Hocine Aït-Ahmed

2 Jan

Hocine Aït-Ahmed

Hocine Aït-Ahmed, le dernier des neuf « fils de la Toussaint » les chefs de la rébellion qui ont déclenché et organisé la guerre d’indépendance de l’Algérie contre la puissance coloniale française a été enterré le 1er janvier 2016. Il avait rompu avec les caciques du FLN, devenant un opposant distant au régime qui avait pris le pouvoir en Algérie. Pas exempt lui aussi de tout reproche dans la conduite du Front des Forces Socialistes il est cependant resté pour beaucoup d’Algériens la possibilité d’une alternative pour l’Algérie autre que celle des généraux aux pouvoirs qui se partagent le gâteau des hydrocarbures algériennes pendant que le peuple lui se serre la ceinture.

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Son enterrement a permis au peuple algérien d’envoyer un message fort aux élites corrompues algériennes. Le premier ministre Abdelmalek Sellal a été empêché de se rendre à cet enterrement par une foule en colère. La délégation du gouvernement menée par le premier ministre a été obligée de rebrousser le chemin sous les jets de projectile d’une foule qui voulait interdire aux caciques de ce gouvernement de récupérer l’aura d’Ait Hamed. En somme une sorte de remake moins chaotique de l’enterrement de Yasser Arafat en Palestine. le peuple palestinien avait littéralement volé le cercueil d’Abou Amar des mains des caciques palestiniens. En Algérie le 1er janvier 2016 , comme en Palestine le peuple enterre ses héros et envoie au message à ces élites corrompues.

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On laissera chacun faire l’inventaire positif et négatif de ce que le FFS et son leader ont apporté a la révolution algérienne, le décès d’Ait-Ahmed est l’occasion pour nous de diffuser l’hommage qu’il a rendu à la mémoire d’Emilie Busquant, la compagne de Messali Hadj, celle qui la première confectionna le drapeau algérien. C’est honorer son combat que d’utiliser le crépuscule d’Ait Ahmed pour mettre en lumière les héros souvent méconnues que furent les femmes dans la résistance algérienne. Cet hommage d’Ait Hamed à Emilie Busquant et à travers elle aux femmes et à tous ceux qui se sont engagés pour l’indépendance de l’Algérie en dit long sur ce qu’aurait pu être la révolution algérienne si elle n’avait pas été volée à ses enfants.

Le 4 Octobre 2003
M.Jean-Paul Vinchelin
Maire de Neuves-Maison Vice-Président du Conseil Général
Cher Monsieur,
Je suis au grand et vif regret de ne pouvoir être présent aux cérémonies qui doivent célébrer aujourd’hui la mémoire d’Émilie Busquant qui a marqué la longue odyssée du mouvement national algérien.
Les graves impondérables qui marquent la conjoncture actuelle dans mon pays, m’empêche d’accomplir un devoir et aussi de partager avec vous l’émotion que suscite cette noble et belle figure de notre histoire. Hélas ! Loin de se résorber la crise qui, à huis clos déchire, ruine et ensanglante notre société depuis onze années, semble chargée de périls encore plus incontrôlables.
Je vous prie de présenter mes excuses auprès des proches du regretté couple Busquant Messali ainsi qu’auprès des camarades qui assistent à cette commémoration.
Le souvenir que j’ai gardé de ma première rencontre avec Emilie et Sid L’Hadj au retour d’exil de celui qui avait été pour moi à peine sortie de l’adolescence au delà d’un mythe, un personnage fascinant reste l’un des temps les plus forts de ma mémoire.
«Etre désappropriées de l’Histoire, c’est peut-être finalement l’Histoire la plus importante et le plus ordinaire qui arrive quotidiennement aux femmes». Je souscris totalement à ce propos d’Arlette Farge, qui constitue l’une des leçons fondamentales de la philosophie de l’histoire humaine. Fusionner la mémoire et le pouvoir, la mémoire et le mâle, l’histoire et le pouvoir machiste, demeure l’éternelle escroquerie qui hypothèque l’humanité.
Aussi bien, je suis heureux que la personnalité de Madame Busquant Messali commence à sortir de l’oubli. L’Algérie et la France lui doivent beaucoup : non seulement parce qu’elle a partagé jusqu’au bout les luttes et les souffrances de son mari, mais parce que ce grand leader lui doit d’avoir situé sa vision et ses combats, hors de l’intégrisme nationaliste, comme algérien mais à la fois comme compagnon internationaliste des travailleurs français, comme africain descendant d’esclave et tout simplement comme être humain. C’est sans doute, grâce au dévouement à l’humilité et à la culture de gauche de cette grande dame, que la modernité chez Messali ait pu se concilier avec le respect des traditions. Une modernité existentielle vécue dans le côte à côte et la convivialité, et non pas un simple placage à la mode sans effet sur les mentalités et les comportements.
Je salue du fond du cœur cette célébration. Elle n’est que justice et je souhaite que les deux peuples qu’elle a aimés réussissent à sortir des sentiers battus pour trouver les vrais chemins d’un partenariat crédible au service de toutes les catégories sociales.
Avec mes plus chaleureuses salutations.
Hocine Ait-Ahmed

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