Archive | juillet, 2015

Barbès Blues au temps du couvre-feu (partie 16) / Farid Taalba

23 Juil

Algérie indépendance

Barbès Blues au temps du couvre-feu (épisode précédent)

Madjid lui raconta toute son aventure et comment il en était arrivé à convoyer de la contrebande spéciale. Puis, il en vint au fait : « Toi, tu es debout depuis l’aube, tu as balayé les rues du quartier, tu sais où sont postés les condés. Dis-moi où ils sont pour que je les évite !

– Non, je te propose mieux encore. Dans la cour de l’immeuble du café, j’ai garé ma poubelle à roulettes. On met la valise dedans bien enfouie, bien cachée sous les ordures, et fissa on passe à la barbe des képis. Moi, ils n’arrêtent pas de me voir, ils ne font plus attention à moi. Toi, il vaut mieux que tu te présentes à eux avec seulement tes papiers dans la poche. J’irai le premier et tu me suivras.

– Oui, je suis d’accord, mais c’est maintenant ou jamais !

– Alors, allons-y ! ». Lire la suite

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Nos quartiers ne sont pas des stands de tir

22 Juil

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R.A. The Rugged Man (ft. Talib Kweli) – Learn Truth

21 Juil

MASSACRE A SURUC, 20 juillet 2015

21 Juil

Un nouvel attentat barbare a été perpétré aujourd’hui à SURUC (Turquie) , face à Kobanê, faisant des dizaines de morts, essentiellement des jeunes de la Fédération de l’Association des Jeunes Socialistes ( SGDF) qui tenaient une conférence de presse pour annoncer leur engagement dans la reconstruction de Kobanê.

Suite à la défaite cuisante infligée aux forces barbares de DAESH à Shengal (Sindjar), Kobanê, Girê Spî, par les YPG (Unités de Défense du Peuple), le gouvernement de l’AKP et ERDOGAN ont coordonné un nouveau massacre dans la ville de Suruc ( Pirsus). Alors que plus de trois cent jeunes, en très grande majorité des jeunes Socialistes du SGDF, étaient rassemblés au Centre Culturel d’Amara pour Lire la suite

Thomas Sankara : « la dette est un néo-colonialisme »

20 Juil


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Discours de Thomas Sankara sur la dette (29 Juillet 87) – Français sous-titré en anglais

A l’heure de la mise sous tutelle de l’économie grecque, il faut prendre le temps d’écouter le discours de Thomas Sankara, le révolutionnaire anti-impérialiste Burkinabé en juillet 1987. Dans une tribune adressée à l’Organisation de l’Union Africaine, il explique le poids de la dette sur les pays africains et la façon dont elle permet aux pays occidentaux d’exercer une pression sur les pays en voie de développement. La dette devient un moyen d’assujettir et de garder sous contrôle un pays tiers. Elle devient le moyen d’exiger, en échange de nouveaux délais de remboursement, des réformes insoutenables, la vente de bien appartemant à l’Etat, des partenariats commerciaux biaisés, une baisse des droits de douane, la libéralisation de l’économie. Thomas Sankara, n’est pas un prophète, mais c’est un homme lucide, en juillet 1987 il affirme déjà que la dette est un « néo-colonialisme », il s’adresse aux autres représentants des pays africains en leur disant que s’il est le seul à s’opposer au règlement de la dette, demain il sera mort…. Les faits lui donnent malheureusement raison, il sera assassiné lors du coup d’état de Blaise Compaoré le 17 octobre 1987 avec la complicité de la France. Ainsi en va-t-il de ceux qui s’opposent aux intérêts économiques des grandes puissances capitalistes, privées ou publiques. Les systèmes d’oppression évoluent, ce qu’il n’est plus possible d’imposer par la force, le sera par l’économie. Et si la pression économique échoue, il restera toujours la force.

Le capitalisme ne vit que parce qu’il conquiert de nouveaux marchés. Toutes proportions gardées, l’Europe incapable aujourd’hui de s’ouvrir de nouvelles perspectives économiques, tétanisée par l’essor des BRICS et la puissance des Etat-Unis pratique une nouvelle forme de colonialisme, assignant la place de bons et mauvais citoyens, au sein même de ses frontières. La Grèce fait partie des citoyens de seconde zone. Il est urgent de relire Sankara pour saisir ce qu’il se joue en Grèce. La dette est un outil de domination économique. Le livre du sociologue américain David Graeber « Dette 5000 ans d’histoire » paru en 2013 situe le principe de la dette au coeur de l’économie capitaliste et de la domination économique.

Le phénomène de la dette, le fascisme, le colonialisme, le racisme ne sont que des formes de la domination capitaliste, il faut rappeler ce qu’ils sont : des formes d’oppression qui servent à assurer la continuité d’une domination économique.

Le premier ministre grec Alexis Tsypras pour habile tacticien qu’il soit, témoigne de l’impossibilité d’un changement issu des élites politiques, fussent-elles issues d’un parti de gauche. Pas de perspective de changement s’il manque le soutien et la force de volonté des classes populaires, des travailleurs et des chomeurs. Ce n’est dans une réunion de l’eurogroupe que pourront avancer les conditions sociales du peuple grec.

La dette est un nécocolonialisme elle est utilisée pour menacer et faire taire les peuples, exiger d’eux des réformes antisociales et étouffer leur possibilités de révolte.

Séance du dimanche. Debtocracy

19 Juil

Debtocracy_poster Le 14 juillet 2015, ce n’est pas à un démontage de prison qu’on a eu à faire, mais à la mise sous séquestre de tout un peuple. Les dirigeants de l’Eurogroupe, agissant comme chargés d’affaires des intérêts financiers qui détiennent les créances de l’État grec ont purement et simplement décidé de prendre le contrôle de la vie des Grecs. La démocratie ? Quelle démocratie ? Au cas où quelqu’un aurait encore un doute sur la question, l’Union –Bancaire– Européenne vient de tomber définitivement le masque. On oublie les discours lénifiants sur la construction européenne comme remède aux nationalismes et à la guerre. Il y a longtemps que les « extra-communautaires » le savent : l’UE, c’est une forteresse où les pauvres de l’extérieur ne sont pas les bienvenus, où ceux qui ont réussi à passer la porte sans se noyer sont traités comme des animaux, et gare à ceux qui voudraient s’y opposer. Les pauvres de l’intérieur le savent désormais : l’Union Européenne c’est la guerre économique, c’est une machine de guerre destinée à saigner les peuples pour le compte des organismes spéculatifs. L’exemple de la Grèce le montre clairement : s’il faut se passer des apparences de la démocratie, ce n’est pas un problème. S’il faut prendre prétexte de la position du gouvernement finlandais –préoccupé par une défection du parti des Vrais Finlandais, qui n’ont de « vrai » que leur ancrage à l’extrême droite– pour écraser le gouvernement démocratique d’Athènes, aucun problème. Le service après-vente médiatique est là pour faire de la « pédagogie » auprès des futures victimes et expliquer qu’il faut que les Grecs « arrêtent de danser le sirtaki » et payent « leurs » dettes. Toujours plus de « crise » pour toujours plus de « dette » pour un départ à la retraite de plus en plus tardif et dans des conditions de plus en plus précaires. Un droit du travail de plus en plus adapté aux circonstances (c’est-à-dire massacré), un dynamitage minutieux de tout ce qui ressemble de près ou de loin à des services publics –éducation, santé, transports– au profit de compagnies privées. Le paradis macroniste est à l’horizon, et on nous annonce qu’il est là pour durer. Tout le monde se réjouit de voir la Grèce rester dans « l’Europe » : les socialistes et les Verts ont même voté pour le plan qui va saigner les classes populaires grecques, le PCF, après avoir dit qu’il voterait pour, a fini par se diviser entre vote contre et abstention, le tout après pas mal de tergiversations… Un plan de casse sociale que même Thatcher n’aurait pas osé imaginer. Ça n’étonnera ni les Portugais, ni les Espagnols, ni les Italiens, qui sont dans la même situation, à peu de chose près. Les prochaines victimes se trouvent en France, en Allemagne, en Belgique, au Danemark, etc. vieil homme banque En écrasant les classes populaires enfermées dans des frontières qui ne servent qu’à faire appliquer ces mesures ultra-libérales, les créanciers, leurs petits commis politiques et les responsables médiatiques du service après-vente contractent une dette de sang. Ce genre de dette aussi se paye un jour. Cash et avec les intérêts. Debtocracy, sorti en 2011, est le premier documentaire des réalisateurs de Catastroika, Katerina Kitidi, Aris Chatzistefanou. Il analyse la crise dans laquelle la dette a plongé la société grecque en 2010 et cherche des exemples de cas où d’autres pays ont pu imaginer –même dans un cadre social-démocrate– des solutions pour sortir du cercle vicieux spéculatif. Une fois encore, les réalisateurs pointent vers l’Équateur et l’Argentine, qui ont attaqué le mal à la racine, en réalisant une analyse politique de ce qu’est la dette et en refusant d’en rembourser une grande partie. Le gros avantage de ce genre d’analyse, c’est qu’elles montrent que ce qu’on nous raconte en permanence est faux : le capitalisme n’est pas une fatalité, ce n’est pas une catastrophe naturelle, c’est un choix politique, et derrière les choix politiques, il y a toujours des intérêts et des personnes chargées de les défendre.

Livre du samedi : Irak, la revanche de l’histoire / Myriam Benraad

18 Juil

Irak, la revanche de l’histoire : de l’occupation étrangère à l’Etat islamique / Myriam Benraad

irak : revanche de l'histoire

Présentation par l’éditeur:

L’État islamique, ou Da‘ech, apparaît aujourd’hui, dans les médias et les représentations politiques, comme  Lire la suite

Aïd Moubarak عيد مبارك

17 Juil

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Bonne Fête de l’Aïd el Fitr à tout le monde (même à celles et eux qui n’y croient pas)

Un moment de fête à passer ensemble, c’est toujours ça de pris sur l’adversité !

Prenez soin de vous et de vos proches !

 

APPEL A MOBILISATION : VERITÉ ET JUSTICE POUR LA FAMILLE MALKI

16 Juil

Nous relayons l’appel du comité de soutien de la famille Malki :

 

Le Mardi 14 juillet 2015 vers 01h00, dans le centre commercial « Ulis ville » aux Ulis, Tarik Malki subit une attaque violente et injustifiée de la part des forces de police.

Alors que les policiers tentaient de mettre fin aux violences dans la nuit de lundi à mardi, plusieurs individus s’en seraient violemment pris au commissariat des Ulis. Tarik Malki n’avait rien à voir avec ces événements, nous avons grandi aux Ulis, nous aimons notre ville et nous ne pouvons accepter de la voir sombrer dans le chaos.

On peut se demander quels étaient les motivations de ces policiers et sur quels critères ils décidèrent de tirer sur Tarik, un jeune sans histoires originaire du quartier des Amonts. Aujourd’hui, il est défiguré et il risque d’être inculpé pour violences mais les témoignages démontrent son innocence.

Tarik sortait de la prière, à la faveur de la « nuit du destin ». Il est parti de la mosquée avec deux amis pour se rendre dans un salon de thé exceptionnellement ouvert la nuit pendant le ramadan.

Les policiers ont fait usage d’armes qui tirent des projectiles, les consignes d’utilisation policière interdisent de viser la tête. Tarik Malki a reçu une balle en plein visage à moins de 10 mètres. Nous enquêtons encore sur la nature du projectile car les blessures infligées sont atroces.

Les policiers connaissaient ses directives mais ils ne les ont pas respectées, ces atteintes se généralisent dans notre pays depuis plusieurs années.

Une enquête judiciaire est en cours et l’IGS a été saisie, mais déjà la police nous montre son corporatisme et sa perfidie. Après être sortie de l’hôpital Tarik c’est rendu au commissariat avec son frère pour porter plainte et il s’est retrouvé en garde à vue !

Nous voulons des réponses, que la justice soit à la hauteur, car ses policiers là, ne sont pas dignes de porter le nom de « gardien de la paix ».

La liberté, l’égalité et la fraternité ne s’arrêtent pas aux contours de nos quartiers populaires, les rafles, la « punition collective », les traitements spécifiques sécuritaires, les arrestations arbitraires et le non-respect des droits, n’ont pas leur place dans une démocratie digne de ce nom. La justice doit le démontrer et elle a les moyens de le faire dans cette instruction. Nous resterons vigilants et mobilisés.

Face à la répression sécuritaire et au déferlement de violences policières qui restent impunies, nous avons besoin d’unir nos forces. Nous devons les dénoncer et nous y opposer par l’organisation collective.

Une marche est organisée samedi 18 Juillet, à 14h30, de la place de la mairie au centre commercial Ulis ville. Cette marche lente et pacifique nous rassemblera autour de Tarik Malki et sa famille.

Nous condamnons fermement les comportements violents et irresponsables qui peuvent se produire en marge des rassemblements de soutien aux victimes. Car si, en de telles circonstances, la colère est légitime, la violence, elle, ne l’est pas !

NOS EXIGENCES:

– L’abandon des charges contre Tarik Malki,

– La reconnaissance du statut de victime pour Tarik Malki et sa famille,

– La condamnation des policiers concernés, pour blessure volontaire ayant entrainé une défiguration permanente.

 

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96 degrees in the shade : un été chaud pour les nôtres

16 Juil

En ce début d’été, on cumule la chaleur et le mois de Ramadan, le tout sur fond de restriction budgétaire dans nos communes.
On cumule. Parce que si on aime bien le soleil, nos magnifiques grands ensembles, cités HLM et autres blocs urbains ne sont pas super bien conçus pour un climat chaud. La concentration urbaine organisée de la misère rend nos quartiers plus étouffants quand le mercure grimpe au dessus de 30°c.
De quoi rendre le climat un brin tendu et de jeter tout le monde dehors, sur la dalle ou dans les rues. Quand on est entre nous ça va, il y a quelques frictions mais tout reste de l’ordre de l’embrouille entre voisins.
Mais comme on vit dehors, sur la voie publique, on est obligés de compter avec les forces de l’ordre qui viennent s’immiscer dans notre quotidien. Ce n’est pas toujours facile, d’autant qu’en fonction de l’histoire du quartier la présence de la police prend souvent des allures de force d’occupation.
C’est durant le mois de Ramadan que les passages à l’acte d’agressions racistes et sécuritaires sont les plus nombreux.
Le mois de Ramadan qui est un moment joyeux dans le quartier titille les haines d’une partie de la population hostile aux habitants des quartiers populaires qu’ils imaginent être une 5ème colonne dans la société française.
Là où tout se complique pour nous qui vivons dans ces quartiers, que nous soyons musulmans ou non, c’est que bon nombre de ces gens nourrissant une animosité à notre encontre bossent dans la police ou la gendarmerie

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Par expérience nous savons que les policiers sont rarement nos amis. Il n’y a que les idiots de la dissidence pour penser que les « corps constitués » peuvent être des alliés.
Le mois de Ramadan est souvent un mois conflictuel avec la police française. Ce n’est pas que les autres ne le sont pas, c’est que celui-là est Lire la suite