Halte à la censure à l’université !

9 Mar

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RDV à 18h lundi 9 mars à Paris 8

Une nouvelle fois, la présidence de l’université de Paris 8 Saint-Denis bafoue le principe de liberté d’expression, en interdisant deux jours avant la date prévue, une conférence organisée par le collectif Palestine Paris 8, en partenariat avec d’autres organisations de soutien au peuple palestinien. Cette conférence a pour objectif de dénoncer la politique d’apartheid de l’Etat israélien à l’égard des Palestinien-ne-s. Elle compte parmi ses invité-e-s Bilal Afandi, jeune militant palestinien, Max Blumenthal, journaliste étasunien, et une intervenante de la campagne BDS (Boycott Désinvestissement Sanctions contre la politique d’apartheid de l’Etat israélien).

Les motivations de la présidence à censurer cet événement n’ont jamais été claires. S’exprimant par la biais de la Maison de l’étudiant, qui lui sert d’intermédiaire pour mettre sous tutelle et contrôler l’initiative étudiante, la présidence de l’université a tantôt évoqué un manque de salle disponible, un intervenant (en la personne de Max Blumenthal, dont les textes sont pourtant publiés dans de nombreux journaux aux Etats-Unis) « controversé », une communication « non conforme », des risques de troubles à l’ordre public… Outre cette censure bureaucratique, la présidence n’hésite pas non plus à employer des moyens répressifs directs, comme le fait de mandater des agents de l’université pour arracher nos supports de communication de l’événement.

Dans le contexte actuel, interdire une telle conférence revient à s’aligner sur la politique de récupération des attentats des 7 et 9 janvier 2015, qui veut imposer définitivement une liberté d’expression à géométrie variable. « Nous sommes Charlie », peut-on encore lire sur des grandes affiches placardées sur les murs de la fac. Ce message ne signifie-t-il pas que l’université affiche son soutien à un journal controversé ? Faut-il comprendre que la controverse n’est valable que lorsqu’elle va dans le sens de l’idéologie dominante ?

Ainsi, selon la présidence, la liberté d’expression s’arrête au moindre risque d’ébranler, à l’échelle de la fac, la politique de l’Etat israélien. Pire encore, cette conférence a l’audace de s’inscrire dans le cadre de la « Israeli Apartheid Week », une semaine internationale de lutte et de réflexion contre la politique d’apartheid d’Israël, qui se tient dans de nombreuses autres universités dans le monde, notamment en Angleterre, aux Etats-Unis, en Palestine, en Afrique du Sud, et dans plusieurs pays d’Amérique Latine. Depuis 2012 (la présidence de l’université avait alors décidé de fermer l’université pour interdire un colloque), les pressions et les tentatives de censure sont devenues systématiques, lorsqu’il est question d’évoquer la sujet de l’apartheid en Palestine

Mais nous ne nous laisserons pas domestiquer par la présidence de l’université, vautrée dans ses objectifs de normalisation (sécuritaire, « austéritaire », bureaucratique et idéologique) de la fac de Saint-Denis. Et puisqu’elle préfère céder aux pressions et donner raison aux défenseurs de la politique israélienne, nous prenons de notre côté nos responsabilités. Nous appelons donc au maintien de cette conférence et à une participation massive, dès 18h, à un rassemblement devant le bâtiment D de la fac pour affirmer notre droit de parler de sujets « controversés », notre droit d’exprimer notre solidarité à l’égard du peuple palestinien, notre droit à l’auto-organisation et à l’indépendance du mouvement étudiant.

Signataires :
Association des universitaires pour le respect du Droit international en Palestine (AURDIP), Americans against the war (AAW France), Fédération Solidaires étudiant-e-s – Syndicats de lutte, Collectif Palestine Paris 8, Génération Palestine, Union Juive française pour la paix (UJFP), Nouveau Parti anticapitaliste Paris 8, CEDETIM, CPPI Saint-Denis, Association des Marocains de France (AMF), Association France Palestine Solidarité (AFPS Paris centre, 63, 81), Sortir du colonialisme, Collectif Caladois pour le peuple palestinien, Collectif Judéo-arabe et citoyen pour la Palestine, Campagne BDS,…

http://bdsfrance.org/index.php?option=com_content&view=article&id=3548%3Ahalte-a-la-censure-a-luniversite-rdv-a-18h-lundi-9-mars-a-paris-8&catid=49%3Aactualites&lang=fr

http://mondoweiss.net/2015/03/university-featuring-blumenthal

http://www.bdsfrance.org/index.php?option=com_content&view=article&id=3547%3Acensure-a-paris-8-lettre-de-jim-cohen-a-la-direction-de-luniversite&catid=49%3Aactualites&lang=fr

En anglais :

Stop to the censorship at the university

Once again, the Presidency of the University of Paris 8 Saint -Denis violates the principle of freedom of expression by prohibiting, two days before the scheduled date, a conference organised by the collective Palestine Paris 8, in partnership with other organisations in support of the Palestinian people. This conference aims to denounce Israeli State apartheid policies against the Palestinian people. The conference gives the stage to Among Bilal Afandi, a young Palestinian activist, Max Blumenthal, US citizen journalist and an advocate of the BDS campaign (Boycott Divestment Sanctions).

The Presidency’s motivations to censor this event have never been clear. Speaking through the Student Centre, an intermediary to put him under supervision and control student initiatives, the Presidency has sometimes referred to a lack of available room, a questioner being too controversial (in the person of Max Blumenthal, whose texts are yet published in many newspapers in the United States ), « non- compliant » communication or risk disturbances to public order. Besides this bureaucratic censorship, the Presidency does not hesitate to use direct repressive means, like mandating agents to tear off our posters of the event.

In the current context , to prohibit such a conference means align the distortion policy on the terrorist attacks, that took place on the 7 and 9 January 2015, which means definitely impose a double standard freedom of expression. « We are Charlie  » can still be read on large posters plastered on the college’s wall. This message does not this mean that the university shows its support for a controversial newspaper? Does it mean that the controversy is only valid when it goes in the direction of the dominant ideology ?

Thus, according to the Presidency, freedom of expression stops at slightest risk of disturbing -at the scale of the college, the Israeli state policy. Worse that this, this conference has the audacity to be within the framework of the  » Israeli Apartheid Week » , an international week of struggle and reflection against Israeli policies of apartheid , which is held in many other universities across the world, including England, the United States, Palestine, South Africa and several Latin American countries . Since 2012, (when the university president had decided to close the university to ban a conference), pressures and attempts at censorship have become routine when it comes to raise the issue of apartheid in Palestine

 But we will not let ourselves be domesticated by the university presidency, wallowing in its normalisation goals ( safe ,  » austéritaire  » bureaucratic and ideological) of the college of Saint-Denis. And since the Presidency prefers to bow to pressure and to agree with defenders of Israeli policy, we take our responsibilities. We, therefore, call for the maintenance of this conference and massive participation, starting at 18pm, at a rally in front of the D building of the university to demands our right to talk about « controversial » topics, our right to express our solidarity with the Palestinian people, our right to self-organisation and independence of the student movement .

 

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