Chronique d’une action d’auto-défense à Marseille

4 Nov

Suite à l’appel d’une discussion intitulée « s’opposer au racialisme, les révolutionnaires contre le racialisme et son immonde » accueillie par Mille Babords (1), vendredi 28 octobre 2016, nous avons décidé d’y mener une action directe.

Nous sommes 15  militant-es racisé-es majoritairement femmes, gouines, trans de différents horizons politiques marseillais.
Nous sommes allé-es dans ce local non cagoulé-es et encore moins armé-es, en vue d’empêcher cette discussion.
La nécessité de notre initiative vient de l’escalade de la violence et du mépris dans le «  milieu gauchiste », à savoir :

L’apparition de blogs aux propos racistes, diffamatoires, négationnistes et anti-libertaires.
La publication de textes depuis un an ; sur des sites nationaux mais refusés dans plusieurs villes.
L’accueil de la discussion  par  le local de Mille Babords.

Nous sommes venu-es armé-es de notre tract(2), déterminé-es à visibiliser notre colère en scandant nos slogans : « cette discussion n’aura pas lieu », « votre avis, on n’en veut pas », « vous ne referez pas l’histoire », «  négationnistes » et « regardez vos privilèges ». A l’écoute de nos slogans quelques personnes ont décidé de quitter la salle.

Étaient présent-es majoritairement une trentaine d’hommes blancs et cis(3) qui ont commencé à perdre leur sang-froid suite à notre riposte verbale. L’un d’entre nous a été empoigné par un personnage connu pour son virilisme et sa violence. En quelques secondes, des altercations physiques ont suivi et nous avons poursuivi notre autodéfense autant que nécessaire.
Dans l’altercation, nous avons pu entendre notamment :

« on vous a toujours accueilli »,
« on a sauvé vos parents »,
« vous êtes manipulé-es »,
« on lutte pour vous »,
« c’est qui les fachos ? ».

Au cours de l’action, des tables ont été retournées, des chaises ont volé, des brochures ont été balancées et nous avons récupéré l’affiche en soutien à  Georges Abdallah.
Nous avons quitté les lieux en jetant des boules puantes.

Suite à notre départ, sur le trottoir, ce groupe frustré a déversé sa haine et sa violence sur d’autres opposant-es à la soirée jusqu’à menacer en brandissant une matraque télescopique. Puis dans la foulée, ils ont tabassé une personne au sol, à plusieurs.
La casse d’une vitre est une conséquence des événements, et n’a été à aucun moment l’intention de notre action. Nous n’en portons pas plus la responsabilité que les personnes à l’initiative de la soirée et l’équipe
de Mille Babords.

Le lendemain, les personnes à l’initiative de cette discussion se sont permises de diffuser des sms et des tracts(4) de diffamations, de délations (appartenance à des groupes politiques), d’insultes et de menaces largement relayées par le milieu militant soi-disant libertaire et anti-raciste marseillais. Dans la nuit de dimanche 30 à lundi 31 octobre, Mille Babords publiait à son tour un communiqué5, proche de la
version des textes et sms diffusés.

Et c’est sans surprise que nous avons constaté le consensus et l’acquiescement silencieux de nombreuses personnes du paysage «politico-révolutionnaire ».

Des témoignages et des textes de réflexion sont à venir.

1/http://www.millebabords.org/spip.php?article29999

2/https://nantes.indymedia.org/articles/36052

3/ http://outrans.org/ressources/lexique-outransien/

4/ http://www.hostingpics.net/viewer.php?id=521289image11.jpg

5/http://www.millebabords.org/spip.php?article30041

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