livre du samedi : Femmes et Migration / h&m n°1311

23 Jan

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Présentation de l’éditeur: « Ce dossier compare les travaux sur les migrations féminines dans plusieurs pays européens et montre comment les femmes migrantes sont passées de l’invisibilité dans l’espace public. Il interroge cette réalité de la féminisation des flux migratoires et explique le traitement des migrantes comme une catégorie des politiques publiques, comme une cible des représentations sociales sur l’immigration dans des débats. Les pratiques associatives et culturelles de ces femmes sont une manières possibles pour elles de renverser les images stigmatisées qui leur sont accolées. »

Extrait de l’article -la visibilité des femmes migrantes dans l’espace publique / Mirjana Morokvasic- : « …il était temps de se demander quelles sont les question peu (ou pas) soulevées, et pourquoi certains sujets restent dans l’ombre, même lorsque la recherche s’y intéresse, et d’essayer d’apporter des éclairages sur celles pour lesquelles nous n’avons pas encore de réponses.
Meme si elles sont plus autonomes et davantage motivées par le travail, on a oublié les migrations familiales, alors qu’elles sont majoritaires selon les statistiques dans la plupart des vieux pays d’immigration en Europe. Puisque cette migration est publiquement désignée comme non désirable car « subie », selon la nouvelle terminologie de la législation en France, on pourrait se demander si, et comment, cette migration soi-disant « subie » alimente les secteurs qui ont besoin de la flexibilité et de la main d’oeuvre jetable. on peut également se demander pourquoi les recherches sur la création d’entreprises par les immigrés ou sur l’entrepreneuriat au féminin sont si rares. Les immigré(e)s sont de plus en plus qualifié(e)s: comment se fait-il que les quelques travaux qui soulèvent la question des femmes hautement qualifiées privilégient le secteur des soins se limitant aux infirmières? Les femmes médecins immigrées, ingénieurs, etc.., existent pourtant, mais ne trouvent pas de place dans notre regard qui s’est habitué à les voir comme subalternes. Rares aussi sont les recherches, surtout comparatives, sur les mouvements et les luttes de femmes immigrées, à l’instar des travaux d’Helen Schwenken sur le mouvement transnational des travailleuses domestiques en Europe. En France, la multiplication récente de grèves des travailleuses et les manifestations publiques des femmes sorties de l’ombre du travail domestique ou du care pour demander la régularisation s’inscrivent dans la continuité des luttes des « sans-papières » qui n’ont pas encore eu l’attention qu’elles méritent. Ce sont pourtant elles qui, construisent une autre visibilité dans l’espace public… »

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