Black Mirror 17 : James Brown #1 « Georgia On My Mind »

25 Août

jamesbrowngplargeBlack Mirror 17 : James Brown #1 « Georgia On My Mind »

Du Sud ségrégué aux lumières de Harlem

C’est l’histoire d’un gamin Noir né en 1933 dans une cabane en bois en Géorgie, l’un des Etats les plus ségrégués des Etats-Unis. Elevé par une tante maquerelle dans un bordel pour soldats, il danse dans la rue pour rameuter le client, cire des pompes, vole un peu pour s’habiller et survivre. A 16 piges, il est condamné pour un larcin ridicule à une peine équivalente à sa courte vie. C’était mal barré. Son existence risquait de ressembler à celle de tant de ses frères de l’époque. Il ne l’oublierait jamais.

Quelques années plus tard, il révolutionne la musique populaire avec ses musiciens en la désossant, en la débarrassant peu à peu de tout ce qui n’est pas rythme. Chaque instrument allait devenir la peau d’un tambour, comme pour invoquer les rythmes interdits par les maîtres. Il se fait, corps et âme, le serviteur du groove. Son chant, ses cris, sa danse, sont des ordres hurlés à un orchestre-régiment. Tyrannique, mégalomane, son perfectionnisme frise la folie et le coupe peu à peu des autres, y compris de ses amis les plus proches.

Dans cet épisode, on s’attache à ses premières années, celles d’avant le virage « Out of Sight », pierre de rosette du funk à venir, qui donnera naissance au Hip-Hop quelques temps après : ses influences majeures, les disques qui passaient sur le gramophone du bouge où il a grandi, les héros dont il voulait prendre la place, au sommet. Ses premiers pas dans la musique ensuite, d’abord comme batteur, puis comme imitateur campagnard des plus grands du R’n’B triomphant. Enfin le décollage, les premiers succès, pour déboucher sur un des monuments de la musique populaire, le dantesque « Live at the Apollo » enregistré en 1962 en plein cœur de Harlem, ville symbole de la fierté Noire retrouvée.

Le petit James Brown, perdu d’avance, était devenu le « Soul Brother Number one » à la sueur de ses pieds. On ne comprend rien à ses errances futures si on ne regarde pas ce gosse en guerre contre la vie qui lui était promise dans un monde qui veut les Noirs soumis, en prison, ou morts.

« What kind of power we ‘got ? Soul power ! »

L’émission :  http://www.mediafire.com/listen/io3672grdvqpodn/BCK+MIR+S.02+EP.16+-+James+Brown+%232.mp3#2.mp3

(Le fameux TAMI show, émission très populaire aux USA, enregistré en 1964 : un témoignage de l’engagement total de James Brown sur scène, pour son premier grand succès « Please please please », un morceau qu’il pouvait étirer parfois plus de 40 minutes en live, en vivant la mort et la résurrection jusqu’à épuisement. Tel un boxeur, tel son peuple en lutte.)

D’autres vidéos, notamment de ses influences majeures, sur :

http://blackmir.blogspot.fr/search/label/EP.34%20%3A%20James%20Brown%20du%20sud%20s%C3%A9gr%C3%A9gu%C3%A9%20aux%20lumi%C3%A8res%20de%20Harlem

Black Mirror, émission hiphop

En partant du sample, élément de base du hip hop, Black Mirror essaye de remonter le cours de l’histoire, de retourner aux racines d’une musique qui a commencé par regarder vers son passé pour aller de l’avant. Et cette histoire est avant tout une histoire sociale, celle du peuple Noir aux USA, déporté d’Afrique, réduit à l’esclavage pendant des siècles, puis soumis à la ségrégation, aux lois Jim Crow, au lynchage. De la plantation au ghetto, de l’esclavage légal à l’esclavage salarié. C’est aussi l’histoire d’un soulèvement, des révoltes d’esclaves aux émeutes de Watts, des églises noires au Black Panther Party, du blues aux block-parties.

Chaque semaine, un épisode thématique de deux heures : les work songs, les spirituals, Stagger Lee, Watts 1965, Los Angeles 1992, le rap indépendant, les femcees, Lino… On y écoute beaucoup de musique, on y apprend deux ou trois trucs, on y partage l’amour de cette culture. Black Mirror, c’est aussi un blog avec plein d’infos, des vidéos, et où on retrouve toutes les émissions en podcast ainsi que les playlists téléchargeables : www.blackmir.blogspot.com

Black Mirror

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