La police déteste tout le monde

1 Juin

Si tout le monde en manif ne déteste pas encore la police, tout le monde peut se rendre compte que la police en manif, elle, déteste tout le monde. Les milliers de blessés et mutilés par les policiers lors de cette séquence de contestation de la loi travail sont là pour en témoigner. Rien n’échappe à la haine de la police, hommes, femmes, adolescents, enfants journalistes tout y passe. Même les idiots de journalistes de la dissidence en carton qui nous vendent à longueur d’année la réconciliation nationale avec les corps constitués ont le droit à leur grenade dans la tête. Comble de l’ironie pour ce journaliste dissident ce sont des gauchistes chevelus et tatoués sur lesquels il crache son mépris toute l’année qui prennent soin de lui et soignent sa blessure récoltée pour s’être un peu trop approché de ses amis policiers. police

Le policier, dans ces manifestations du printemps 2016, déteste visiblement tout le monde. Enfin, cette règle souffre évidement d’exception quand les syndicats de police organisent leur manifestation. Dans sa manifestation le policier ne déteste pas tout le monde : il aime bien le FN. Qui peut encore s’en étonner? Il suffit de regarder les résultats des bureaux de vote à côté des casernes de CRS ou de gendarmes mobiles pour se rendre compte que les défenseurs de « l’ordre républicain » sont massivement des électeurs du FN. Certains bureaux de vote constitués majoritairement de personnel de maintien de l’ordre (MO) ont parfois voté a plus de 60 % pour le front

Une enquête du  centre de recherches politiques de Sciences Po, réalisée pour  les régionales de 2015, nous apprend que 51,5 % des policiers ont voté pour le FN. Il faudra bien un jour que l’on nous explique ce paradoxe républicain. D’après nos élites politiques du FdG au PS jusqu’à l’UMP il faut respecter les policiers français forcement républicains mais il faut faire barrage au FN au moment des élections car c’est l’ennemi de la République et de la démocratie. Quel sentiment doit-on alors avoir si on corrèle l’amour du policier que l’on exige de nous avec le fait qu’un policer sur 2 a voté FN et parfois 2 membres sur 3 dans les forces de MO qui nous mutile en manif ou les soirs de révolte au quartier ? A-t-on le droit de détester cette police qui

vote majoritairement FN ?

FnPolice

Pour comprendre les violences policières dans nos quartiers populaires et l’entrain et la motivation des policiers de maintien de l’ordre à nous mutiler en manif ou tout simplement la haine et le mépris de la police du quotidien à chaque fois qu’on la croise au quartier, il convient de mettre cette donnée dans l’équation : la police française est majoritairement composée d’électeurs du FN.

L’autre évidence c’est que tous les policiers ne sont pas idéologiquement marqué à l’extrême droite. Pour 1500 euros par mois l’état n’a pas de mal à recruter des bras pour ses sales besognes au delà des fans de l’extrême droite. Le métier de policier a cela de bien qu’il permet de bénéficier d’un peu d’autorité sur son prochain et qu‘il permet de remplir son frigo. Il ne fait aucun doute que l’argent et le pouvoir de la fonction sont aussi des moteurs qui poussent des types souvent médiocres à s’engager dans les forces de police. Chacun au quartier où ailleurs peut raconter une anecdote sur untel qui est devenu flic. De la cours de récréation de l’école maternelle à celle du lycée c’est souvent l’itinéraire d’un pauvre gars avec peu d’amis, souvent lâche, parfois victime de brimades du groupe qui va trouver dans le port de l’uniforme la stabilité affective et physique qui lui a tant fait défaut dans sa jeunesse. Comme le chantait NTM :

« Le portrait type, le prototype du pauvre type
Voilà pourquoi dans l’excès de zèle, ils excellent ».

Leur vie de flic n’est pas fondamentalement différente de leur jeunesse si on n’en croit leurs organisations syndicales qui passent leur temps à expliquer que c’est un métier ou le mal être et les taux de divorces sont importants et les taux de suicide sont élevés. A écouter ces organisations syndicales nous parler des malheurs du quotidien de la police française on comprend mieux la rage qui s’exprime par exemple quand on un policier surarmé et surprotégé se déchaîne sur une femme de 26 ans.

Violences policières

Peut-on poser l’hypothèse que cette rage n’est finalement que l’expression des frustrations d’une vie de raté ?

Pour transformer cette humanité de mauvaise facture en rempart solide de l’oligarchie qui nous dirige, Valls et Caseneuve savent parfaitement qu’il faut bien la nourrir. Comme on nourrit un chien méchant en pariant sur le fait qu’il ne mordra pas la main nourricière. Le 26 mai 2016, le gouvernement a donc décidé d’augmenter l’indemnité spécifique aux forces mobiles engagées sur les manifestations contre la loi travail et « confrontées à (la) violence ». L’indemnité journalière d’absence temporaire (Ijat) que touchent les gendarmes mobiles et les CRS lorsqu’ils sont loin de leurs bases en maintien de l’ordre. sera portée au 1er juillet à 37 euros par jour. Voilà qui devrait donner du cœur à l’ouvrage à notre police républicaine pour les prochaines manifs! En même temps le 1er juillet, c’est loin.

Qu’importe, les violences policières reposent aussi sur un fond idéologique qui permet à nos braves policiers républicains de maintenir le rythme des violences jusqu’à cette incitation financière.

Le contrôle policier durant lequel on doit supporter souvent le ton humiliant d’un petit coq (quand ce n’est pas  les remarques racistes ou sexistes) en passant par les violences en manifs, au quartier ne sont en effet que l’expression dans la parole et les actes de l’influence du FN sur cette profession. Influence que l’on retrouve naturellement dans le comportement de leurs organisations syndicales. Organisation, qui au-delà d’afficher un soutien parfois direct au FN comme le 18 mai 2016 lors de la manif a République se comporte de fait déjà comme les syndicats dont rêve le FN. Corporatistes au possible et soumis à leur patron. Les syndicats policiers sont les seuls syndicats qui tournent leur colère contre les usagers de leur service plutôt que contre leurs employeurs. Il viendrait pas à l’idée d’un syndicat de l’automobile de se tourner contre les consommateurs qui n’aimeraient pas suffisamment la marque des voitures qu’ils produisent. Dans la police c’est la règle, les syndicats préfèrent majoritairement se plaindre des gens qui n’aiment pas l’ordre social qu’ils maintiennent plutôt que de se tourner vers leurs maîtres qui leur font faire des tâches souvent idiotes, toujours violentes et parfois meurtrières pour maintenir un ordre social injuste.

Nous en avons eu une énième démonstration sur la place de la nation à Paris le 26 mai. Nos gardiens de l’ordre républicain, CRS (casque a bande jaunes)  Compagnie d’Intervention (casque a bandes bleues) et autre bacqueux (sac à dos Quechua) ont une nouvelle fois pu donner toute la mesure de leur force de travail en suivant des ordres imbéciles qui consistaient cette fois à les mettre en situation d’embuscade à l’arrivée d’une manifestation. En installant leurs grilles Place de la Nation 3 heures avant l’arrivée de la manif, il y en pas qui s’est dit que ça sentait un peu le plan pourri cette idée de bloquer la manif a son arrivée a Nation. Une fois les manifestants arrivés sur Nation, nos vaillants policiers semblaient un peu perdus chargeant de manière sporadique et désordonnée, s’engueulant les uns les autres, d’une unité à l’autre. Parfois isolés au milieu des manifestants, ils se sont tirés des grenades lacrymogènes les uns sur les autres à plusieurs reprises. Les CRS (casques aux lisières jaunes) semblaient dépités devant la bêtise des Compagnie d’Interventions (les casques au lisières bleus) et des bacqueux dont les éléments partaient seul dans une foule pour matraquer au hasard. Ce n’est pas que le CRS a de la sympathie pour les « salauds de gauchos » mais le CRS a reçu une formation particulière. Celle des ordres et des consignes parmi lesquels le maintien de l’ordre répond à quelques règles et au minimum au coup de sifflet du chef alors que les CI et les bacqueux sont plus dans la spontanéité. Pour prendre une métaphore canine,

pitbull

c’est comme comparer les dogs de Higgins dans Magnum aux pitbulls du quartier qui usent leurs crocs sur le bitume. Les deux variétés ont la même fonction : protéger leur maître mais elles n’ont pas le même dressage. Y a peu de chance de voir un CRS partir tout seul  comme le vaillant policier d’une Compagnie d’Intervention –  probablement ivre ou sous Cok-Haine – a voulu aller jouer au guerrier tout seul lors d’une manifestation à Nantes et qui a récolté quelques bleus ailleurs que sur son casque, cette fois.

L’utilisation des CI et des bacqueux  pour faire du maintien de l’ordre en manif en dit long sur la volonté de l’État de nous faire peur comme il cherche à terroriser les quartiers populaires depuis plus de 30 ans avec ses forces de police surarmées et violentes. Ce 26 mai 2016 Place de la Nation tout n’était pas négatif pour nos policiers républicains. Il y a eu quelques satisfactions. Ils ont pu passer leurs nerfs d’hommes fragiles et mal aimés sur tout ce qui leur tombaient sous la main. Cours de Vincennes cela a presque conduit une unité de CI au meurtre.

Non pardon, les tentatives de meurtre c’est quand un ado de 18 ans  tente une balayette sur un keuf fou suréquipé ou quand une voiture de police brûle et que l’on tape avec une tringle à rideau un géant assermenté détenteur d’un pistolet automatique.

18 mai

Jeter une grenade sur un manifestant/journaliste pacifique, asperger de gaz lacrymogène ceux qui lui viennent en aide: c’est du maintien de l’ordre. Cela n’a rien à voir avec une tentative d’assassinat même lorsque le récipiendaire de le grenade est dans le coma. On a bien compris les éléments de langage répétés au JT de 20h. Malheureusement le 20h, c’est autant un classique que certains morceaux de musique.

« Mercenaires, fonctionnaires au sein d’une milice prolétaire
Terriblement dans le vent, trop terre-a-terre pour qu’ils tempèrent
Ou même modèrent
L’exubérance héréditaire qui depuis trop longtemps prolifère
Contribuant a la montée de tous les préjugés
Et manœuvrant pour renflouer l’animosité
Des poudrières les plus précaires
Considérés secondaires par les dignitaires
D’un gouvernement trop sédentaire
Et d’une justice dont la bâtisse est trop factice
Pour que s’y hissent, oui, sans un pli nos voix approbatrices
Mais sincèrement, socialement, quand il était encore temps
Que l’on prenne les devants, tout ne s’est fait qu’en régressant
Comment ? Aucun changement de comportement
De la part des… suppôts des lois, rois du faux-pas
Ma foi, ce qui prévoit un sale climat
Donc pour la mère patrie du vice
De la part de tous mes complices
Des alentours ou des faubourgs
Avant qu’on ne leur ravissent le jour
Nique la police ! »

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15 Réponses to “La police déteste tout le monde”

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