Coincés à Alger + Alger-Paris: le Retour

25 Mar

– Coincés à Alger, de Merzak Allouache 11 min – juin 1989
– Alger-Paris: le Retour 3 min 34 », de Joy Banerjee et Mogniss H. Abdallah – Été 1991

Alger, printemps 1989. Momo, Kamel, Rachid et les autres restent bloqués en Algérie à cause de problèmes familiaux et administratifs complexes. La plupart sont des « expulsés Pasqua », du nom du ministre de l’intérieur qui entre 1986 et 1988 a expulsé du territoire des milliers de jeunes de nationalité étrangère, bien que nés ou ayant grandi en France. Dans l’attente d’un retour hypothétique au pays de leur enfance où ils ont toutes leurs attaches, ils traînent leur blues dans les rues bondées du centre-ville. Avec une bonne dose d’auto-dérision, ils survivent dans des locaux désaffectés autour de la Grande Poste, d’où ils téléphonent régulièrement à leurs parents et ami-e-s outre-Méditerrannée. Ils suivent aussi de près l’actualité en France. Kamel, le « Bee Gees » du groupe, lance un appel au nouveau ministre socialiste (et protestant) de l’intérieur Pierre Joxe pour une loi plus « décontractée », plus « cool ».

En effet, de concert avec les associations de défense des étrangers, une réforme de la loi Pasqua est en cours de négociation. Elle sera adoptée le 8 août 1989, mais elle oublie les « expulsés Pasqua » et les double peine, ces « quasi-Français » expulsés après une peine de prison d’un an ou plus.

Le cinéaste Merzak Allouache filme ces portraits avec une caméra légère vidéo 8, s’engouffrant dans la brèche démocratique brièvement ouverte après la révolte d’octobre 1988 en Algérie. Son document, produit par l’agence IM’média, est diffusé à l’émission Rencontres sur FR 3, en plein débat parlementaire sur la loi Joxe. Dans la cité de Bobigny où Momo a son nom « gravé sur les arbres », c’est l’émoi. Des voisins préviennent la famille: « Vite, venez voir, Momo passe à la télé!»

Via FR3, contact est aussitôt pris avec l’agence IM’média, qui collabore avec le collectif Résistance des Banlieues et le futur Comité national contre la double peine.

Momo de Bobigny rentre par la suite clandestinement en France, retrouve sa famille et, après avoir fait le tour des associations qui lui disent « désolé mais on ne peut rien faire pour vous », il rejoint ce comité au printemps 1991. Il obtient d’abord des papiers provisoires et une assignation à résidence, mais il se bat aussi aux côtés des principaux concernés pour une régularisation de plein droit et une amnistie collective pour tous les double peine.

Sur le même sujet, le Comité national contre la double peine et l’agence IM’média ont produit plusieurs films, dont Expulsés parmi nous (18 min. – septembre 1990) avec notamment Mohamed Hocine alias Momo des Mûreaux, et Y’en a Marre de la double peine (34 mn – 1993) avec Tarek Kawtari.

Contact : agence.immedia@free.fr

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