Racisme inversé: Aamer Rahman

6 Nov

Aamer Rahman nous montre la différence entre rire des causes du racisme pour mieux en dénoncer les mécaniques et rire des conséquences du racisme pour mieux faire passer la pilule du racisme. C’est la différence entre faire monter sur scène un négationniste comme Faurisson pour faire rire en niant la réalité d’un génocide et faire rire en expliquant le colonialisme et le racisme structurel qui sévit en Occident comme le fait Aamer Rahman.

« Beaucoup de gens n’aiment pas mon humour.
Enfin… beaucoup de gens BLANCS n’aiment pas mon humour.
Beaucoup de gens blancs me disent :
— Hey, Aamer.Tu montes sur scène, tu fais des blagues sur les Blancs.
Tu dis « les Blancs ceci, les Blancs cela ».
Et si je faisais pareil, hein ?
Et si je montais sur scène pour dire :
« les Noirs sont comme ci, »
« les musulmans sont comme ça »?
Tu dirais que je suis raciste, pas vrai ?
Et je réponds…oui.
Oui, je dirais ça, vous ne devriez pas faire ça, c’est mauvais pour votre santé.
Et ils me disent…
— Ouais mais toi tu le fais Aamer !
Tu montes sur scène,tu dis tes blagues sur les Blancs.Tu ne trouves pas que c’est un peu raciste aussi ?
Tu penses pas que c’est…
— Du racisme inversé ?
Je leur dis : Non.
Je ne pense pas que ce soit du racisme inversé. Pas parce que je pense que le racisme inversé n’existe pas, hein ; Si vous posez la question à des personnes noires ou basanées.
Ils vous répondront spontanément que le racisme inversé n’existe pas,mais je ne suis pas d’accord.
Je pense que le racisme inversé existe.
Et…je pourrais être un « raciste inversé », si je le voulais.
J’aurais juste besoin d’une machine à remonter le temps, OK ?
Ce que je ferai c’est que je monterais dans ma machine à remonter le temps, et je reviendrais dans le passé, avant que l’Europe ne colonise le monde.
Je convaincrais les leaders d’Afrique, d’Asie, du Moyen-Orient, d’Amérique Centrale et d’Amérique du Sud d’envahir et de coloniser l’Europe… d’occuper leurs pays, de voler leurs terres et leurs ressources.
Je mettrais en place un genre de, je sais pas… de commerce « trans-asiatique » basé sur l’esclavage, où par exemple on exporterait des Blancs pour les faire travailler sur des rizières géantes en Chine.
Simplement, je ruinerai l’Europe le temps de quelques siècles, assez pour que leurs descendants veuillent émigrer dans les pays où résident les gens noirs et basanés.
Mais bon, bien sûr, dans le même temps, je m’assurerais d’avoir mis en place des systèmes qui privilégieraient les gens noirs et basanés à tous les niveaux sociaux, politiques et économiques concevables, pour que les Blancs n’aient jamais aucun espoir de pouvoir construire leur avenir.
Tous les vingt ou trente ans, je mettrais en place une guerre bidon, histoire d’avoir une excuse pour les bombarder jusqu’à les faire revenir à l’âge de pierre, en disant que c’est pour leur bien parce que leurs cultures sont inférieures.
Oh, et juste pour le fun, je soumettrais les Blancs aux critères de beauté noirs, histoire qu’ils finissent par haïr la couleur de leur peau, de leurs cheveux, de leurs yeux.
Si jamais…
Après des centaines, des centaines et des centaines d’années de ça derrière moi, je montais sur scène pour dire
« Hey ! »
« C’est quoi leur souci aux Blancs ? »
« Pourquoi ils savent pas danser ? »
– Là -, ce serait du racisme inversé. »

Publicités

Une Réponse to “Racisme inversé: Aamer Rahman”

Trackbacks/Pingbacks

  1. A qui profite la racialisation des questions sociales ? | Quartiers libres - 12 novembre 2015

    […] sont des marqueurs économiques. On piétine les noirs parce qu’ils sont « pauvres » et maintenus en position de faiblesse économique depuis des siècles. Ce mépris a commencé quand la France a déporté à fond de cale des centaines de milliers de […]

Commentaires fermés

%d blogueurs aiment cette page :