#Jerusalem

21 Nov

On a vu ces derniers jours les médias et politiques s’émouvoir de l’opération menée mardi 18 novembre dans une synagogue de Har Nov, quartier ultra-orthodoxe de Jérusalem-Ouest bâti sur les ruines du village de Deir Yassin, tristement connu pour le massacre dont il a été victime le 9 avril 1948.

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*Le Monde* titre « Massacre dans une synagogue », le *Figaro* « Attaque meurtrière dans une synagogue de Jérusalem », *la Croix* « Israël réagit après la sanglante attaque palestinienne contre une synagogue de Jérusalem », *Libération* « Vive tension après une attaque meurtrière contre une synagogue » et bien sûr, tous soulignent le fait que « le Hamas et le Jihad islamique, ont salué l’attaque et appelé à «poursuivre les opérations».

Pardonnez-nous de vouloir contextualiser les faits plutôt que de laisser l’émotion nous dicter les gros titres. Ce que les journalistes appellent « tensions » ou « réaction d’Israël » ne sont en réalité pas la conséquence de cette opération, mais bien plutôt la cause.

En effet, le gouvernent israélien est le seul responsable de l’escalade des violences à Jérusalem, en Cisjordanie et en Palestine 1948. On ne cessera pas de le répéter, ces derniers mois, le projet sioniste a considérablement accéléré son processus. En juin tout d’abord, avec une vague d’arrestations massives en Cisjordanie, ensuite en juillet avec l’offensive à Gaza, véritable crime de guerre contre l’humanité. A la sortie de la guerre, le gouvernement israélien donnait son feu vert à la construction de nouvelles colonies et il a répété l’opération plusieurs fois depuis. Les agressions racistes, la spoliation, le vol de terre et de maisons par des colons couverts par l’armée israélienne,… tout cela n’a fait que s’accentuer ces derniers mois. En conséquence, comment attendre une autre réponse que celle que donne aujourd’hui le peuple palestinien ? Cette réponse est même complètement saine, quelle personne ou groupe de personnes pourraient se laisser opprimer indéfiniment sans répondre?

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Revenons en aux faits. Tous ces mécanismes chers à l’occupant n’ont rien d’un conflit religieux, il s’agit d’une démarche purement coloniale, qui il est vrai tente de justifier ses actes par des textes religieux et grâce à des colons ultra religieux fanatiques. Face à cet appareil colonial, le peuple palestinien, qui rappelons-le est composé de Musulmans, de Chrétiens, de Juifs et d’Athées est en droit de résister, et c’est d’ailleurs ce qu’il fait. Le peuple palestinien résiste contre l’occupant israélien. Cette phrase semble tomber sous le sens et pourtant, l’occupant tout d’abord et ses alliés politiques et médiatiques s’attellent à nous présenter un conflit religieux et donc accentuent toujours le caractère religieux (prouvé ou supposé) des intervenants.

L’opération visant la synagogue de Jérusalem en ce matin du 18 novembre, n’a pas été menée comme on a pu l’entendre par des militants du Hamas ni du Jihad Islamique. L’opération a été clairement revendiquée par le Front Populaire de Libération de la Palestine, un parti politique marxiste-léniniste, révolutionnaire et laïc.

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Intéressons-nous maintenant aux personnes visées par l’opération. La première personne visée par l’opération, un habitué de ce lieu, est le père des meurtriers de Mahmoud Abu Khdeir, kidnappé et brûlé vif en juin. Ses 3 meurtriers ne risquent pénalement pas grand chose, puisque deux sont mineurs et que le troisième plaide la folie alors qu’ils sont issus d’une famille de colons qui assument pleinement leur haine des arabes et leur attachement à l’extrême droite, tout comme de nombreux fidèles de cette synagogue…

Que la bienséance occidentale approuve ou non ces méthodes de Résistance, il est primordial de connaître les faits afin de comprendre que le lieu de l’opération n’a pas été choisi pour son côté religieux, que les personnes visées ne l’ont pas été par hasard et que les personnes qui ont mené l’opération combattaient le système colonial et non les juifs.

Dans le communiqué qui a suivi l’opération et le décès des deux martyrs Oday et Ghassan Abu Jamal, Khalil Maqdesi, membre du Comité central du Front Populaire pour la Libération de la Palestine confirme la nature de leur Résistance : « Le FPLP n’est pas une organisation religieuse et notre Résistance n’est pas fondée sur des convictions religieuses. Nous nous battons pour libérer la Palestine d’un projet colonial d’implantation imposé à notre peuple. Les Occupants et les racistes n’appartiennent pas à la terre de Palestine; il y a, et il doit y avoir, des conséquences et des répercussions pour le vol de nos terres et de nos droits »…
« notre combat n’est pas contre les Juifs et n’est pas fondé sur la religion; il s’agit de justice, de libération et du retour à notre patrie

Il précise également : «La résistance est notre seule voie; il n’y a pas d’autre façon pour les Palestiniens pour libérer leur terre et obtenir leurs droits. La Résistance comprend de nombreuses méthodes de lutte, y compris, au centre, la résistance armée et la lutte armée. La violence révolutionnaire est nécessaire pour affronter et renverser la colonisation de notre terre et la confiscation de nos droits ».

Ces derniers mois, des enfants palestiniens ont été délibérément renversés par des colons (une fillette de 5 ans est décédée), des agressions racistes se sont multipliées, une chauffeur de bus en service a été pendu par des colons pour le simple fait qu’il était Palestinien, quelques heures avant sa mort, le leader du mouvement « Mort aux arabes » avait changé sa photo de profil Facebook pour mettre une photo de lui brandissant une corde nouée. Aucun des auteurs de ces agressions et meurtres purement racistes n’ont été condamné.

 

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A l’inverse, quand un Palestinien mène une opération de Résistance, il est souvent abattu sur le champ ou quelques heures après, ses proches – enfants compris- sont arrêtés et interrogés pendant des heures. Et enfin, la maison familiale est détruite. Une « justice » expéditive qui inflige une punition collective aux familles des Résistant-e-s palestinien-ne-s.

 

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Les mots sont importants et les géopoliticiens de comptoir qui veulent à tout prix délégitimer la résistance palestinienne car ils sont des soutiens éhontés du colonisateur, aiment à déblatérer sur « le conflit israélo-palestinien ». Ils tentent également de salir la Résistance à l’occupation pour alimenter l’islamophobie en France en parlant sans cesse d’un conflit religieux et en créant des parallèles avec les Jihadistes.

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Enfin, ceux qui prétendent être les amis du peuple palestinien et qui n’ont de cesse de souligner le caractère religieux du peuple israélien pour en faire un ennemi global sont également dans la même démarche que les autres : ils ne parlent que d’un conflit religieux leur permettant de diffuser leurs idées antisémites nauséabondes et délégitiment ainsi la lutte du peuple palestinien pour sa libération.

2 Réponses vers “#Jerusalem”

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