Black Mirror 21 : Biggie & Tupac #2 « Who shot ya ? »

31 Août

Biggie_Tupac

 

Suite et fin de la légende Biggie et Tupac, figures incontournables et maudites du Rap US des années 90. On reprend à l’entrée de 2PAC en prison, pour une sombre affaire de mœurs. Le jury n’a pas retenu l’accusation de viol, mais il est quand même incarcéré. Quelques jours auparavant, il a failli mourir dans une embuscade dont il tiendra toujours responsable l’équipe de Biggie, qui fut pourtant son pote à leurs débuts. Au placard, il entend des rumeurs et reçoit des courriers qui alimentent sa paranoïa. Issu d’une famille de Panthères, il aurait dû se rappeler comment s’y était pris le pouvoir pour abattre le mouvement, répandant des bruits de trahison sur chaque côtes pour que s’entre-tuent les leaders. Il lit, beaucoup, ne parvient plus à écrire une ligne, son imagination elle-même est emprisonnée. Et puis il signe un pacte avec le diable. Suge Knight, patron sulfureux du premier label de rap réellement tenu par des gangsters, Death Raw (« Couloir de la mort »), lui propose de payer sa caution en échange de trois albums.

 

C’est un Tupac différent qui sort de prison. Assoiffé de vengeance, survolté, il endosse un costume de Thug trop grand pour lui. La guerre est officiellement déclarée entre Tupac et Biggie, entre Suge Knight et Puffy Combs (patron de Bad Boy), entre la côte Ouest et la côte Est.

 

La fameuse déclaration de guerre de Suge Knight à Bad Boys lors de la cérémonie des Source Awards

 

De morceaux haineux en intimidations, de déclarations insultantes en bastons mémorables, la tension monte, et atteint son apogée avec les morts à quelques mois d’écart de ces deux immenses rappeurs, jouets d’intérêts économiques qui les dépassent. Des dizaines de morts suivront en représailles, la guerre des gangs se surajoutant aux conflits de labels.

 

Le clip d’une des « diss » songs les plus violentes de l’histoire du rap

 

Depuis, aucune enquête n’a abouti. Personne n’a été inculpé pour ces meurtres. Un flic blanc, Russell Poole, mort il y a peu, a bien essayé de démêler cette histoire trouble. Son enquête est racontée dans un bouquin qu’on recommande, « L.A- Byrinthe », pas tant pour les théories sur les commanditaires des meurtres que pour la peinture éloquente de la collusion entre police et voyoucratie à Los Angeles. Où l’on voit que le CRASH, une des unités les plus violentes du LAPD, bossait en réalité main dans la main avec la direction des Bloods, tout en terrorisant le neighboorhood.

L’épisode est divisé en trois partie d’une heure pour le rendre plus digeste. Les conditions caniculaires expliquent l’essoufflement de l’animateur, pardonnez-le. En supplément, une playlist de deux heures de ce que nous auront offert de meilleur ces deux immenses musiciens, qui étaient plus brillants en studio que dans leur mise en scène grotesque de gangsters en carton.

L’émission :

Partie 1 : http://www.mediafire.com/listen/ho29462shwja97e/BCK+MIR+BIGGIE+TUPAC+Part+2+%231.mp3#1.mp3

Partie 2 : http://www.mediafire.com/listen/ydnha6d3zc5e1f3/BCK+MIR+BIGGIE+TUPAC+Part+2+%232.mp3#2.mp3

Partie 3 : http://www.mediafire.com/listen/8u4pcvbkuh1hmpf/BCK+MIR+BIGGIE+TUPAC+Part+2+%233.mp3#3.mp3

Playlist : http://www.mediafire.com/listen/wh30jwegxdysh8s/BIGGIE+PAC+SELEKTA.mp3

 

 

Le très mauvais film sur l’enquête de Russell Poole, avec quelques images marrantes néanmoins

 

 

 

Le bouquin de Sullivan, enquête en forme de Thriller policier sur les véritables assassins. Peu de révélations au final, mais une belle peinture des pratiques du label à la chaise électrique

9782743629090

 

Nombreux clips et vidéos sur la page de l’émission : http://blackmir.blogspot.fr/2015/07/biggie-tupac-part-2-who-shot-ya.html

 

Black Mirror reprend deux fois par mois à partir d’octobre. Diffusions et redifs sur le blog www.blackmir.blogspot.com. Au programme de la rentrée, une série sur La Nouvelle Orléans, plaque tournante de l’esclavage et berceau des musiques Noires, un retour sur la naissance du mouvement Hip-hop en France avec une interview de Vincent Piolet, auteur de « Regarde ta jeunesse dans les yeux », des émissions spéciales avec des grands rappeurs, surprise… « Les vrais savent, préviens les autres ! »

Et sur facebook, pour le meilleur du rap US tous les jours : https://www.facebook.com/pages/Black-Mirror-%C3%A9mission-Hip-hop/864001436992303?fref=ts

 

 

Black Mirror, émission hiphop

En partant du sample, élément de base du hip hop, Black Mirror essaye de remonter le cours de l’histoire, de retourner aux racines d’une musique qui a commencé par regarder vers son passé pour aller de l’avant. Et cette histoire est avant tout une histoire sociale, celle du peuple Noir aux USA, déporté d’Afrique, réduit à l’esclavage pendant des siècles, puis soumis à la ségrégation, aux lois Jim Crow, au lynchage. De la plantation au ghetto, de l’esclavage légal à l’esclavage salarié. C’est aussi l’histoire d’un soulèvement, des révoltes d’esclaves aux émeutes de Watts, des églises noires au Black Panther Party, du blues aux block-parties.

Chaque semaine, un épisode thématique de deux heures : les work songs, les spirituals, Stagger Lee, Watts 1965, Los Angeles 1992, le rap indépendant, les femcees, Lino… On y écoute beaucoup de musique, on y apprend deux ou trois trucs, on y partage l’amour de cette culture. Black Mirror, c’est aussi un blog avec plein d’infos, des vidéos, et où on retrouve toutes les émissions en podcast ainsi que les playlists téléchargeables : www.blackmir.blogspot.com

 

Black Mirror

 

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