Bob Dylan / Master of War

14 Oct
 
Après lui parait qu’il y a eu Renaud, avant lui y avait qui ? 
La bourgeoisie culturelle vient de récompenser une fois encore un de ses enfants prodiges qui fut en son temps un des critiques les plus acerbes du monde bourgeois. Ce qu’ Irvine Welsh l’auteur de Trainspoting résume ainsi  : « Je suis fan de Dylan, mais c’est une récompense nostalgique et malade arrachée aux prostates séniles de hippies bavards. »
La bourgeoisie culturelle peut donc célébrer un vieillard qui depuis bien longtemps a perdu sa jeunesse et sa révolte en un sens, la sève de sa vie  : «Mes trucs, c’était les chansons, vous savez. Ce n’était pas des sermons», a-t-il déclaré dans une interview en 2004 à la chaîne américaine CBS. «Si vous examinez mes chansons, je ne pense pas que vous trouverez quoi que ce soit qui fasse de moi un porte-parole de qui que ce soit». Comme reniement Renaud a encore quelques leçons a prendre de celui qui l’a précédé.

 
Il reste pour ceux qui voudront bien s’en donner la peine la possibilité de découvrir la poésie et la radicalité de l’enfant prodige de la folk américaine en réécoutant par exemple Master of war.
Venez, vous, les maîtres de guerre 
Vous qui construisez ces grosses armes
Vous qui construisez ces avions de mort
Vous qui fabriquez toutes ces bombes
Vous qui vous cachez derrière des murs
Vous qui vous cachez derrière des bureaux
Je veux juste que vous sachiez
Que je peux voir à travers vos masques

Vous qui n’avez rien fait d’autre
Que construire pour détruire
Vous jouez avec mon monde
Comme si c’était un petit jouet
Vous mettez une arme dans ma main
Et vous vous cachez hors de ma vue
Pour vous enfuir bien loin
Lorsque les balles sifflent

Comme Judas autrefois
Vous mentez et trompez
Une guerre mondiale peut être gagnée
C’est ce que vous voulez me faire croire
Mais je vois à travers vos yeux
Mais je vois à travers votre esprit
Comme je vois à travers l’eau
Qui s’écoule dans nos égoûts

Vous tendez la gâchette
Pour que les autres tirent
Puis vous reculez et regardez
Quand le nombre de morts augmente
Vous vous planquez dans vos demeures
Lorsque le sang des jeunes
S’écoule de leur corps
Et se mêle à la boue

Vous avez jeté la plus grande peur
Qui puisse exister
Celle de mettre des enfants
Au monde
Pour avoir menacé mon enfant
Pas encore né ni même nommé
Vous ne méritez pas le sang
Qui coule dans vos veines

Est-ce que j’en sais assez
Pour parler ainsi
Vous pouvez dire que je suis jeune
Vous pouvez dire que je ne sais rien
Mais il y a une chose que je sais
Malgré mon jeune âge
C’est que même Jésus
Ne pardonnera jamais ce que vous faites

Laissez-moi vous poser une question
Votre argent est-il si bon
Qu’il achète votre pardon ?
Pensez-vous qu’il le peut ?
Je crois que vous constaterez
Lorsque l’heure de votre mort aura sonné
Que tout l’argent que vous possédez
Ne suffira pas à racheter vos âmes

Et j’espère que vous mourrez
Et que votre mort sera proche
Je suivrai votre cercueil
Dans la pâleur du jour
Et je regarderai lorsque l’on vous descendra
Dans votre lit de mort
Et je me tiendrai sur votre tombe
Jusqu’à être sûr que vous soyez morts.

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