Séance du dimanche. 1984

19 Avr

La loi sur le renseignement, on est priés de le croire, est faite pour protéger les citoyens qui n’on rien à se reprocher. Ceux qui mettent en garde le gouvernement sur le danger qui consiste à exposer potentiellement tout le monde à la surveillance de l’État n’ont rien compris (ou mériteraient d’être surveillés de plus près). Il s’agit juste de pro-té-ger les braves gens contre tous les dangers qui les guettent. Et pour être pro-té-gés, il faut faire confiance aux services de sécurité de l’État. Accepté d’être écouté et tracé sur son téléphone, de voir ses consultations de sites analysées et répertoriées par de gentils robots assermentés qui n’ont pour but que de confirmer que vous n’êtes pas un terroriste, que vous pensez droit et ne représentez aucun danger pour ceux qui pensent pour vous. C’est très bien tout ça : l’État garantit votre sécurité jusque chez vous, dans vos ordinateurs, sur vos téléphones, dans vos voitures. En plus des dispositifs rassurants, aimablement disposés sur la voie publique, des caméras et des patrouilles débonnaire de Vigipirateux en treillis camouflage, le gouvernement national-hollandiste s’invite désormais à la maison. Tout fraternellement, naturellement, comme un grand frère qui veillerait sur nous. Un grand frère, un grand frère, un grand frère…

Évidemment, ça n’a rien à voir, et loin de nous l’idée de nous opposer à cette saine protection comme la chorale des subversifs composés de mauvais sujets aussi différents que les pétroleuses de la sulfureuse CNIL, les centristes au couteau entre les dents de l’UDI, l’ex-juge antiterroriste ravacholien Marc Trevidic ou le spartakiste du FN Philippot (qui parle de « flicage à tous les étages », preuve que le ridicule ne tue pas), mais cette bonne nouvelle nous a donné envie de revoir un film de Michael Radford intitulé 1984 et sorti en 1984, sans doute pour des raisons de cohérence.
Un film qui raconte des choses qui, elles n’ont plus, n’ont rien à voir : l’histoire d’un Grand Frère (Big Brother, en V.O.) qui contrôle les moindres faits et gestes des citoyens, d’Oceania, un État qui n’a rien non plus à voir avec la France de little brother Valls, puisque sa capitale est Londres. Le cauchemar dans lequel se débattent les personnages du film, est inspiré du roman de Georges Orwell du même nom. Un roman ! Ah ! Vous voyez : ça n’a rien à voir avec la réalité, un peu de surveillance, ce n’est pas un cauchemar, au contraire : il suffit de voir le bonheur qu’a apporté le Patriot Act aux États Unis. Non ? Ça n’a eu aucune efficacité, sauf sur le contrôle de la société ? Ah… vous êtes sûr ? De toute façon, ça n’a aucune importance, ici votre Grand Frère vous regardera bien mieux…

-film complet (avec des sous-titres grecs)

-Film incomplet mais en français

 

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3 Réponses to “Séance du dimanche. 1984”

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    […] de l’état d’exception permanent, on peut renvoyer à une séance précédente : 1984. C’était le bon temps par rapport à maintenant: c’était juste la loi sur le […]

  2. Séance du dimanche. Léon Degrelle, la führer de vivre | Quartiers libres - 29 novembre 2015

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