Salah Hamouri: un exemple du combat quotidien mené par le peuple palestinien

28 Mar

L’occupation israélienne a de multiples facettes, championne en matière de répression, d’humiliation, de discriminations, elle n’oublie pas d’injecter à dose régulière son venin qui pourri quotidiennement la vie des Palestinien-ne-s.

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À 19 ans, Salah Hamouri était arrêté et incarcéré pour la troisième fois. Il n’en n’était pas à son premier contact avec la répression militaire de l’occupant. À 15 ans, il reçût une balle dans la jambe. À 25 ans, il avait ainsi cumulé 7 années de prison. Salah n’est pas un cas isolé. La plupart des Palestinien-ne-s ont connu la violence physique et psychologique, la prison, la frustration, les restrictions de mouvement. Tout le monde y a le droit, sans raison particulière, chacun se demande quand ça va lui tomber sur le nez, et quand ça arrive, personne n’est réellement surpris, ça fait partie du quotidien. Et cela n’a rien à voir avec de la fatalité. Bien au contraire, c’est plutôt une protection, histoire d’accuser le choc, et ne pas tomber de trop haut.

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Ce 27 mars 2015, Salah Hamouri était convoqué au poste militaire israélien « Al Moskobié » bien connu des anciens prisonniers politiques palestiniens. Il avait reçu un appel la veille, le convoquant au plus vite, pour lui remettre l’ordre militaire qui lui interdit d’entrer en Cisjordanie pour les six prochains mois, à compter du jour même. Bien sûr, aucun jugement n’a eu lieu. Cet ordre émane d’un commandement militaire qui n’offre pas à « l’accusé » la possibilité de mettre en place une quelconque défense. La raison invoquée est « pour la sécurité de l’État et des citoyens d’Israël ».
Drôle de paradoxe que de condamner une personne que l’on juge dangereuse à avoir comme unique choix de résider en Israël.

Bien entendu, la raison invoquée est une foutaise. Et c’est cette même raison qui est donnée à chaque fois que l’occupant n’a rien de concret à reprocher à un-e Palestinien-ne, mais qu’il souhaite néanmoins lui pourrir la vie. Ces derniers mois, une dizaine de jeunes de Jérusalem ont reçu un ordre similaire, les contraignant quant à eux, à quitter Jérusalem. La seule logique de l’occupant est de déraciner ces jeunes, les éloigner de leur vie socio-professionnelle et familiale. Les six mois sont provisoires, rien n’est jamais sûr, ils doivent réadapter leur vie à ces nouvelles règles et sont dans l’insécurité permanente sur ce qu’il se passera après.

Salah Hamouri habite Jérusalem, mais depuis sa sortie de prison, il étudie le droit, à Ramallah (branche de l’Université d’Abu Dis). À quelques mois de son examen final, qui devrait faire de lui un avocat, il voit donc son parcours universitaire arbitrairement stoppé en pleine course. En plus de son université, Salah a en Cisjordanie de nombreux ami-e-s qui eux n’ont pas le droit de sortir de Cisjordanie ni même d’aller à Jérusalem.

Salah Hamouri est Palestinien par son père et Français par sa mère, mais étant Jérusalemite, il ne dispose pas de la nationalité palestinienne, mais d’une carte de résident, délivrée sous maintes conditions par l’administration israélienne. Il est donc légalement uniquement Français. Cette particularité ne lui avait que peu servie lors de ses 7 années d’incarcération. Les autorités françaises le traitant comme un citoyen de seconde zone. Seule la mobilisation populaire avait permis d’illustrer la notion de solidarité.

Parrainage prisonniers palestiniens

Les autorités étaient quant à elles, trop occupées par le cas du soldat franco-israélien, capturé par la résistance palestinienne alors qu’il patrouillait sous l’uniforme de l’occupant.
Il y a fort à parier que cette fois-ci, encore, les autorités françaises ne déplaceront pas des montagnes pour protéger Salah Hamouri et exiger que ses droits fondamentaux, à commencer par le droit à la justice, le droit de se déplacer et celui d’étudier, lui soit rendus.
Une fois encore, seule la mobilisation populaire sera en mesure, ci ce n’est de faire bouger des montagnes, mais au moins de répandre l’information. Ce qui arrive aujourd’hui à Salah, arrive quotidiennement aux Palestinien-ne-s, dans l’impunité la plus totale.

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L’occupation, son machiavélisme, son impunité n’ont que trop duré. Si le gouvernement français est trop occupé à congratuler Netanyahu pour sa récente réélection, alors l’État français trouvera encore et toujours sur sa route des militant-e-s anticolonialistes, anti-impérialistes, antiracistes, des acteurs de la campagne BDS et d’autres nombreux mouvements de solidarité avec le peuple palestinien en lutte pour sa libération et pour son indépendance.

Seuls ceux qui luttent savent...

Seuls ceux qui luttent savent…

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