Séance du dimanche. Charlie Bauer marathonien de l’espoir

30 Août

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Un documentaire de Martin Monge, sorti en 2006 sur Charlie Bauer, parti poursuivre son œuvre d’insoumission et de révolte dans un autre monde en août 2011. Charlie n’a évidemment rien à voir avec Alain Bauer, le dealer de sécurité bien connu, élevé au grain rocardien –la deuxième droite– comme Valls lui-même. Charlie Bauer, c’est précisément l’inverse de la trahison à répétition des partis de gouvernement. Fils de résistants juifs communistes de l’Estaque, à Marseille, en rupture totale avec le PCF qui votait les crédits militaires pour la Guerre d’Algérie, il aura été de tous les combats. Anticolonialiste, il soutient activement le FLN. Antifasciste il collabore un temps avec Pierre Goldman. Insoumis et réfractaire il pousse l’illégalisme jusqu’à mener une série d’actions avec Jacques Mesrine, dont il infléchit le discours dans un sens plus nettement révolutionnaire. Braquages, « reprise individuelle », redistribution sauvage au quartier. 25 ans de tôle, dont 9 à l’isolement, c’est autant d’années consacrée à l’analyse du rôle social des prisons -la préservation les intérêts de classe de ceux qui dirigent l’État et la répression pure de l’individu-, et une lutte acharnée contre les QHS et l’impunité des tortionnaires de l’enfermement. C’est aussi l’occasion (forcée) pour lui de déposer la quincaillerie et faire une pause dans la guerre sociale ouverte pour affûter des armes théoriques destinées à réarmer les classes populaires. Une licence en socio et une thèse en anthropologie sociale plus tard, et enfin sorti de zonzon, il n’a jamais renoncé : le meilleur du communisme libertaire, dégagé de tout carcan bureaucratique. À lire, parmi ses bouquins, Fragments d’une vie, une autobiographie à la nitroglycérine, et Le redresseur de clous, qui témoigne qu’il n’a jamais cessé de tenir la ligne.

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