Archive | janvier, 2016

Séance du dimanche. La Nuit des morts-vivants

31 Jan

 

affiche

En 1968, un parfait inconnu de 28 ans, Georges Romero, sort un film financé avec un budget ridicule à Pittsburgh, en dehors des circuits de production classiques de l‘industrie cinématographique nord-américaine. Une micro-société de productions composée d‘une dizaine d‘amis et quelques autres pour arriver à boucler le tournage et mettre le tout en boîte.

Le film est inspiré de Je suis une légende, un roman fantastique de Richard Matheson sorti en 1954, qui racontait l‘histoire du dernier homme survivant au milieu d‘une humanité frappée par un virus qui transforme tout être humain en une sorte de vampire nocturen décérébré. En bref, La nuit des morts-vivants est le premier film de zombie, bien inquiétant, un peu gore mais pas trop, là encore pour des raisons financières : les effets spéciaux ça coûtait cher, comme la couleur, d‘ailleurs. Du coup, le film est en noir et blanc, et les maquillages n‘ont pas coûté une fortune.

Très vite, le film devient culte, pour au moins deux raisons : 1/ c‘est beaucoup plus qu‘un énième film de monstres, de vampires ou de en carton-pâte. Les zombies, c‘est beaucoup plus flippant : ils nous ressemblent, ils sont là, et parfois on les connaît, on les reconnaît. Ou plutôt : on les connaissait. Avant… Les trucs de suspense marchent particulièrement bien : on apprend avec les personnages la gravité de la situation, le tout au compte-goutte, à travers une radio qui crachotte : l‘infection des morts par une contamination radioactive provenant d‘une expérience spatiale qui a mal tourné, le mode d’emploi : les morts reviennent à la vie et ils ont très faim…alors même qu’il y a des macchabées dans la ferme où se sont enfermés les survivants pour échapper aux morts-vivants qui cherchent à entrer pour avoir accès à leur quatre-heures…

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2/ La nuit des morts vivants, de même que les autres films de zombies signés par Romero par la suite est un film politique. Pas dans le propos explicite, ni, a priori, dans le sujet lui-même. Mais en 1968, en plein mouvement de revendication du black power, dans la foulée de l‘assassinat de Malcom X et de Matin Luther King, choisir Lire la suite

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Livre du samedi : Dune / Frank Herbert

30 Jan

Dune1

image.ashx

Présentation par l’éditeur: « Il n’y a pas, dans tout l’Empire, de planète plus inhospitalière que Dune. Partout des sables à perte de vue. Une seule richesse : l’épice de longue vie, née du désert, et que tout l’univers convoite. Lire la suite

Justice et liberté pour Salah, Elsa et leur enfant !

29 Jan

salah

https://secure.avaaz.org/fr/petition/Laurent_Fabius_Ministre_des_Affaires_etrangeres_Justice_et_liberte_pour_Salah_Hamouri_Elsa_et_leur_enfant/?woOJjbb

Wugazi : Sweet Release

28 Jan

RESISTONS ENSEMBLE / janvier 2016

27 Jan

Voici en pdf, le No 148, Janvier 2016, du petit journal mobile recto-verso A4 « RÉSISTONS ENSEMBLE » du réseau contre les violences policières et sécuritaires. Il est destiné à être photocopié et à être diffusé localement, si le journal vous plaît. Vous êtes invitéEs à participer à son élaboration, à sa rédaction, à se joindre à l’équipe de rédaction. Nous attendons vos contributions, propositions, critiques …

Pour télécharger ce bulletin mis en page au format pdf : https://resistons.lautre.net/IMG/pdf/re148-janvier-2016.pdf

« Made in France »


C’est au nom de la France que le pouvoir veut créer, cette fois-ci officiellement, deux catégories de Français. Les 3-4 millions de binationaux, à 90% descendants d’immigrés post-coloniaux, seront susceptibles d’être privés de la nationalité française, et d’être expulsés du pays où ils sont nés et/ou ont étudié, travaillé, aimé, fondé une famille… pour avoir commis « un acte de terrorisme » ou plus généralement « une atteinte aux intérêts fondamentaux de la nation ». Cette définition du projet de loi est donc à géométrie variable. Quels sont les « intérêts fondamentaux de la nation » pour ce gouvernement, ou encore mieux pour le pouvoir FN qui se profile ? Ça pourrait être le blocage d’une gare, d’une usine, la lutte pour la grève générale, une « mauvaise » pensée, la désobéissance d’un fonctionnaire à une mesure inique… On a vu récemment l’acharnement général contre les grévistes d’Air France pour une pauvre chemise arrachée.
N’oublions pas que, dès la prise de pouvoir par Pétain, c’est au nom de ces mêmes « intérêts fondamentaux de la nation » qu’on avait privé de nationalité des milliers de Juifs naturalisés, de résistants ou d’opposants en commençant par Charles de Gaulle !
« Mesure symbolique » nous dit-on, mais justement symbole de quoi ? Celui de la famille Le Pen car c’est leur définition des « français de papier » que la gôche a repris. Peu importe les zigzags tactiques de Hollande-Valls pour faire avaler cette ignominie et peu importe si finalement la mesure ne passe pas, de toute façon, le mal est fait puisque le tampon est déjà posé sur le front de millions de « binationaux » : au regard de la loi tu n’es plus un Français comme les autres. Au délit de faciès se rajoute désormais le délit de sang, le délit de mauvais parents.
Et puis, de quelle fabrique sortent donc les assassins de Charlie, de l’Hyper Cacher, du Bataclan ou du Stade de France pour qu’on leur retire ainsi leur nationalité française ? De l’Enfer de Dante ? Non, ils sont bien « Made in France », c’est bien de cette France faite de racisme, des guerres au Moyen-Orient, en Afrique, du lâchage des Palestiniens, du chômage, de la répression policière, du mépris… qu’ils sont issus.
La « déchéance » comme marqueur politique et écran de fumée derrière lequel se cache l’idée de graver dans le marbre de la Constitution un état d’urgence permanent, qui ne dit pas son nom, devenant ainsi la « normalité » : ça c’est ce que veulent et fabriquent consciemment les hommes du pouvoir de gôche et de droite. Mais il y a aussi ce qu’ils ne maîtrisent pas, tout aveuglés qu’ils sont par leur obsession de se maintenir au pouvoir en en écartant le FN : le devenir du régime qu’ils sont en train d’installer durablement. Pour ne prendre qu’un exemple, avec la généralisation des assignations à résidence Valls-Hollande dessinent les plans de futurs camps d’internement pour opposants qualifiés de « terroristes » et de « radicaux ». En effet, comment matériellement assigner à résidence des milliers de personnes (ne serait-ce que les fichés S qui s’élèvent déjà à 20000 dont la moitié n’ont rien à voir avec une radicalisation religieuse) ? C’est pour résoudre ce problème « matériel » qu’avaient été créés sous Vichy les premiers camps d’internement.
La bande des quatre, Valls-Hollande-Sarkozy-Juppé, est en train de déclencher une avalanche, qui, comme c’est le propre des ce phénomène, échappe à ses créateurs et dévaste tout, y compris, souvent ces mêmes initiateurs. Ces gens-là, avec leur folie du pouvoir ont pour seule idée de doubler le FN par la droite et c’est tout le pays qu’ils amènent, ce faisant, au bord de l’abîme. Est-ce que, à ce rythme-là, la V. République tiendra, sous sa forme parlementaire actuelle, ne serait-ce que jusqu’en 2017 ? On se le demande.
Tout est joué désormais avant la catastrophe ? Pas tout… il y a des petits murets à construire qui, comme à la montagne, peuvent peut-être briser cette avalanche mortifère.

> [ Chronique d’un « état d’urgence » ]


Inscrit dans la loi
En plus de la réforme de la constitution en débat, et malgré la surenchère sécuritaires de ces dernières années, le gouvernement est décidé à durcir la loi. Lire la suite

TAPS MILLER – Ferme La Bouche

26 Jan

Daech entre anachronisme et pop culture

25 Jan

Le 25 janvier 2016, l’organe de communication et de propagande de Daech « Al-Hayat » publie une vidéo en français et en anglais intitulée « Et tuez-les où que vous les rencontriez ». Une esthétique de jeu vidéo de style ordre de mission comme dans « Call of duty ». Des mises en scène spectaculaires mais des exécutions bien réelles, perpétrées par les auteurs des attentats du 13 novembre à Paris. Et comme fond musical un nasheed, ces poêmes chantés, qui servent aujourd’hui à enrôler de nouvelles troupes.

C’est dans un précédent communiqué que le grand public a découvert les nasheed de Daech, celui des attentats du 13 novembre 2015. Lu par Fabien Clain il est accompagné d’une partie musicale. La simplicité et la naïveté de la musique et des paroles contrastent avec la violence des actes auxquelles elles appellent. Le chant ressemble au générique entêtant d’un dessin animé pour 8-12 ans, une sorte de « Cité d’or » version djihad islamique, sauf qu’il appelle à commettre un massacre.

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4 joyeux lurons de l’état islamique en treillis militaire et en mode « la vie est belle dans le comté de Cham ». Capture d’écran du film « and no respite » de l’EI

Note : Les hyperliens menant à des sites d’archives contenant les documents de Daech sont librement consultables sur les sites d’archives du net.

Les nasheed de l’Etat Islamique

« Avance, avance, sans jamais reculer, jamais capituler », tel est le refrain de la troisième production musicale de Daech. C’est un nasheed, un poème récité entre chant et la psalmodie aux paroles d’inspiration religieuse. C’est avant tout une arme de propagande, témoin du soin apporté à tout ce qui peut toucher, convaincre et enrôler un jeune francophone. Cette livraison apparait le 21 octobre 2015. De quoi se demander s’il n’a pas été commis en prévision des attentats du 13 novembre à Paris et à St Denis.

Les vidéos de propagande de Daech sont bien connues ; on connait leur mise en scène appliquée, leur rythme saccadé, entre référence aux films d’action et au snuff movies, les codes sont ceux de l’industrie du cinéma américain, Lire la suite