Séance du dimanche. Le conseiller général, l’arbre et le débat démocratique.

2 Nov

Capture d’écran 2014-11-01 à 20.10.05

Quand on laisse les chiens prendre goût au sang, ils finissent par tuer.
Petit journal filmé de la mobilisation contre la construction du barrage de Sivens dans le Tarn au mois de septembre. Bien avant la mort de Rémi Fraisse, tué par une grenade offensive tirée par les forces de police, on y voit très clairement le déchaînement croissant des gardes mobiles contre des manifestants non-violents, en toute impunité. Manuel Valls peut continuer son rôle de petit roquet garant de « l’ordre républicain », Bernard Cazeneuve peut se cacher lui aussi derrière l’État de droit et expliquer que la mort de Rémi n’est pas une bavure. Les faits sont là : l’État a tué, froidement, logiquement. Le président du Conseil Général du Tarn, Thierry Carcenac, principal intéressé à la réalisation du chantier a beau faire semblant de croire que Rémi est « mort pour des idées », ce qu’il trouve stupide et bête . Il est vrai que pour un bureaucrate socialiste, c’est difficile à comprendre. Les faits sont là, et ils sont têtus.
Ce film montre bien la montée en puissance de la violence des gendarmes (play)mobiles en tenue de combat face aux zadistes du Testet. Des insultes et des claques au tonfa, puis des lacrymos aux tirs tendus de flashball. Il ne manquait plus que les armes offensives. Violence d’État, sans visage : une fois de plus l’assassin n’existe pas, le gendarme qui a tué ne sera même pas suspendu. Il ne faisait que son devoir.
Au fait, que faisaient les dangereux manifestants des bois, pour subir toute cette violence ? Ils brûlaient des bâtiment publics, en paralysant la circulation, comme à Morlaix ? Non, ils défendaient juste une zone humide, un coin de forêt, contre un méga-projet de barrage qui doit massacrer une bonne partie de la flore et la faune du coin, pour servir les intérêts productivistes d’une petite vingtaine de gros producteurs de maïs. Un crime impardonnable, qui méritait sans aucun doute que l’État néo-socialiste fasse donner la troupe. On ne touche pas à l’industrie agro-alimentaire.

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