Séance du dimanche. Dupont-Lajoie

18 Oct


Il y a des choses qui ne changent pas. Les éructations de Morano sur la France de race catholique et de tradition blanche ne sont pas une nouveauté, à peine un symptôme, une sorte de purulence épidermique qui révèle la permanence d’une maladie chronique. On n’oublie pas le 17 octobre 1961 et le silence du fleuve qui charriait les cadavres jetés à la Seine par les milices républicaines de Papon. On ne pardonne pas les ratonnades des années 1970 dans le sud de la France -voir Souvenir de Grasse. On se souvient de ces chasses à l’homme basané, pas catholique et pas assez blanc. On se souvient que dans la meute il n’y avait pas que des fascistes encartés, pas seulement des anciens collabos ou des anciens nervis de l’OAS. Non non, c’était plein de braves gens, des bons franchouillards de classe moyenne. Qui n’aimaient juste pas les Noirs et les Arabes, surtout quand ils avaient l’outrecuidance de vouloir devenir comme eux et de s’approcher de leur femme ou de leur fille. C’est bien connu, l’immigré est un violeur en puissance. Alors quand c’est le bon Français en camping qui viole une jeune fille et lui pète les cervicales sans le faire exprès, rien de plus malin à faire que de se débarrasser du corps en le balançant à côté du baraquement des ouvriers maghrébins, là, juste à côté. On leur mettra forcément  le crime sur le dos et on pourra même organiser une bonne petite descente pour casser du bougnoule, entre gens de bonne compagnie. Le problème, c’est que la saloperie sordide, ça finit par se payer, et cash.


Dupont-Lajoie, film d’Yves Boisset, est sorti en 1974, justement pour dénoncer ce racisme ordinaire du bon Français moyen, le Dupont-Lajoie qui participait tout naturellement aux ratonnades de Nice ou de Grasse, qui ne servait pas les Arabes dans son café et n’était jamais avare d’une bonne blague sur les bicots ou les négros. Ce même beauf que flattent maintenant les Morano, Sarkozy et autres Mariani, et que représente si bien l’extrême droite de gouvernement. Les même qui, une fois au pouvoir font tout pout étouffer ce genre d’affaires, pour ne pas compromettre les affaires. Les responsables politiques présentés ici sont parfaitement représentatifs de la saloperie hégémonique de ce début de XXIe siècle.

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