Islamophobie et judéophobie – L’effet miroir / Ilan Halevi

20 Juin

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Présentation :

Illustration parmi tant d’autres de la parenté entre islamophobie et judéophobie, la question juive hier, celle de l’islam aujourd’hui, sont des lieux privilégiés du « délire idéologique ». On ne saurait donc appréhender la réalité de l’islamophobie actuelle sans passer par le détour de l’antisémitisme, dont elle est largement un avatar tardif et une mutation coloniale.

L’auteur nous invite à relire avec les yeux d’aujourd’hui les Réflexions sur la question juive de Sartre qui évoquait les fureurs discursives antijuives en France. Omniprésente dans le discours public et dans les politiques d’État, l’islamophobie est exacerbée par les crimes réels commis au nom de l’islam par une nébuleuse de groupuscules et d’organisations directement ou indirectement manipulées par des États.

Comme sa sœur jumelle, la judéophobie, l’islamophobie apparaît comme la nouvelle forme de la peste raciste, la résurgence d’un virus social dont la nocivité est notoire, opérant désormais à l’échelle globale. Certes, comme tout parallèle, celui-ci connaît des limites.

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Il ne s’agit pas ici de poser une équation entre la situation des musulmans aujourd’hui et celle des juifs hier, mais entre deux ensembles racistes qui fonctionnent de façon identique en dépit des différences entre leurs objets. Il ne s’agit pas seulement de protéger les musulmans et de s’opposer à la guerre des civilisations par la recherche d’un nouvel non-alignement. Ce qui est au centre des préoccupations de l’auteur, c’est le caractère même des sociétés que le racisme gangrène, et qui menace la vie commune en Europe. Dans la perception des peuples arabes, la guerre au Liban, en Palestine et en Irak est une et les ennemis en présence sont les mêmes. Cette fusion des fronts conforte l’islamophobie en même temps qu’elle installe la guerre des civilisations dans les têtes.

Annoncée à Barcelone il y a plus de dix ans, l’Euro-Méditerranée transformerait pourtant la ligne de fracture entre les rives de ce lac intérieur en trait d’union, et réconcilierait les fragments écartelés d’une mémoire commune, en conjuguant la multiplicité et la diversité des identités sur le mode de la complémentarité. C’est justement le principe de ce que la langue française appelle une mosaïque.

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