Black Mirror 1 : Work Songs

4 Août

C’est l’été, et on en profite pour mettre a l’honneur l’émission Black Mirror tout le mois. Parler de nos histoires, par la musique, des champs de cotons au ghettos de New York. De quoi se mettre bien et comprendre d’où l’on vient, enfermés au taf ou sous le soleil. L’émission est sur les ondes et le net toutes les semaines, tout le long de l’année, et ce taf mérite de tourner dans les oreilles et les cerveaux. Bonne écoute et encore merci à celui qui tient les manettes !

 

BCK+MIR+STICKER+last

Work Songs

Le Hip-hop n’est pas né en 1979 avec « The Message » de Grandmaster Flash. Il n’est pas né non plus en 1973 avec la première Block Party de DJ Kool Herc. Pas plus qu’avec la grande coupure de courant de juillet 1977 à New York qui a permis à tant de crews de s’équiper. Le Hip-hop est le dernier avatar d’une longue série de musiques issues du ghetto, qui puisent leur force et leur beauté de l’exploitation, de la souffrance, et surtout de la résistance aux conditions sociales qui sont faites au peuple Noir depuis les bateaux de la déportation. Les différentes formes qu’a pris la musique africaine américaine depuis les origines ont toujours été une réponse aux formes spécifiques de l’exploitation à travers le temps. Dans ce premier épisode, on remonte aux origines : les champs de coton, et ce qui s’y chantait pour accompagner le labeur. Les « work songs », chants de travail rythmés par le battement des outils et les soupirs de l’effort. C’est la bande son de l’esclavage, où l’on entend déjà la sève de ce qui suivra, le rythme lancinant, le système des questions-réponses, la douleur contenue sous des textes inoffensifs en apparence – le maître ayant interdit les chants mélancoliques.

 

 

 

« Le tempo libère mon imagination, me rappelle que ma musique est née dans un champ de coton »

 

 

Black Mirror

En partant du sample, élément de base du hip hop, Black Mirror essaye de remonter le cours de l’histoire, de retourner aux racines d’une musique qui a commencé par regarder vers son passé pour aller de l’avant. Et cette histoire est avant tout une histoire sociale, celle du peuple Noir aux USA, déporté d’Afrique, réduit à l’esclavage pendant des siècles, puis soumis à la ségrégation, aux lois Jim Crow, au lynchage. De la plantation au ghetto, de l’esclavage légal à l’esclavage salarié. C’est aussi l’histoire d’un soulèvement, des révoltes d’esclaves aux émeutes de Watts, des églises noires au Black Panther Party, du blues aux block-parties.

Chaque semaine, un épisode thématique de deux heures : les work songs, les spirituals, Stagger Lee, Watts 1965, Los Angeles 1992, le rap indépendant, les femcees, Lino… On y écoute beaucoup de musique, on y apprend deux ou trois trucs, on y partage l’amour de cette culture. Black Mirror, c’est aussi un blog avec plein d’infos, des vidéos, et où on retrouve toutes les émissions en podcast ainsi que les playlists téléchargeables : www.blackmir.blogspot.com

 

 

Une Réponse to “Black Mirror 1 : Work Songs”

Trackbacks/Pingbacks

  1. Black Mirror | Raimanet - 7 août 2015

    […] Black Mirror 1 : Work Songs https://quartierslibres.wordpress.com/2015/08/04/black-mirror-1-work-songs/ […]

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