Livre du samedi : Passage au crépuscule / Rachid EL-DAÏF

16 Juil

LARGE

Présentaion : Tantôt reclus, se débattant contre ceux qui investissent son domicile, tantôt fuyant, cherchant son salut dans un improbable passage au crépuscule, obsessionnellement, à Beyrouth, un homme bascule dans le labyrinthe du cauchemar. Telle est en effet la vision — presque une hallucination — que nous propose Rachid el-Daïf. Dans un récit hanté par l’angoisse de la mutilation et de la mort, nous découvrons la douleur intime d’un conflit jamais vraiment décrit, jamais explicitement circonscrit. Echappant aux catégories du politique autant qu’à celles du militaire, ce texte est, dans son irréalisme même, un témoignage de première force sur l’expérience civile de la crise libanaise.

Rachid El-Daïf est né en 1945, à Zgharta, ville de la montagne libanaise où il passe son enfance. Dans son roman Learning english, il revient sur les rudes mœurs tribales des maronites de cette région. Étudiant à l’Université de Beyrouth, il s’engage dans les rangs du Parti Communiste libanais qui s’était rangé du côté des Palestiniens dans leur combat contre les phalanges chrétiennes. En avril 1975, il espérait que la guerre allait se terminer par la victoire des « progressistes » et « abolir à jamais le système confessionnel ». Mais il déchante très vite. Ses premiers livres, notamment Passage au Crépuscule et Lettre à Monsieur Kawabata, sont un véritable réquisitoire contre la culture de la haine qui s’est développée au Liban. À partir de Qu’elle aille au Diable Meryl Streep, Rachid El-Daïf s’attaque avec une virulence humoristique rare aux hypocrisies de la société libanaise dont la modernité cache, selon lui, des archaïsmes insoupçonnés.

Publicités
%d blogueurs aiment cette page :