Les Chevaliers de Roubaix – et ces croisades sécuritaires qui, le jour présentent une noble face, et la nuit confondent délinquance et immigration

26 Fév

Un reportage de l’agence IM’média ( 7 min. 30 » – 1989 )

 

 

Enquête : Ahmed Boubeker
Image : Samir Abdallah
Son : Mohamed Chekkoumy
Montage : Marion Prost
commentaire voix off : Mohamed Kamel

Imaginez le chevalier Bayard troquant son cheval contre un taxi et Big brother d’Orwell truffant de caméras espionnes les rues de Roubaix, vous découvrirez Bernard Dewaele, le président de l’association Les Chevaliers de Roubaix. Ce champion du tout sécuritaire a en effet reconverti une milice de gros bras, fondée en 1983, en « service d’aide aux victimes d’agressions ». Il nous fait découvrir les locaux de son association ou une trentaine de stagiaires TUC (ancêtre des emplois-jeunes) font le guet derrière des écrans vidéo et répondent aux appels de détresse des vieillards équipés d’un système d’alarme qu’il leur fournit. Au volant de son taxi, Dewaele nous promène à travers Roubaix pour nous livrer ses réflexions sur la délinquance et le racisme qui en découle, et pour nous présenter aux personnes auxquelles il porte assistance.

Défenseur de la veuve et de l’orphelin, prétendant incarner à travers ses déambulations bonhommes une nouvelle force tranquille, Bernard Dewaele est soutenu par la municipalité comme nous le confirme Mr. Le maire André Diligent (CDS) lors d’un banquet des Chevaliers -en pleine campagne électorale des municipales 1989-.

Cependant, les jeunes du quartier de l’Alma-Gare, sarcastiques, renvoient des Chevaliers une tout autre image : celle de gens qui, se substituant à la police, se prennent pour l’acteur Charles Bronson dans « Justicier dans la ville »… en « moins sophistiqués, moins classe ». Faut-il rappeler le titre original de ce film : « Death Wish » (« Envie de meurtre ») ?
Les Chameliers de Roubaix, militants de l’association Texture, réclament quant à eux la dissolution de la milice des Chevaliers. Et avec des comités d’habitants, ils entendent interdire l’accès aux quartiers populaires à ces croisades sécuritaires qui, le jour présentent une noble face, et la nuit confondent délinquance et immigration.

agence.immedia@free.fr

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  1. 96 degrees in the shade : un été chaud pour les nôtres | quartierslibres - 16 juillet 2015

    […] est longue de ceux de nos quartiers qui sont décédés lors de confrontations avec la police ou des justiciers durant le Ramadan. Il suffit de se rappeler Zyed Benna et Bouna Traore. Cette année on cumule : […]

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