préfecture a à nouveau fait le choix de la répression brutale sans offrir aucune alternative viable. C’est dans le lieu de distribution des repas ainsi que dans trois squats de la ville que la police est intervenue avec la plus grande violence au matin du 2 juillet. Les exilé.e.s ont été envoyé.e.s dans différents centres de rétention (Coquelles, Lille, Amelot, Dunkerque ou encore Boulogne sur Mer ou Béthune pour les mineurs). D’autres encore, qui n’ont pas été arrêtés, se retrouvent à la rue : « Une partie de ces personnes reviendra et restera à Calais, une autre se dirigera vers les autres lieux de passage de la région où la pression et la précarité n’en seront que plus fortes : la question ne sera que déplacée, une fois de plus. » Plusieurs bénévoles et militants d’association de soutien ont également été placés en garde-à-vue.

La Maire UMP de Calais, qui avait encouragé ses habitants à dénoncer les squatteurs migrants ou bénévoles et souhaitait « accélérer les procédures d’expulsion et de destruction », a de quoi se réjouir, tout comme les militants nationalistes de « Sauvons Calais », extrêmement actifs ces derniers mois.

Sauvons Calais

sauvons Calais MLP

Face à ce déploiement de violence, les militant.e.s calaisien.ne.s ont lancé un appel à la solidarité. Le refus de laisser passer journalistes et bénévoles lors de l’expulsion montre également qu’il est urgent de diffuser l’information et de faire en sorte que les violences infligées à ces centaines de personnes ne soient pas passées sous silence.

Seuls ceux qui luttent savent...

Seuls ceux qui luttent savent…

Solidarité et soutien à tous les exilé.e.s et à tou.te.s les militant.e.s : Rompre l’isolement !

6 Réponses vers “Expulsion à Calais : la guerre aux pauvres, c’est maintenant”

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    […] La suite : https://quartierslibres.wordpress.com/2014/07/03/expulsion-a-calais-la-guerre-aux-pauvres-cest-mainte… […]

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