Séance du dimanche. Acción Mutante

22 Nov

Affiche-Accionmutante

« -Mutants, mutants, nous sommes mutants !

-En quoi croyons-nous ?

-En toi, Ramón ! »

Pas facile de programmer une séance du dimanche en cette période lourde. Sur l’instauration de l’état d’exception permanent, on peut renvoyer à une séance précédente : 1984. C’était le bon temps par rapport à maintenant: c’était juste la loi sur le renseignement. La Belgique, alors. Ben non, la Belgique a déjà été mise à l’honneur il y a peu avec les aventures de son héros colonialiste préféré en petite tenue. On attendra donc quelques temps avant d’y revenir, en espérant pouvoir le faire dans un ciel plus serein. Le problème, c’est qu’avec le couvre-feu imposé dans de plus en plus de quartiers, voire de villes entières, il va falloir trouver de quoi s’occuper pendant les longues soirées d’hiver…

Pas facile, donc, de programmer, mais on essaye quand même.

Alors voilà. Dans un futur indéterminé la société ne prend plus en compte que les personnes riches et célèbres et marginalise tous les autres. Rien à voir avec notre actualité, donc, où l’égalité domine les relations sociales et où la violence de classe n’est qu’un délire sociologique. Acción Mutante, un groupuscule réunissant des personnes laides, stupides et diformes, décide de se venger des gens beaux et riches en attaquant des représentants de la publicité, du secteur des cosmétiques, du body building : bref, tout ce qui de près ou de loin a un rapport avec la perfection du corps et de l’apparence. On compense ses frustrations comme on peut, après tout. Sous la direction de Ramon Yarritu, un leader sans scrupule, le groupe de bras cassés kidnappe la fille d’un riche industriel, José María Orujo, un multimillionnaire qui dirige l’industrie du pain complet à travers sa société Orujo S.A.

Acción Mutante, sorti en 1993 en Espagne,  est le premier film d’Alex de la Iglesia. Il navigue entre la Science Fiction de série Z, un univers de comics du même tonneau et la grosse satire pas forcément toujours très fine. Pas grave, ça peut toujours être pire…

 

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