Black Mirror 20 : Biggie et Tupac #1

29 Août

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Pour finir cette sélection de Black Mirror, on raconte l’histoire croisée de deux monstres sacrés du rap US des années 1990. Deux gamins que tout oppose, mais qui ont commencé par être potes et partager des scènes avant d’incarner la guerre fratricide qui a opposé les côtes Est et Ouest et s’est achevée dans un bain de sang. Les deux ont été assassinés à six mois d’écart, en 1996 et 1997, sans que personne ne soit jamais inculpé pour ces meurtres.

 

Deux potos qui freestylent autour d’une table, avant de se déchirer pour des intérêts qui ne sont pas les leurs

 

Depuis, les spéculations et autres théories du complot vont bon train : règlements de compte entre les patrons de leurs labels respectifs Bad Boy et Death Row ? Dommage collatéral de la guerre des gangs qui oppose les Bloods et les Crips ? Manipulation de Suge Knight, terrifiant patron de Death Row, pour se débarrasser de son poulain Tupac qui voulait le quitter et réclamait les millions qu’il lui devait ? Complot du F.B.I pour affaiblir un mouvement Hip-hop en plein essor, perçu comme un danger par le pouvoir ? Mystification (Tupac, en réalité, serait planqué à Cuba avec sa tante Assata, Black Panther réfugiée) ? On ne répondra pas à ces questions. Mais on tâchera de retracer le parcours fulgurant et foudroyé de ces immenses rappeurs, dont la musique et la légende ont marqué durablement le mouvement, et ont résumé à eux-seuls le pire et le meilleur de ce que peut nous offrir le rap.

Première partie aujourd’hui : les origines, les premières années, la filiation, les collaborations, l’explosion. Où l’on voit Tupac grandir dans un environnement ultra-politisé, entouré d’anciennes Panthères, élevé par une mère seule qui se noie dans son addiction à la drogue, triste sort de nombre de militants et militantes du Black Power décimé par le pouvoir. Il se passionne pour le théâtre, la littérature, puis le rap, et son charisme légendaire lui fait vite rencontrer le succès, d’abord avec Digital Underground, puis en solo. Sa musique est alors engagée socialement, ancrée dans la réalité des rues californiennes, féministe même parfois.

 

Les débuts de Tupac en solo, la conscience encore bien aiguisée

 

 

Il rencontre Biggie en 1993, un gamin obèse surprotégé par une autre mère célibataire, qui après avoir fait un peu de placard pour deal se consacre entièrement au rap et devient vite une star de son coin de rue.

 

Les débuts de Biggie, au coin du block

 

Tupac lui offre ses premières scènes, une amitié forte les lie. Mais Tupac tombe dans un guet apens alors qu’il allait enregistrer dans le même studio que Biggie et son boss Puffy Combs, bolosse aux dents longues. Il prend 5 balles, manque d’y passer, et accuse immédiatement l’équipe de son ancien pote. Deux jours plus tard, il passe en procès et est incarcéré pour une sombre histoire de mœurs, qu’il dénoncera toujours comme un coup monté pour l’abattre une deuxième fois. Les destins étaient scellés. Tout était prêt pour la sinistre mascarade des années suivantes, une guerre Est/Ouest qui fit vendre du papier, enrichit les labels, et coûta la vie à de nombreux frères Noirs.

 

L’émission : http://www.mediafire.com/listen/urqw2zbr55k1u7t/BCK+MIR+BIGGIE+2PAC.mp3

 

 

De nombreuses images d’archives, d’interviews et de lives rares sur la page de l’émission : http://blackmir.blogspot.fr/2015/06/s02-ep30-biggie-tupac-part-2.html)

On peut lire des textes d’Assata, tante de Tupac et Black Panther réfugiée à Cuba, là : http://www.bboykonsian.com/Assata-Shakur-parle-depuis-l-exil_a2849.html

Pour comprendre le rôle de la drogue dans la fin du mouvement de libération : https://quartierslibres.wordpress.com/2015/03/06/capitalisme-came-genocide-michael-cetewayo-tabor/

 

 

Black Mirror, émission hiphop

En partant du sample, élément de base du hip hop, Black Mirror essaye de remonter le cours de l’histoire, de retourner aux racines d’une musique qui a commencé par regarder vers son passé pour aller de l’avant. Et cette histoire est avant tout une histoire sociale, celle du peuple Noir aux USA, déporté d’Afrique, réduit à l’esclavage pendant des siècles, puis soumis à la ségrégation, aux lois Jim Crow, au lynchage. De la plantation au ghetto, de l’esclavage légal à l’esclavage salarié. C’est aussi l’histoire d’un soulèvement, des révoltes d’esclaves aux émeutes de Watts, des églises noires au Black Panther Party, du blues aux block-parties.

Chaque semaine, un épisode thématique de deux heures : les work songs, les spirituals, Stagger Lee, Watts 1965, Los Angeles 1992, le rap indépendant, les femcees, Lino… On y écoute beaucoup de musique, on y apprend deux ou trois trucs, on y partage l’amour de cette culture. Black Mirror, c’est aussi un blog avec plein d’infos, des vidéos, et où on retrouve toutes les émissions en podcast ainsi que les playlists téléchargeables : www.blackmir.blogspot.com

 

Black Mirror

 

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