ACAB (All Cops Are Bisounours)

14 Oct

 

ll est au moins un domaine dans lequel l’État néo-socialiste tient ses promesses. Et vite. Le 22 septembre dernier, un enseignant précaire de l’université Paris 1 se faisait attraper par un commando de fonctionnaires de police en mode groupe d’intervention d’une dictature militaire latino-américaine des années 1970. Le motif était il est vrai très grave : ce presque terroriste filmait l’arrestation ultra-violente d’une femme noire à la station RER St Denis à l’aide de son téléphone portable.

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Du coup les membres assermentés du commando l’ont entraîné à l’écart pour lui apprendre à faire la différence entre du vulgaire mobilier urbain et des playmobils état-d’urgentistes. Clefs de bras, taser, menace et simulation de viol avec tonfa, bref, le quotidien du vivre ensemble bleu-marine dans pas mal de quartiers. Et puis, donc, une promesse, énoncée à la lecture des papiers professionnels du terroriste au téléphone portable : «On va venir à la Sorbonne, on va vous exterminer toi et tes collègues, sale gauchiste ».

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Ça y est, ça n’a pas traîné, ils y sont : leur porte-parole, Bernard Gazeneuve, vient d’annoncer qu’il portait plainte contre les auteurs d’un crime intolérable : des tags désobligeants à l’encontre de nos glorieux représentants de la loi et l’ordre, qui portent avec tant de panache les couleurs de notre belle République.

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Cette louable fermeté n’a rien à voir, non non, avec le coup de pression donné sur toutes les antennes par les lobbyistes des « syndicats » de police après l’attaque au cocktail molotov de deux voitures et de leurs occupants le 8 octobre à Viry-Châtillon.

Le ministre ventriloque du lobby Alliance est on ne peut plus clair : ces inscriptions sont « constitutives d’apologie de crimes contre des policiers », et donc passibles de poursuites extrêmement lourdes. Il y a fort à parier que les autorités de cette université aient déjà communiqué les enregistrements de vidéo-surveillance : la fac, comme tout le monde, aime la police, qui le lui rend bien.

Une réflexion pour contribuer au changement de régime en cours : si un tag folklorique est mis sur le même plan qu’une attaque réelle au cocktail, pourquoi s’arrêter en si bon chemin ? Les bureaucrates du lobby Alliance, ses porte-paroles gouvernementaux et leurs supplétifs universitaires devraient pousser leur logique jusqu’au bout. Il ne faut pas rester dans les couloirs : un petit effort, poussez la porte des bibliothèques, l’apologie de crime contre la maréchaussée y est installée, et depuis longtemps.

Les parvis des universités pourraient servir par exemple à l’organisation d’autodafés pour des écrits qui diffament gravement les forces de l’ordre.

Le délinquant moyen-âgeux François Villon s’en prenait déjà aux représentants de l’ordre : au bûcher ! « Les Misérables », du subversif Victor Hugo, portent une atteinte intolérable à l’image de la police, l’inspecteur Javert y étant dépeint sous des traits qui n’incitent pas à l’amour du képi : hop ! à la broyeuse ! Et que dire de l’académicien quasi-terroriste Anatole France, qui met l’horrible incitation au meurtre « mort aux vaches » dans la bouche d’un de ses personnages les plus sympathiques ?

Une fois cette purge effectuée, il faudra s’intéresser aux incitations à la violence contre les représentants de l’État qui gangrènent la chanson française, et pas uniquement dans le rap des hordes de barbares qui peuplent les quartiers radicalisés. Cet appel au meurtre plonge ses racines dans une tradition très ancienne qui sévit sur internet et attise la seule haine intolérable : « haine anti-flic ». Il faut y mettre bon ordre et commencer par extirper les mauvais exemples du siècle dernier. On pourrait par exemple déterrer les os de l’anarchiste moustachu Georges Brassens, dont les appels au meurtre ne sont toujours pas censurés. À la fosse commune !

Ou ceux de Schultz, le chanteur du vieux groupe violemment appelé Parabellum -tout un programme-, qui avait cru bon de remettre au goût du jour une rengaine scandaleuse « mort aux vaches, mort aux condés ».

Sans oublier le filloniste Renaud Séchan, qui, avant de sombrer dans l’alcool, de perdre ses neurones et d' »embrasser un flic » voulait les attaquer avec « des fusils, des pavés, des grenades ». Au mitard !

Un peu de patience, encore une réclamation des syndicats d’extrême droite de la police et on aura une jolie purge : plus de tags, plus de musique qui incite à la haine, que de l’art sain et exemplaire pour les générations futures.

 

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