Black Mirror 9 : De Kingston aux ghettos de New York

15 Août

jamaika
De Kingston aux ghettos de New York

Premier épisode de la « session Jamaïque » de Black Mirror. Parce que si le Hip-hop est le fruit d’une longue histoire musicale et sociale aux États-Unis, il plante également ses racines dans cette petite île voisine marquée au fer rouge, elle-aussi, par l’esclavage.

 

Dès les années 1950 fleurissent dans sa capitale, Kingston, des dizaines de « sound-systems », ces bals populaires de quartier autour d’une platine disque et d’enceintes monstrueuses : des « block parties » avant l’heure, au son du R’N’B américain puis de ses multiples adaptations à la sauce jamaïcaine. Pivot du sound, le « selector », celui qui trouve les disques, cherche les exclus, protège jalousement leur provenance quitte à effacer l’étiquette du vinyle. A ses côtés, le « Dee Jay ». Il dirige la danse, chauffe la foule, glorifie son équipe, ridiculise les sound-systems adverses… Petit à petit les techniques vocales se perfectionnent, et des versions instrumentales sont gravées spécialement pour lui, histoire de lui laisser la place de développer son style, de raconter des histoires, de prendre position pour le ghetto. Le rap était né, loin du Bronx. De nombreuses innovations des studios jamaïcains, fruits de géniaux bricoleurs, finiront par infuser toute la musique électronique et le rap en particulier : les faces B, le dub, la basse comme élément central, le remix…

Celui qui allait devenir Kool Herc a grandi à Trenchtown, une des nombreuses zones sinistrées de Kingston, qui a vu naître entre autres Bob Marley. Petit, il percevait les vibrations des sound-systems, vite devenus une institution dans les quartiers les plus pauvres et dangereux de l’île. Quand ses parents émigrent à New York, espérant trouver comme beaucoup une vie meilleure sur ces trottoirs enneigés, il va ramener avec lui cet art de passer des disques au coin de la rue pour faire danser ses frères et sœurs. Le « Selector » s’appellera DJ (Disc-jockey, celui qui chevauche le disque), le Dee Jay se nommera MC (Master of Ceremony, celui qui dirige l’office).

Ce sont donc tous les éléments incontournables de la révolution rap qui portent en eux la Jamaïque. Une bonne raison d’aller y voir de plus près.
Comme aux USA, la musique jamaïcaine est une musique du ghetto, une musique de descendants d’esclaves qui se battent pour retrouver leur dignité bafouée par des centaines d’années de torture et de ségrégation.

L’ancêtre génial et trop méconnu du style Dee Jay.

Émission : https://tilidom.com/start_download?token=F7CD12B07

 

 

Black Mirror, émission hiphop

En partant du sample, élément de base du hip hop, Black Mirror essaye de remonter le cours de l’histoire, de retourner aux racines d’une musique qui a commencé par regarder vers son passé pour aller de l’avant. Et cette histoire est avant tout une histoire sociale, celle du peuple Noir aux USA, déporté d’Afrique, réduit à l’esclavage pendant des siècles, puis soumis à la ségrégation, aux lois Jim Crow, au lynchage. De la plantation au ghetto, de l’esclavage légal à l’esclavage salarié. C’est aussi l’histoire d’un soulèvement, des révoltes d’esclaves aux émeutes de Watts, des églises noires au Black Panther Party, du blues aux block-parties.

Chaque semaine, un épisode thématique de deux heures : les work songs, les spirituals, Stagger Lee, Watts 1965, Los Angeles 1992, le rap indépendant, les femcees, Lino… On y écoute beaucoup de musique, on y apprend deux ou trois trucs, on y partage l’amour de cette culture. Black Mirror, c’est aussi un blog avec plein d’infos, des vidéos, et où on retrouve toutes les émissions en podcast ainsi que les playlists téléchargeables : www.blackmir.blogspot.com

Black Mirror

Advertisements
%d blogueurs aiment cette page :