Séance du dimanche. My Beautiful laundrette

20 Sep

affiche alternative

Un film sorti en 1985 par Stephen Frears. La laverie comme point de rencontre et révélateur des tensions sociales du thatcherisme triomphant : le racisme, le sexisme et l’homophobie. L’histoire est simple, son traitement riche en enseignements sur les effets de la gestion néolibérale de la population sous Thatcher: diviser les pauvres, aiguiser les tensions communautaires (genre classe et race) et les laisser se bouffer entre eux.

Dans le film, Omar un jeune « paki » du sud de Londres fils d’un activiste de gauche exilé en Angleterre (et qui vomit l’impérialisme brit) reçoit de son oncle la possibilité de survivre en s’occupant d’une laverie automatique. Il se fait aider d’un de ses vieux amis d’enfance, Johnny, un loser anglais qui louche vers la branche National Front des skins de quartier. C’est d’ailleurs en voulant cogner Omar, pas assez blanc à ses yeux, qu’il reprend contact avec lui. L’histoire se corse quand Johnny quitte sa bande de neusks pour bosser avec son pote et devient son amant, ce qui ne plaît ni à ses amis à poil ras ni aux Pakistanais qui entourent Omar. Les tensions n’en restent pas à un stade symbolique : on a droit à quelques belles bastons et de jolies explications dialectiques.

Le film est une bonne fenêtre sur les années 1980 en Angleterre : fascisme larvé, destruction systématique de toute solidarité par Thatcher, encouragement de micro-initiatives individuelles –laverie mais aussi arnaques diverse, came et sorcellerie. La violence d’État, est aussi présente en toile de fond : le film s’ouvre d’ailleurs sur l’évacuation d’un squatt par la maréchaussée, histoire de mettre tout de suite les spectateurs dans le bain. Sur ce sujet, voir aussi cette séance du dimanche, sur les émeutes de la poll tax, quand la cocotte-minute thatchérienne péta à la gueule de la « dame de fer ».

Publicités
%d blogueurs aiment cette page :