BDS : les vraies luttes appellent une vraie répression

8 Mar

Cela fait un moment que l’on dit que certaines stars du Net usurpent leur titre de militant luttant contre les inégalités.
Quand le baratin voyage sur la toile, le réel revient par la rue, comme se fut le cas dimanche dernier à Paris. Une militante qui défilait lors de la manifestation féministe du 6 mars a été arrêtée par la Police pour le port d’un T-Shirt de la campagne BDS. Elle a été relâchée mais doit passer au tribunal pour « incitation à la haine ».
Pour les confortables idiots utiles de la dissidence il a fallu des kilomètres de vidéos insultantes durant 10 ans à l’encontre des personnes juives et des homosexuel.les pour avoir des convocations en procès pour « diffamation », « calomnies » et autres incitations à la haine.
Durant 10 ans les Soral et Dieudonné n’ont jamais soutenu la lutte du peuple palestinien autrement qu’en vendant leurs produits. La quenelle qui cachait l’escroquerie s’est dégonflée et il est possible aujourd’hui de se rendre compte à quel point les dissidents ont été les alliés objectifs des défenseurs de la politique de L’État d’Israël sur des bases identitaires.

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Maintenant que l’effervescence est retombée, la meilleure preuve en est que les acteurs israéliens et palestiniens qui luttent contre la politique coloniale d’Israël n’ont jamais travaillé, soutenu ou reconnu le travail de propagande de ces satellites du Front National.
Afin de se parer de légitimité, Soral et ses amis ont critiqué la campagne BDS. Ils ont prétendu que cette campagne était impulsée par « des sionistes ».
La campagne BDS est soutenue par la société civile palestinienne et des citoyens israéliens. Cette campagne ne fait appel à aucun radicalisme, elle peut être ralliée pacifiquement par toutes et tous à travers le monde. Ce boycott peut être suivi par toutes les tendances des soutiens de la lutte du peuple palestinien.
Le boycott est un moyen de pression utilisé pour exercer une pression économique et politique sur une entreprise ou un État afin d’en contester la politique.
Les plus agé.e.s d’entre nous se rappellent celui des produits d’Afrique du Sud : à cette époque même le P.S. n’y trouvait rien à redire.
Certains États boycottent la Russie, on nous explique que c’est pour le bien du peuple russe.
En revanche, BDS touche la politique d’un État allié des occidentaux dans une zone instable. Une enclave de colonialisme et de racisme d’État aux méthodes de gestion répressives qui servent de laboratoire à nos dirigeants.
Faire du boycott à l’encontre d’Israël c’est aller à l’encontre des intérêts d’un allié précieux tant sur le plan géographique que politique.
Du coup porter un t-shirt BDS dans la rue, avec la circonstance aggravante de participer à une manifestation «  de gauche », est assimilé à une incitation à la haine.

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Afficher son refus d’acheter des produits fabriqués sur le sol israélien au mépris des Droits de l’Homme et faire pression de manière pacifique sur la politique d’un pays revient à être plein de haine.
Peu importe si des Israéliens et la société civile palestinienne soutiennent cette campagne, elle est décrétée raciste par notre Premier Ministre dont la vision du conflit israélo-palestinien évolue au gré de ses opportunités de carrière. Maire d’Evry, il plante un olivier et fait mine de soutenir la Palestine pour amadouer les non-blancos et blancos militants de sa ville. Une fois Premier Ministre il décide de ne pas se fâcher avec la majorité islamophobe du pays.
C’est d’ailleurs à travers ce prisme du soutien à géométrie variable qu’il peut expliquer que faire pression sur Poutine c’est aider les Russes. Vu son déroulement de carrière il lui est simple d’expliquer que les Russes et les Israéliens ne sont pas pareils du tout et qu’ils ne peuvent donc être traités de la même manière. Nul besoin de rentrer dans des considérations sur Avigdor Liberman et les déclarations bienveillantes réciproques entre les dirigeants actuels de Moscou et ceux de Tel Aviv, ce serait fastidieux.
Pour résumer, le boycott c’est criminel quand il a pour objectif un partenaire qui lutte contre ce que le pouvoir en place présente comme des « hordes barbares musulmanes ».
Circonstance aggravante, le fait de soutenir la cause palestinienne est désormais assimilable au racisme le plus crasse. La sale besogne de Soral et Dieudonné paye, et c’est Valls qui ramasse les intérêts.
La lutte contre le sionisme est désormais assimilée à du racisme dans la bouche de nos dirigeants, qui peuvent s’appuyer sur le travail de provocation stérile du binôme de comiques cornaqué par la garde rapprochée de Marine Le Pen.

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Peu importe si dans les faits des juives et des juifs ne se sentent pas solidaires d’Israël, que certain.e.s militent activement contre la politique de cet État, que l’histoire des juifs et des juives d’Europe soit marqué par un courant « anti sioniste ». Tout ça passe à la trappe.
Les anti-systèmes en carton ont bien travaillé et la classe dominante peut frapper du sceau de la répression les militant.e.s qui se battent solidairement auprès du peuple palestinien depuis parfois plusieurs décennies.
BDS n’est ni une insulte ni un geste ambigu, c’est une campagne politique. Ses militant.e.s sont la cible de procès en raison d’actions pacifiques de sensibilisation : dans la France de Manuel Valls, qui ne tolère aucune forme de contestation, le simple fait de revendiquer un boycott non soutenu par le gouvernement français est désormais passible d’inculpation.

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Les vrais contestataires de l’ordre établi ne sont ni des radicalisés, ni des racistes, ce sont des personnes qui remettent en cause le fonctionnement injuste de notre société dans l’anonymat du quotidien. Quand ils se font arrêter par la police, ce n’est pas un plan de communication.

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