Séance du dimanche Le signe de Zorro (1920)

1 Fév

IMG_0066
Où il apparaît que le vrai Zorro, luttait contre l’oppression coloniale, prenait la tête d’une rébellion contre l’ordre établi et pour la justice sociale et passait pour un abruti fini pour endormir son monde lorsqu’il n’était que Diego de Vega. Or donc son fidèle Bernardo n’était pas non plus un jovial Espagnol à la bouille rondouillarde, à la tête d’ahuri servile qui faisait huihuihuihui lorsqu’il donnait des informations à son maître, mais un Indien à la mine de conspirateur qui traînait dans les tavernes pour récolter et transmettre des informations pour le compte de la rébellion.Capture d’écran 2015-02-01 à 10.46.08

En plus de ses qualités propres et du jeu de Douglas Fairbanks, ce film muet de 1920, qui reprend la nouvelle de Johnston Mc Culley (La malédiction de Capistrano) publiée l’année précédente est aussi intéressante pour saisir les changements introduits dans la fameuse série Disney des années 1950, où le héros ne se bat plus contre le pouvoir en place mais met au contraire son épée à son service contre les forces qui veulent l’usurper (le syndicat du crime et les envahisseurs russes), où il ne s’en prend pas aux propriétaires terriens abusant de leurs peones, mais défend leurs intérêts paternalistes, où les Indiens n’ont droit qu’à une présentation misérabiliste et sans aucune possibilité d’action. Chez Disney, le gentil Zorro ne trace son célèbre Z à la pointe de l’épée que sur les vêtements de ses adversaires, de braves défenseurs de l’ordre, un peu idiots, mais débonnaires. Ah, le brave sergent Garcia ! Le premier Zorro marquait ses ennemis au visage, dans leur chair, et les officiers du roi qu’il devait affronter, le capitaine Juan Ramon et le Sergent Pedro Gonzales, étaient autrement plus redoutables que les lanciers d’opérette de la série. Sans être un héros de la classe ouvrière –il est toujours le fils d’un hacendado de retour d’un séjour d’études en Espagne– le vengeur masqué des origines est nettement plus subversif –et sarcastique– que ses avatars suivants.

%d blogueurs aiment cette page :