Violences rurales

29 Sep

Hôtel des impôts en feu

Des forces de l’ordre et les pompiers violemment pris à partie, des incivilités proférées en chapelet, le bruit de l’émeute et la fumée âcre de bâtiments publics en flammes. C’est le cœur de la République qui est atteint. Les pouvoirs publics vont à n’en pas douter réagir et appréhender les émeutiers, la BAC va se saisir des meneurs et la plus grande fermeté prévaudra contre ces dangereux récidivistes qui bafouent l’Etat de droit. D’ailleurs Manuel Valls condamne fermement des actes inacceptables. Et il ne rigole pas avec ça, Manuel. Hop ! Comparutions immédiates, arrestations à domicile, garde-à-vues ! Villiers-le-Bel ? Clichy-sous-Bois ? Vaulx-en-Velin ? Marseille, quartiers nords ? Non. Morlaix, sous-préfecture du Finistère. Jeunes de cités ? Voyous de Banlieues ? Casseurs des quartiers populaires ? Mouvance anarcho-autonome ? Activistes pro-palestiniens se rendant à une manifestation interdite ? Non. Producteurs de légumes encartés à la FNSEA. Aaaah ! Alors c’est différent : ce n’est pas de la violence, c’est juste un « malaise ». Faut pas tout confondre… Tout le monde « comprend ». Attention, hein, personne ne défend : ils ont eu la main un peu lourde et le briquet un peu leste, les marchands d’artichauts, mais faut pas exagérer, ça n’a rien à voir avec de la violence qui, elle est forcément urbaine, jeune et ne peut pas être « comprise ». Tenir les murs c’est pas la même chose que de produire des choux-fleurs. Et puis, c’est bien connu, brûler des voitures quand un gamin du quartier, un voisin, est mort d’insuffisance cardiaque dans un fourgon de police ou électrocuté dans un relai EDF, c’est beaucoup plus grave que de mettre le feu à un hôtel des impôts pour réclamer plus de subventions pour continuer à surproduire et taper dans la caisse de la PAC.
artichauts

Donc, Manuel Valls n’est pas content, et ses ministres non plus. La violence, c’est pas une solution, ils l’ont bien rappelé. Alors, puisque c’est comme ça, le gouvernement « socialiste » a tapé du poing sur la table : Stéphane Le Foll, le ministre de l’agriculture a convoqué les légumiers pyromanes, et … leur a promis qu’on s’occuperait de leurs légumes, que tout serait fait pour maintenir un bon prix, ce dont se félicite Le Figaro. La paix sociale, elle, elle n’a pas de prix. Elle est peut-être là la solution : faudrait peut-être faire pousser des broccoli dans les quartiers. Ça ferait peut-être baisser la violence de l’État et de sa police. Peut-être même qu’ils « comprendraient » le « malaise » quand ça brûle. Peut-être même qu’ils chercheraient une solution…

2 Réponses to “Violences rurales”

Trackbacks/Pingbacks

  1. Séance du dimanche. Le conseiller général, l’arbre et le débat démocratique. | quartierslibres - 2 novembre 2014

    […] Au fait, que faisaient les dangereux manifestants des bois, pour subir toute cette violence ? ils brûlaient des bâtiment publics, en paralysant la circulation, comme à Morlaix ? Non, ils défendaient juste une zone humide, un coin de forêt, contre un méga-projet de barrage […]

  2. La « violence , c’est les autres. Les hurlements de la hyène politico- médiatique. | «quartierslibres - 12 novembre 2014

    […] Guillaume Peltier de l’UMP, ce n’est pas celle des vendeurs d’artichauts qui ont incendié des bâtiments publics à Morlaix, ni ceux qui avaient saccagé le bureau d’un ministre. Non non: eux aussi émargent à la FNSEA, […]

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