La prison pour des jets de pierres : faux prétexte, véritable répression de la jeunesse palestinienne

23 Fév

Lina Khattab a 18 ans, Palestinienne vivant en Cisjordanie, elle est étudiante à l’Université de Birzeit. Lina est également danseuse, dans la célèbre troupe de danse populaire Palestinienne « El Fenoun ». Le 13 décembre 2014, alors qu’elle participait à une manifestation de soutien aux
prisonnier-e-s politiques palestinien-ne-s, elle fût arrêtée par l’armée israélienne. Les charges retenues contre elle, sont : « jets de pierres » et « participation à un rassemblement illégal ». On imagine bien que cette seconde charge peut être invoquée très souvent étant donné qu’aucun rassemblement contre l’occupant n’est autorisé par ce dernier, quand bien même l’occupant s’autoproclame de « seule démocratie du Moyen-Orient ».

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Le procès de Lina a été reporté 10 fois depuis le 13 décembre, à chaque fois sans aucune raison valable, puisque tous les « témoins » étaient totalement disposés à participer à l’audience. Après 10 reports, elle est passée devant un tribunal militaire d’occupation qui l’a condamné à 6 mois de prison suivis de 3 ans de mise à l’épreuve ainsi qu’à 6000 shekels d’amende (environ 1300 euros). Les trois personnes qui ont témoigné à la barre lors de son audience sont les trois soldats israéliens qui l’ont arrêté. Aucun témoignage, ni aucune preuve complémentaires n’ont été apportées à ce simulacre de procès. La condamnation de Lina n’est malheureusement pas une surprise, en effet, 99,74% des affaires traitées par les tribunaux militaires israéliens aboutissent à une condamnation, selon les propres chiffres de la Cour.

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Pendant les deux mois qui ont séparé son arrestation de son audience, Lina n’a pas pu être libérée sous caution et a donc été enfermée, tout d’abord dans la prison d’Ofer. Sa mère a pu la visiter après la période d’interrogatoire. Elle a alors trouvé sa fille amaigrie et très affaiblie. Lina témoigne avoir reçu de « violents coups » durant les interrogatoires. Elle a également été contrainte de rester des heures debout contre un mur sous la pluie et dans le froid.

Elle a ensuite été transférée à la prison d’Hasharon, où elle témoigne de « nouvelles tortures ». Les nuits qui précédaient ses convocations au tribunal, Lina était réveillée en pleine nuit et maintenue réveillée par ses geôliers. Lors de son transport entre la prison et le tribunal, et alors que l’hiver frappe durement la Palestine, ses gardiens allumaient la climatisation dans la cellule mobile, ainsi Lina arrivait au tribunal épuisée et malade.

L’accusation de « jets de pierres » est fréquemment et arbitrairement utilisée contre les Palestinien-ne-s qui participent à des manifestations contre l’occupant.

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A l’été 2014, la législation israélienne s’est d’ailleurs durcie pour punir le jet de pierre (qu’il soit avéré ou non), et désormais, la peine peut aller jusqu’à 20 ans d’emprisonnement, y compris si la cour n’est pas en mesure de prouver que le jet de pierre a endommagé un bien ou touché une personne. Cet amendement a clairement pour but de sanctionner et dissuader la jeunesse palestinienne de toute participation à un rassemblement contre l’occupant. La prison est utilisée par l’occupant israélien pour briser la société palestinienne et en particulier sa jeunesse. Rationnellement, une pierre jetée par un gamin ne devrait pas être en mesure de déstabiliser un régime qui dispose d’une armée d’occupation suréquipée.

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En décembre 2014, la jeune Malak al-Khatib, 14 ans, a également été incarcérée pour 45 jours, pour « jets de pierre » et « détention d’un couteau ». Accusations qu’elle a reconnu malgré elle, puisqu’elle a été contrainte à la suite d’interrogatoires musclés de signer un document écrit uniquement en hébreu (langue qu’elle ne maitrise pas), qui n’était autre que ses aveux.

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Le Comité des Droits de l’Enfants de l’ONU a recueilli de nombreux témoignages d’enfants arrêtés ou emprisonnés faisant état de violences physiques et verbales, humiliations, menaces de mort, tête maintenue dans un sac, agression sexuelle contre eux ou des membres de leur famille, accès restreint à la nourriture, l’eau ou les toilettes.

Rappelons que plus de 6500 prisonniers politiques palestiniens sont incarcérés dans les geôles israéliennes, parmi lesquels se trouvent 200 mineurs.

Participez à la campagne internationale pour soutenir Lina Khattab :

Soutien sur Facebook

Pétition en ligne

Pour écrire à Lina Khattab, parce que des lettres de soutien qui viennent de loin font toujours du bien au moral:

Lina Khattab
HaSharon Prison
Even Yehuda
P.O. Box 7
40 330 Israel

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2 Réponses to “La prison pour des jets de pierres : faux prétexte, véritable répression de la jeunesse palestinienne”

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  1. Salah Hamouri: un exemple du combat quotidien mené par le peuple palestinien | quartierslibres - 28 mars 2015

    […] incarcéré pour la troisième fois. Il n’en n’était pas à son premier contact avec la répression militaire de l’occupant. À 15 ans, il reçût une balle dans la jambe. À 25 ans, il avait ainsi cumulé 7 années de […]

  2. Séance du dimanche. The Gatekeepers (les gardiens) 2012 | quartierslibres - 12 avril 2015

    […] leur retour sur certaines actions liées à la guerre sale contre les activistes palestiniens -la torture, les bombardements et les assassinats ciblés […]

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