Livre du samedi : Dirty Wars / Jeremy Scahill

6 Août

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Le Nouvel Art de la guerre : Dirty Wars

Jeremy Scahill

Présentation: Dans cette captivante enquête qui prend la forme d’un thriller, Jeremy Scahill braque le projecteur sur les manœuvres clandestines du Joint Special Operations Command (JSOC), ce corps d’armée placé directement sous les ordres de la Maison-Blanche, muni d’un permis de tuer en toute impunité et pour qui le monde n’est un champ de bataille. De l’Afghanistan au Yémen, en passant par le Pakistan, la Somalie et les États-Unis, le journaliste donne la parole aux victimes de cette sale guerre, les familles anéanties, femmes et hommes qui doivent choisir entre la douleur résignée et le djihad contre l’Amérique sanguinaire.

Avertissement par l’auteur: Ce livre raconte comment les États-Unis ont fait de l’assassinat un élément central de leur politique de sécurité nationale. Il explore aussi les conséquences de cette décision sur les peuples de dizaines de pays et sur l’avenir de la démocratie américaine. Bien que les attentats du 11 septembre 2001 aient eu un impact déterminant sur la politique étrangère des États-Unis, ce virage a été entrepris bien avant le matin où se sont effondrées les tours jumelles.En ce monde de l’après-11- Septembre, on tend à observer les affaires extérieures de Washington à travers un prisme partisan voulant, d’une part, que l’invasion de l’Irak par le président George W. Bush ait été une catastrophe absolue et ait amené les Américains à croire qu’ils vivent une guerre planétaire, et, d’autre part, que son successeur Barack Obama soit contraint de réparer le gâchis. Les conservateurs considèrent qu’Obama fait montre de faiblesse à l’égard du terrorisme, tandis que les libéraux estiment qu’il mène une guerre mieux « avisée ». La réa- lité est cependant beaucoup plus nuancée. Ce livre résume l’histoire de l’expansion des guerres secrètes menées par Washington, du recours abusif aux privilèges de l’exécutif et au secret d’État, et de la consolidation, au sein des forces armées, d’innombrables unités d’élite n’ayant de comptes à rendre qu’à la Maison- Blanche. Le nouvel art de la guerre révèle aussi la persistance, dans les administrations tant démocrates que républicaines, d’une mentalité selon laquelle « le monde est un champ de bataille ». L’ouvrage s’amorce avec une brève histoire de la stratégie antiterroriste américaine dans les années ayant précédé le 11-Septembre. Partant de là, j’explore divers épisodes se déroulant des premiers jours de l’administration Bush fils au second mandat d’Obama. On y rencontre des dirigeants d’Al- Qaïda au Yémen, des seigneurs de guerre soutenus par les États-Unis en Somali e, des espions de la Central Intelligence Agency (cia, Agence centrale de renseignement) au Pakistan et des commandos des forces spéciales chargés d’éliminer des individus considérés comme des ennemis. On y découvre les agents et soldats qui mènent les opérations les plus secrètes des forces armées et de la cia, et on y entend les récits de personnes bien informées qui ont passé leur vie dans l’ombre. Certaines, d’ailleurs, n’ont accepté de me parler qu’à condition que je taise leur identité. Aujourd’hui, tout le monde connaît la Navy SEAL Team 6 et le Joint Special Operations Command (jsoc, qu’on prononce « djay-soc », Commandement interarmées des opérations spéciales), ces forces spéciales qui ont tué Ben Laden. Ce livre fait état de missions non encore révélées ou peu connues qu’ont menées ces unités, missions dont les gens de pouvoir ne parleront jamais et que Hollywood se gardera d’immortaliser. Je m’attarde sur la vie d’Anwar Al- Awlaki, premier citoyen américain voué à être assassiné par son propre gouvernement sans jamais avoir fait l’objet de la moindre accusation officielle. Je m’intéresse également au sort des personnes qui se retrouvent prises entre deux feux, ces civils confrontés aux tirs de drones et aux actes terroristes. Nous rendons visite à des Afghans dont la vie a été détruite lors d’un raid des forces spéciales qui a mal tourné, les faisant passer d’alliés des États-Unis à kamikazes en puissance. De prime abord, les récits qui constituent ce livre pourront sembler disparates, mais, pris comme un tout, ils offrent la perspective d’un avenir hypothéqué par des guerres sales qui ne cessent de s’étendre.

 

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2 Réponses to “Livre du samedi : Dirty Wars / Jeremy Scahill”

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    […] Dirty Wars : Je suis très fan et admirative du journaliste d’investigation Jeremy Scahill, celui qui a révélé dans un livre le scandale de Blackwater. Vous savez, cette entreprise de « location de mercenaires » qui fournit des soldats aux Etats-Unis… Dans Dirty Wars, Scahill décrit la façon dont, à la suite du 11 septembre 2001, les USA ont changé leur façon de faire la guerre. Le documentaire porte son attention sur un corps d’armée exceptionnel, JSOC, le seul à communiquer directement avec le président des Etats-Unis, et à avoir toute latitude pour assassiner – des femmes, des enfants, parfois des familles entières. Bref, comment le meurtre et sa dissimulation (ou négation) médiatique est devenu l’outil de guerre de la première puissance mondiale. Un résumé ici, là et là. […]

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