Séance du dimanche. On vous parle du Chili (ce que disait Salvador Allende)

13 Sep

Capture d’écran 2015-09-10 à 00.51.10

Retour, une fois de plus, sur le vrai complot du 11 septembre : celui de 1973 au Chili (voir sur le sujet les documents déclassifiés de la NSA).

En 1973, le collectif SLON –dans lequel Chris Marker était très actif– sort un épisode de ces « On vous parle de… » qui permettait de diffuser en France des informations militantes venues de pays en lutte, notamment en Amérique Latine (voir une ancienne séance du dimanche : On vous parle du Brésil). Ce « On vous parle du Chili » est en fait un montage de certains passages du film tourné en 1971 par le cinéaste chilien impliqué dans l’Unité Populaire Miguel Littin, traduits en français. Il s’agit d’une série d’entretiens menés par Régis Debray –époque moustache longue et guévarisme– avec Salvador Allende, élu président du Chili, et qui présentait à l’époque une voie chilienne vers le socialisme. Une option démocratique et pacifique mais qui visait les mêmes objectifs révolutionnaires que le foquisme en Bolivie ou au Vénézuela, la guérilla urbaine en Argentine, au Brésil et en Uruguay. Une transition en douceur vers une véritable indépendance, le contrôle des moyens de production et des richesses du pays, et une société égalitaire. Une rupture sans violence mais claire et nette avec la tutelle impérialiste nord-américaine et avec les puissances capitalistes qui tenaient, de fait, une grande partie des ressources notamment minières du pays. Les passages sont bien choisis et montrent à la fois la détermination révolutionnaire d’Allende et son optimisme dans la capacité de son gouvernement et des forces populaires à forcer les classes dominantes à accepter les changements, la reprise en main de l’économie, la redistribution des terres. L’erreur de calcul la plus tragique de Salvador Allende apparaît également dans cet entretien : faire confiance à l’armée, une des seules en Amérique Latine qui, c’est vrai, n’était jamais intervenue pour prendre le pouvoir et sur qui il pensait pouvoir s’appuyer pour mener à bien son programme de transformation sociale. Mauvais calcul qui conduisit au coup d’État de la junte militaire dirigée par Augusto Pinochet et téléguidée par la CIA, qui permit aux penseurs néo-libéraux de l’école de Chicago de faire du Chili un laboratoire à ciel ouvert. Et aux grands défenseurs de la démocratie de marché Kissinger et Nixon, puis Reagan et Thatcher, de démontrer qu’il n’y avait pas d’alternative à l’ultra-capitalisme, puisque toute tentative de mettre en place un gouvernement populaire était vouée à l’échec et à être noyée dans un bain de sang.

La version longue en espagnol du film de Miguel Littin, Compañero presidente

Le dernier discours de Salvador Allende sous les bombes de la junte militaire, dans le palais présidentiel de La Moneda, à Santiago.

Publicités
%d blogueurs aiment cette page :