Livre du samedi : Fahrenheit 451

8 Août

Fahrenheit 451 / Ray Bradbury

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 Fahrenheit 451, écrit en 1953 et publié en pleine période du maccarthysme, conte l’histoire de Montag, un pompier qui commence à douter du bien fondé de sa mission : brûler tous les livres. Sa rencontre avec une petite fille qui lui pose des questions « indiscrètes » remet soudain en cause certaines de ses idées reçues. Il en vient à s’interroger quant aux raisons qui poussent certaines personnes à mourir pour du papier. Bousculé par ses incertitudes, Montag ira jusqu’à voler un de ces ouvrages et le lire. Il deviendra par ce geste un hors-la-loi condamné à fuir. Son titre fait référence à la température, en degré Fahrenheit, à laquelle le papier commence à brûler spontanément au contact de l’air.

Extraits: « Granger regardait fixement le feu. « Le phénix. – Quoi ? – Il y avait autrefois, bien avant le Christ, une espèce d’oiseau stupide appelé le phénix. Tous les cent ans, il dressait un bûcher et s’y immolait. Ce devait être le premier cousin de l’homme. Mais chaque fois qu’il se brûlait, il resurgissait de ses cendres, renaissait à la vie. Et on dirait que nous sommes en train d’en faire autant, sans arrêt, mais avec un méchant avantage sur le phénix. Nous avons conscience de l’énorme bêtise que nous venons de faire. Conscience de toutes les bêtises que nous avons faites durant un millier d’années, et tant que nous en aurons conscience et qu’il y aura autour de nous de quoi nous les rappeler, nous cesserons un jour de dresser ces maudits bûchers funéraires pour nous jeter dedans. A chaque génération, nous trouvons un peu plus de monde qui se souvient. » » « Un livre est un fusil chargé dans la maison d’à côté. Brûlons-le. Déchargeons l’arme[…] Si vous ne voulez pas qu’un homme se rende malheureux avec de la politique, n’allez pas lui casser la tête en lui proposant deux points de vue sur une question ; proposez-lui-en un seul. Mieux encore, ne lui en proposez aucun. Qu’il oublie jusqu’à l’existence de la guerre. Si le gouvernement est inefficace, pesant, gourmand en matière d’impôt, cela vaut mieux que d’embêter les gens avec ça. La paix, Montag. Proposez des concours où l’on gagne en se souvenant des paroles d’une chanson populaire, du nom de la capitale de tel ou tel état ou de la quantité de maïs récoltée dans l’Iowa l’année précédente. Bourrez les gens de données combustibles, gorgez les de « faits », qu’ils se sentent gavés, mais absolument « brillants » côté information. Ils auront l’impression de penser, ils auront le sentiment du mouvement tout en faisant du sur-place. Et ils seront heureux parce que de tels faits ne changent pas. Ne les engagez pas sur des terrains glissants comme la philosophie ou la sociologie pour relier les choses entre elles. C’est la porte ouverte à la mélancolie. […] Tout ce que je réclame, c’est de la distraction. « Anthony-Galasso-Fahrenheit-451

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  1. Séance du dimanche. Soleil vert | quartierslibres - 23 août 2015

    […] des années 1970. Réalisé par Richard Fleischer et sorti en 1973, il est à ranger à côté de Farenheit 451 et d’autres fictions qui mettent en scène un monde rendu stérile par l’occupation humaine et […]

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