L’extincteur et les pyromanes. La violence, c’est toujours les autres ?

16 Nov

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Voie de fait, violence sur la voie publique ! Agression sur mineur avec une arme par destination ! Le tout « en marge d’une manifestation lycéenne », pour reprendre la formule consacrée par les gardiens médiatiques de la paix et de l’ordre public. La victime, un jeune homme de seize ans, assommée à coup d’extincteur, a été évacuée inconscient et admise à l’hôpital. Ses jours ne seraient pas en danger, mais elle reste en observation pour


prévenir les conséquences d’un éventuel traumatisme crânien.
Encore la violence lycéenne ! Toujours les hordes islamo-fascistes aidées par l’hydre anarcho-autonome tapie dans l’ombre ! La manipulation trotskiste ! Sarrasins hors de France ! Il faut en finir avec le laxisme coupable vis-à-vis des « racailles à keffieh », pour parler comme l’organe central du zemmourisme fin de siècle. Il a raison d’ailleurs, Le Figaro, de titrer sur le danger de « la gauche radicale », qui « inquiète le gouvernement ». Ben oui, puisque la violence, c’est eux. Les soi-disant « violences policières », c’est juste un prétexte. La vraie violence, c’est jeter des mottes de terre sur nos braves gendarmes, customiser les façades des succursales bancaires de nos belles capitales régionales, troubler l’ordre public en banlieue. Ou pousser des poubelles vertes devant les portes d’un lycée. C’est in-to-lé-rable.

 

 

Sauf que… Sauf que le coup d’extincteur -qui aurait pu être mortel- ce n’est pas un lycéen – un « bloqueur » ou un « casseur »- de Seine-Saint-Denis qui l’a donné, c’est un parent d’élève, un brave père de famille qui voulait forcer un piquet de grève. Et que la scène ne se passe pas à Saint Ouen, aux Tarterêts ou à Vaulx-en-Velin, mais dans le 6e arrondissement de Paris, devant le lycée Montaigne. La racaille en loden vient de frapper. Les hurlements de la hyène viennent de faire effet. À force de jouer la peur contre la mobilisation et de matraquer que la violence qui menace la société ce sont les manifestations et non les armes de guerre utilisées par gendarmes et policiers, politicards et journalistes de garde ont armé le bras du néo-pétainisme. Après la crimininalisation de tous les opposants, l’interdiction des manifestations contre la brutalité sur commande des assassins casqués, et l’interdiction des AG, les chiens sont lâchés.
Après les grenades, les extincteurs. Après les lanceurs de marteau anti-grève des beaux quartiers, les milices rurales et patronales. La FNSEA mobilise ses troupes pour défendre son barrage et le BTP les siennes pour son aéroport.

 

milice rurale

 

Pas de risque dans ces cortèges : la « violence », elle est dans les autres. La preuve : le héros à l’extincteur n’est pas en garde-à-vue, et il y a peu de chance qu’il passe en comparution immédiate. C’est bon pour les autres, ça. Il pourra tranquillement rejoindre la prochaine « manif pour tous », avec ses voisins de quartier et les amis de Dieudonné et Soral.

Une Réponse to “L’extincteur et les pyromanes. La violence, c’est toujours les autres ?”

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  1. L’âne médiatique et le tonfa | quartierslibres - 16 juin 2015

    […] elle vient toujours du mouvement social : de la banlieue , des militants, des manifestants, des lycéens, bref de tout ce qui empêche de braire en rond à l’ombre des puissants. Ici, donc, la […]

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