Un 13 juillet comme les autres aux Ulis

14 Juil

L’an dernier dans la nuit du 13 au 14 juillet, il y avait eu des accrochages entre « forces de l’ordre » et des jeunes aux Ulis. Comme presque toujours les forces de l’ordre étaient intervenues sans ménagement et sans discernement : Tarik Malki avait été blessé par un tir d’arme non létale. S’en était suivie une mobilisation et la mise en place d’un comité de soutien à Tarik Malki et sa famille afin de demander vérité et justice sur cette affaire.

On est en 2016, les saisons ont passé. Le décor est presque le même malgré le ripolinage de la rénovation urbaine. La municipalité « républicaine » qui penche plutôt à droite a eu un an pour tenter de prévenir les dérapages d’un feu d’artifices qui déborde sur la ville. Leur méthode : le tout sécuritaire. On réduit les budgets « inutiles » de la culture, du sport, de l’éducation. C’est aux parents de s’investir, après tout il faut bien que les habitants des Ulis y mettent un peu du leur. Le cadre de la vallée de Chevreuse a un prix. Pas question de se substituer au désengagement de l’État pour aider à l’éducation d’une population ingrate… L’égalité c’est un mot creux sauf si tu as les moyens. Aux Ulis le monde se divise en deux catégories, ceux dont les voix comptent et ceux qu’on voudrait laisser pour compte.

La municipalité a fait ses calculs: cette population de cassos ne vote pas. Pire, des fois elle s’organise et conteste l’ordre établi. En revanche les nouveaux propriétaires exaspérés par la population locale sont des électeurs qu’il faut séduire. C’est pour leur plaire que des caméras de vidéo-surveillance vont être misent en place. Y a pas d’argent pour les ATSEM de la ville, mais il y a une ligne budgétaire pour un projet de vidéosurveillance. On ne fait pas gaffe aux enfants, on cherche à sanctionner leurs aînés. Pour enfoncer le clou, la police municipale va être « équipée » pour patrouiller la nuit. Les gamins qui jouent au foot le soir n’ont plus le droit cité dans leur ville. Idem pour toutes celles et ceux dont l’apparence ou les coutumes peuvent faire baisser le prix du mètre carré.

Il faut « nettoyer » les rues et les rendre plus » sûres ». Bilan de l’opération : depuis un an les policiers municipaux et la population locale sont en conflit régulier. Il n’y a que les gens qui viennent de débarquer pour croire à la fable que policiers municipaux avec flashballs et tasers sont les garants de la paix sociale dans une ville comme les Ulis.

Comme de bien entendu : qui sème la hagra risque la treha. Un été sans plage au bord du mois d’août, des petits boulots pour survivre, l’augmentation des expulsions locatives et une politique municipale qui se moque des besoins de plus de la moitié de la population est un mélange potentiellement détonnant. Alors quand on y rajoute des pétards, ça part fatalement en vrille.

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  1. Banlieues / Cités | Pearltrees - 15 juillet 2016

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