Rattrapage-Séance du dimanche. Le gag des postiches (La Quatrième Dimension : « Le miroir »)

6 Oct

Parano-miroir X 2

Atahualpa Yupanqui se demandait il y a déjà longtemps en grattant sa guitare

« Qui a gagné la guerre, dans les forêts du Viet-Nam ?

Le guérillero sur sa terre, le yankee au cinéma ! » (¡Basta ya !, 1971)

Ici, c’est presque la même chose : dans la réalité, la CIA venait d’échouer lamentablement dans sa tentative de renversement de la Révolution cubaine à la Baie des Cochons, mais les Américains réussissaient à se débarrasser de Castro… dans la quatrième dimension.

Cet épisode de la série fantastique –qui compte des épisodes géniaux– présente donc un révolutionnaire barbu habillé en vert-olive –un certain Ramos Clemente– qui vient d’être porté au pouvoir par le peuple, quelque part en Amérique Centrale, en renversant un dictateur d’opérette –baptisé Decruz pour l’occasion– au terme d’une révolution qui en un an a vu les troupes barbues de Clemente descendre des montagnes pour faire tomber la capitale. Tombant dans un piège magique tendu par son prédécesseur déchu –un miroir ensorcelé censé lui montrer les complots qui le menacent– Clemente sombre dans une paranoïa telle que son régime se transforme du jour au lendemain en cauchemar sanguinaire. Les journées sont rythmées par le bruit incessant des exécutions de suspects et il assassine ou fait exécuter tous ses compagnons d’armes, les lieutenants du mouvement révolutionnaire, avant de se suicider.

Postiches-portraits

C’est assez loin d’être le meilleur épisode de La Quatrième Dimension, mais c’est sans doute un des plus drôles, malgré lui. Outre qu’il nous donne le plaisir de voir Peter Falk (le futur inspecteur Columbo) en faux Fidel Castro, entouré d’une brochette de Che Guevara, Raúl Castro et Camilo Cienfuegos affublés de postiches grotesques, cet épisode a l’immense avantage de montrer une vision garantie 100 % propagande yankee à chaud, ou presque. Il a été diffusé à la télévision en octobre 1961, soit quelques mois après l’invasion lamentablement ratée de Cuba menée par des contre-révolutionnaires de Miami fidèles au dictateur Batista, avec l’appui de la CIA et de l’aviation états-unienne. Un raté monumental qui avait eu l’effet inverse de celui qu’espéraient les grands stratèges de Washington : après cette attaque, la Révolution, qui était jusque-là relativement autonome s’est jetée dans les bras du communisme de caserne en s’alignant sur le Bloc de l’Est.

http://m.tu.tv/videos/la-dimension-desconocida-3×06-el-espej

[Autre adresse en français, mais instable : http://youtu.be/H08ccC6hfDo ]

 

%d blogueurs aiment cette page :