Interview Fik’s Niavo

30 Mai

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Ton album s’appelle ‘jeune vétéran 2.0”. Les Vétérans ont toujours une histoire a raconter c’est quoi celle du rappeur Fik’s Niavo ?

J’ai grandi aux Ulis dans le 91, je suis issu d’une famille nombreuse d’origine Congolaise (RDC). La musique a toujours été présente a la maison. Mes parents étaient fans de rumba congolaise et de musique africaine en général; tandis que mes sœurs et frères aînés m’ont fait découvrir très tôt la black music américaine comme Prince, Michael Jackson, Sade … Bien évidemment cette époque-là baignait dans le top 50 et là, ça ne me parle pas du tout, à part Balavoine Gainsbourg et Renaud (avant qu’il embrasse un flic a l’époque où il cherchait encore son flingue). En France, il n’y avait rien qui nous ressemblait médiatiquement parlant jusqu’à ce qu’arrive le rap US. Le déclic, il s’est fait très jeune en trois temps. Le premier c’est quand j’ai vu le clip « the message » de Grand Master Flash, le clip était sous titré en jaune et je me souviens avoir demandé à mon père de me lire ce qui était écrit et il a rigolé. Il avait pas envie que le môme que j’étais comprenne tout ça. Le deuxième déclic celui-là est négatif c’est la vision de « I need love » de LL cool J, tout me gène dans ce clip. Il est avec plein de meufs c‘est trop mielleux, ça ne me parle pas du tout. De plus dans ce titre je n’accroche ni au flow ni aux rimes et j’imagine qu’il ne raconte rien d’intéressant. C’est presque 10 ans après que je vais redécouvrir ce morceau et vaguement l’apprécier. Puis il y a le 3ème déclic qui est celui qui est décisif pour moi c’est Public Enemy. Et là, je retrouve les sensation de « the message », et là je me dis c’est ça que j’aime, c’est quand dans les flow ou dans les clips je ressens une rage. C’est l’époque où je débarque aux Ulis (après Fresnes, Massy et Palaiseau). J’ai 8 ans et il était pas rare de croiser des toxicos dans le quartier, des cadavres de bécanes volées sur le chemin de l’école. Socialement, là, on est dans le dur. Ça va être compliqué d’intégrer cette nouvelle vie, avec les problématiques inhérentes aux grandes banlieues. Foot de rue, police, camarades de jeu: va falloir trouver ses marques. Quand le Hip Hop arrive, je sens un point commun entre la vie que les ricains décrivent et la galère de notre quotidien, même si dans les faits il y a pas de comparaison possible. Le ghetto américain c’est pas le nôtre. Puis arrive Lionel D, Ejm, NTM, MC Solaar, avec mes frères on a envie d’en être. L’objectif : ne jamais louper Rapline ni RadioNova. Il y avait toute une culture qui se développait dans tous les quartiers de France. Nous, dans l’Essonne c’est l’arrivée de la télé câblée qui a été un vrai booster. On découvre Yo MTV rap … on prend claque sur claque des qu’on allume le poste. J’essaye de danser un peu, de griffouiller sur les murs, je rentre progressivement dans la culture. Le summum pour moi de cette époque c’est le clip « fight the power ». Aujourd’hui des gens reviennent sur l’histoire du Hip Hop te racontent que tout ça c’est du Spike Lee, du toc, destiné à nous endormir que les mecs avaient des Nike donc ils étaient des mecs achetés, des mecs pas sérieux manipulés par un complot mondial. Que toute cette culture c’était pour nous anesthésier. Mais quand tu l’as vécu vraiment en direct, tu sais que tout cela ne t’a pas anesthésié. Bien au contraire. Pour ma part, cela m’a éveillé. Mes parents m’ont nourri et éduqué; le Hip Hop m’a accompagné. Des clips ricains popularisent des figures noires symbolique comme Mandela, Malcom X ou Mohamed Ali. En Essonne, et particulièrement aux Ulis, c’est l’époque des pionnier du rap chez nous comme Booba Jump qui vient de nous quitter, paix a son âme, qui était un des premiers rappeur du cru, il y avait aussi les copains de ma génération qui avaient formé « Souvent Mal Jugé » dont le clip passait sur Télé-Essonne en boucle.

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Moi, à ce moment-là, j’étais encore en retrait, trop timide et introverti. Je n’avais pas du tout confiance en mes capacités. Je ne me voyais pas écrire mes propres textes. Par contre, tout ce qui vient de la culture Hip Hop me nourrit. Je m’accapare les disques, les histoires des groupes, je veux savoir qui a fait la musique, qui est le manager, je m’intéresse à comment on produit un CD. Ma première grosse claque française c’est l’album du Ministère Amer « Pourquoi tant de haine ». Pour la première fois des rappeurs parlent de Frantz Fanon, d’Aimé Césaire, du Code Noir, de la pisse dans ton hall à une échelle plus “quotidien de lascar” moins globale que NTM ou IAM à mon goût . Je reste plus influencé à l’époque par la culture Hip Hop américaine mais avec cet album, pour la première fois, le rap français m’intéresse aussi par le fond. Avec des potes, on va même jusqu’à envisager de passer un week-end à Sarcelles car on rêvait de croiser Stomy et Passi. On était très jeune en mode fan. On s’ouvre alors sur ce qui se passe ailleurs, on découvre les groupes Rap/Ragga de Vitry, d’Orly, de Mantes-la-jolie. Nous dans le fin fond du 9-1, au niveau des cultures Hip Hop, c’est encore la danse qui domine. En 96 mon frère Bobby me ramène la maquette d’un mec de sa classe. C’est Sinik, on se rapproche de lui. On le ramène au quartier puis Avec mon cousin Grodash et S-Prix on fonde le groupe l’Amalgam’ tout les 4. On commence à bien faire parler de nous localement. C’est encore le rap « je nike tout, je m’en bat la race » mais on sent qu’on a quand même un truc en plus. En fan de mec comme Nas, Big L, Biggie, etc, aux states ou de Time Bomb ici; on a une approche très exigeante artistiquement. Assez vite on comprend que le rap c’est un moyen de rencontrer d’autres personnes de sortir du quartier de dynamiter notre horizon. On ne le voit pas comme un moyen de faire de l’argent, mais comme un moyen humain qui permet de ne pas rester H24 aux Ulis. P-Kaer je le connaissais depuis le collège. Grodash réuni Djorka un pote de bahut, Templar et Kid du 9.2 et surtout Reeno. Plus tard Dj Myst nous rejoint. En 97-98 on forme Ul’team Atom, on a un home studio c’est la chambre de Reeno. Trop de souvenirs: les potos, l’insouciance et le bonheur d’être en train de construire un truc. Le groupe fonctionnera jusqu’en 2004. En 2004 l’album « les anges pleurent et la rue chantent » sort, très bon succès d’estime mais on décide de faire une grande pause. On décide de faire des solos ou des duos. Cet album c’est le zénith du groupe, beaucoup de gens n’ont pas compris pourquoi on se séparait mais nous ça fait 6-7 ans qu’on est ensemble, la boucle est bouclée collectivement pour nous. Pendant ces 7 années on a fait des dizaines et dizaines de concert des EP, des maxis, des mixtapes. On a même pressé des vinyls. On a travaillé avec plein d’autres artistes. 2002/2004 avec Gyver et John Steel on crée le fameux battle “Degaine ton style” dans notre salle mythique « LE RADAZIK ». Modestement, avec d’autres groupe du département on a façonné une culture rap dans le 9-1.

Votre histoire elle est un peu semblable à celle 45 scientifique dans le 92 avec des artistes issues de collectifs qui vont vendre énormément de disque comme Booba pour le 92 et Sinik pour le 91 et d’autre qui comme toi P-kaer pour le 9-1 ou Géraldo, JP Seck & Ali pour le 92 qui vont continuer a développer des projets au service d’un collectif tout en menant leur carrière artistique. Comment tu vois ces évolutions et ces ruptures du collectif vers l’individuel qui prennent parfois la forme de trahison ? Est ce que ce sont des passages obligés ?

Tu as raison, il y a souvent dans les projets collectifs ces formes de rupture. Mais si tu prends Booba et Sinik tous les deux au-delà de leur talent indéniable, ils étaient un peu des pièces rapportées dans ces collectifs. Booba, il a pas vraiment grandi au Pont de Sèvre il me semble, comme pour nous Sinik qui ne venait pas du même quartier que nous au départ. Le collectif, à un moment pour eux, c’était aussi le moyen d’exister et de se construire une forme de crédibilité, ce n’était pas une fin en soi. Je ne connais pas les histoires de chaque collectif mais il me semble que ce type de rupture c’est pas un passage obligé. Ce que je te dis en fait, c’est toujours la même histoire il y a ceux qui la jouent collectif par nécessité et il y a ceux qui vivent collectif. En disant ça, je décerne pas de bons ou mauvais points, parce que dans les carrières rien n’est jamais tout blanc ou tout noir. Certains se la joue solo mais font aussi croquer leurs potos une fois au sommet. Pour être honnête, répondre à cette question me gène un peu car entre Sinik et moi c’est pas une histoire de rap, c’est d’homme à homme dans le réel… Personne ne dois rien à l’autre (quoi que… ) et pour info on ne s’est pas vraiment croisé depuis une décennie et nous sommes toujours en vie et bonne santé grâce à Dieu . Mais la base pour moi, ça reste le projet de vie commun, là-dessus il faut pas se mentir pour pas mentir aux autres.

Alors justement qu’est ce qui ta poussé toi être un mec qui la « vie collectif » ?

Ma position d’interlocuteur très écouté dans ma très grande famille. C’est mon socle. Avant de vouloir sauver le monde je dois m’assurer de faire le max pour les miens. Après forcement viennent les rencontres, celles du parcours scolaire, du club de foot et les modèles que la vie en cité HLM te donnent, celles qui te façonnent. Moi, j’étais “très Quartier”. Entre le terrain de foot, la boulangerie, le collège et le toboggan je ne vivais qu’aux Amonts. Le Hip Hop, lui, m’offrait une fenêtre de sortie vers l’extérieur. Le collectif, il s’imposait de lui même. Au delà de la famille, il y avait des figures locales comme Moustapha Fall des « Ulis en Mouvement » qui nous mettait en situation de produire du collectif. Lui et son asso arrivent dans ma vie au début des années 2000, avec Michèle (la prof que l’on reconnaît dans le doc ALLÔ MARIANNE BOBO). Je me souviens de la manière dont ils me mettait en situation de responsabilité. Par exemple Moustapha organisait plein de voyages éducatifs et humanitaires en Afrique, des ateliers pédagogiques pour les quartiers et il avait le don de te mettre devant le fait accompli. Avec le recul c’est comme si tu savais pas conduire le gars te chauffe la voiture, il te voit, se met coté passager et te dit “je me sens mal, tu m’amènes à l’hosto, tu conduis ; t’as pas le choix, mec”. Tu peux pas refuser. Au début, tu paniques, tu te loupes mais avec l’habitude tu finis par arriver à destination. Il insistait toujours sur LA TRANSMISSION et le fait que les autres te regardent agir.
Et puis tu as les rencontres militantes. Celle avec le MIB avec le trio, Nordine, Tarek,Christel, Nadia et  Samir. Suite à un énième contrôle d’identité abusif et violent qui se passe mal pour moi, je suis aiguillé vers eux. De cette mésaventure va en découler une de mes plus importante rencontre: ça tombe au bon moment pour moi, c’est le moment ou avec Ul’team Atom on commence à avoir du buzz médiatique. Les maisons de disques commencent à penser à nous on nous invite en boite, aux Bains Douches on nous paye les bouteilles de champagne. Mais Avec P-kaer on échange beaucoup et on a une hantise. On voit trop bien ce que le les maisons de disques voient en nous : un groupe avec des blancs des noirs des arabes. On veut pas finir en “Boy’s band de la diversité”. C’est encore l’ambiance France 98. si ma mémoire ne me trahis pas le 11 septembre n’est pas encore passé par là. Rétrospectivement si à cette époque ma route croise pas celle du MIB, je sais pas si j’aurai pas pris une autre direction face aux sollicitations. A leur contact pourquoi j’ai aimé « The message » de Grand Master Flash, ça revit en moi. Au contact du MIB, y a une évidence qui s’impose pour moi. C’est pour des gens comme ça, c’est grâce à des gens comme ça que j’ai eu envie de faire de la musique. Là, d’un coup y a plus de doute pour moi cette rencontre avec Nordine, Tarek, Christel , Nadia et Samir elle est déterminante. Le MIB, c’est une école de lutte, l’expérience de Dammarie-lès-Lys avec Bouge Qui Bouge, les combats de Tarek, j’ai 20 piges je viens de me faire humilier et tabasser par des policiers à Châtelet-les-Halles et y a des gars que je connais pas qui ne sont même pas de mon quartier d’origine qui se bougent pour moi qui me donnent des instruments idéologiques et pratiques pour rester digne même quand tu t’es fait humilier publiquement par les “gardien de la paix”. Tout ça mature en nous, avec P-kaer quand le collectif d’Ul’team Atom arrive à son terme en 2004 nous on sait que l’on va faire que ça : du Rap militant mais en version 9-1, faut que ça reste cainry dans les influences nous on garde nos jeans larges et nos t-shirt 3XL. Nous n’étions pas une banlieue très Lacoste, ou Sergio Tacchini . Le 9-1 c’était plutôt cainry alors évidement dans le monde militant des quartiers on détonnait. On s’inspire beaucoup de Tupac, comme lui on essaye de toujours faire les trucs avec un maximum de conscience politique même si parfois on mime quelques attitudes “Gangsta” sans nous en rendre compte avec notre équipe Los Monzas on a parfois été très loin dans la rue sans jamais le glorifier dans nos couplets. A cette période on vit en meute on nous invite à une radio on vient avec des potes, on fait un festival on vient avec des potes. Mais on se met à lire énormément on essaye de construire notre discours, c’est clair que tout cela nous a fermé des portes dans le bizness. Fiks et P-kaer ça devient un concept pour plein de gens, certains trouvent qu’on loupe une grande carrière commerciale mais pour nous que dalle !!! 3 choses priment avant tout: Kicker, Représenter et Revendiquer . On s’inspire de Master P dans la forme pour comprendre comment aux states il a pu lancer plein d’artistes sans passer par les maisons disques, mais dans le fond on espère vendre nos projets dans la rue à la manière du jeune Huey Newton avec le Livre Rouge fin des sixties. C’est comme ça que nous développons notre réseau de vente de CD dans la rue, on se met a autofinancer tous nos trucs.

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Quels regards tu portes sur cette décennie qui vient de s’écouler où la culture Hip Hop s’est scindée en deux mondes qui n’ont plus l’air de cohabiter : le monde des vendeurs de disques, des vues sur YouTube et celui du quotidien de ceux et celles qui font tourner les battles dans les quartiers qui organisent les lieus de diffusions et de répétitions ?

Pour moi, en tant que MC mon but ce n’était pas de vendre des millions de disques. Si je dois en vendre des millions en restant moi-même, bah je ne crache pas dessus. Mais je reste fidèle à « the message ». Faut avoir quelque chose à dire. Si ton objectif c’est juste le biz, tu vas vite sombrer dans ce qui fonctionne le mieux dans le système capitaliste : les clashs, la violence, le sexisme, l’amour de l’oseille. Je me contente des concerts que je fais aujourd’hui ou des mecs âgés de 20 à 40 piges te check, te serrent dans leur bras et te disent « merci de pas avoir lâcher le truc authentique », ça me fait plus plaisir que de savoir que mon projet est rentré dans le top album digital. Le plaisir, c’est de savoir que tu peux jouer à l’autre bout de la France dans un quartier juste parce que tu as participé à alimenter par ton travail artistique et militant un réseau de diffusion dont tu peux profiter avec d’autres. J’ai sorti mon album veteran 2.0 y a 2 mois maintenant, j’ai fait des radios, des gros magazines, des supports militants. Partout c’est le même accueil fraternel. Pourtant je n’ai pas 800 000 vue sur mes clips sur YouTube. Je ne crache pas sur en avoir mais ce que je constate c’est que de la même façon que tu pouvais vivre sans les radios y a 10 ans aujourd’hui tu peux aussi exister sans cette course aux vues. L’objectif ce n’est pas de vendre des millions de disques, l’objectif c’est d’en vendre suffisamment pour pouvoir recommencer. Mon rap est tellement lié aujourd’hui à mon militantisme que jouer devant 17 personnes ou 300 pour moi c’est important, c’est la même chose. Chaque auditeur est d’abord un être humain qui à un instant T te consacre de son temps, de son argent, de son cerveau, de son écoute ! Mon leitmotiv c’est de savoir qu’il ne faut sous-estimer l’impact d’un texte dans l’oreille d’aucun(e) auditeur(trice)..

Comment s’opère pour toi ces allers-retours entre le militant et l’artiste ?

Je kiffe le Hip Hop, c’est une passion du quotidien, quand je vois des mecs comme Immortal Technique qui allume le gouvernement Bush en 2002 et qui va faire un doc en Afghanistan pour appuyer son propos, quand je vois l’an dernier Talib Kweli ou J.COLE artistes aux multiples disques certifiés Platine qui se rendent spontanément à Ferguson, ville des USA noire et pauvre près de St Louis là ou un flic bute Mike Brown alors qu’il n’est pas armé et qu’il a les mains en l’air, je me dis en France on manque d’artistes très exposés qui ont de vrais engagements ailleurs que dans leur studio quand ils posent des “punch-line radicales” mais fades. Ici, pour certains artistes s’engager, c’est faire la “tournée des enfoirés”. Je crache pas sur les Restos du Cœur, j’en ai bénéficié mais ça fait sourire comme combat. Gros respect et Big Up à Coluche qui a fait de sa notoriété une structure qui aide les plus démunis. Mais 30 ans après, malheureusement, on a vider la substance “anti système, anti bizness et anti politiques” de ce beau projet. Il y a pas plus consensuel que ce combat contre la pauvreté qui ne pointe jamais les raisons qui font que des millions de gens ont besoin des Restos du Cœur pour bouffer. En France, aux mieux les artistes, ils s’engagent pour déplorer les conséquences et se mobilisent rarement contre les causes de nos malheurs. Être un artiste militant c’est s’intéresser aux causes. Et c‘est là que les discussions avec Moustapha ou Simon aux Ulis m’ont été utiles pour trouver un équilibre entre engagement militant et artistique. Les actions du quotidien aux quartiers et les lectures révolutionnaires et philosophiques me permettent de bien articuler les deux après on va pas se mentir mon père était un intellectuel congolais. Comme beaucoup d’intellectuels du tiers monde sa venue en occident lui a fait perdre ce statut d’intellectuel au regard des français. Après quelques années dans un poste honorable, Il est redevenu ici un travailleur immigré. Mais à la maison y avait des tonnes de livres je me souviens de plein de livre des collections « que sais je » par exemple. La réflexion politique et l’action politique ce n’est pas un truc qui était extérieur chez moi. En avançant dans la vie, engagement et Hip Hop se sont mécaniquement lié. Le Fik’s qui s’investit dans Rezus c’est le même qui rap en fait. L’artiste et le militant sont pour moi indissociable. Quand je participe aux élections municipales aux Ulis ou quand je m’engage au côté d’émergence avec Almamy Kanouté pour les régionales c’est toujours en tant qu’artiste. Modestement c’est autant le rappeur que le militant. C’est un état d’esprit et une pratique de se mettre au service. Au service de gens et d’une cause. Ça, c’est un apprentissage que je dois à ma famille à Moustapha à Simon à Tarek à Samir à Nordine à tous les militants que j’ai croisé et qui m’ont aidé a faire de moi ce que je suis aujourd’hui. C’est ce qui fait la différence avec les engagements bidons de pleins d’artistes qui utilisent des causes pour se mettre en scène. Se mettre au service c’est la marque de tous les militants. Pour moi si tu milites tu le fais avec le cœur et si tu rapes tu le fais avec le cœur. Pour te donner un exemple de comment les choses sont liées pour moi, quand on a fait avec Rezus « Allo Marianne Bobo » et que je l’ai montré a une de mes petite sœur en voyant; les 1eres images du doc elle a cru que c’était mon dernier clip de rap. La culture hip hop ne me quitte jamais. Cette alchimie entre engagement artistique et militant me permet de rester cohérent. Pour reprendre un vieux slogan, je te le dis modestement un peu comme un Panther en 1969 a Oalkand aux USA : « pour le peuple par le peuple ».

 

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