Séance du dimanche : Themroc

31 Août

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Que se passe-t-il quand on arrête la machine ? Quand on sort du quotidien rythmé par le respect de la vie en société, de la discipline et du travail ? C’est ce qu’imagine le film de Claude Faraldo, qui suit la réaction de l’ouvrier Themroc, qui, un beau jour, envoie tout valser : l’usine, le travail, les conventions, pour se transformer en homme des cavernes modernes dans son propre appart, transformé en grotte qui accueille tous ceux et celles qui adhèrent à sa cause contagieuse. Le film aligne presque tous les acteurs du Quai de la Gare au début de leur carrière (Patrick Dewaere, Coluche, Miou-Miou, Popeck etc). C’est un classique des années 1970 (1973) finalement assez optimiste dans son message libertaire. Il montre que tout peut voler en éclat : tous les interdits, l’autorité, la famile et même le langage : « themroc » et « rocthem » en verlan primitif sont les deux seuls « mots » prononcés dans tout le film. Au milieu de grognements et de bien d’autres bruits. Par exemple les deglutissements des personnages libérés de toute contrainte au moment de dévorer en commun un policier chassé auparavant par Michel Piccoli dans la jungle urbaine de l’est parisien. Un vrai régal. C’est aussi une leçon de cohérence entre le message et la fabrication concrète du film : pas de musique, pas de dialogues, pas de sponsors, un budget et des salaires ultra-limités, un tournage parfois à la limite de la légalité : toutes les scènes tournées dans le métro par exemple l’ont été sans aucune autorisation. Une heure et demie de prises de vue sans finir au poste. Les temps ont changé : à notre belle époque de la télésurveillance pour tous et des milices armées de la sécurité RATP, ils n’auraient pas tenu plus de dix minutes, et le fim n’aurait sans doute pas pu sortir…

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